2012, année de la lose - Que deviendra l'UPR ?

  • Par arsin
  • Le 06/01/2013
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Suite du précédent...passage en revue des parcours incertains de l'année passée :

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L’UPR : Je vais terminer ce tour des « dissidences » politiquement organisées avec le parti dont je suis officiellement membre. Disons-le tout de suite, le choix de concourir à la présidentielle fut contestable. Il a donné un peu de notoriété médiatique à l’UPR, mais a aussi mobilisé de nombreux militants pour un objectif quasiment impossible à atteindre. Je ne sais toujours pas si François Asselineau y a réellement cru, ou si c’était dès le départ une mission suicide pour dénoncer ensuite le filtrage de la présidentielle. Hors de ces péripéties, officiellement, tout va bien, le nombre d’adhérents ne cesse de progresser, partant d’une cinquantaine en 2007 pour arriver à un millier en 2011 et plus de 2000 en ce mois de Décembre.  Le problème ? D’abord, on ne doit pas prévoir l’avenir en prolongeant des courbes, fussent-elles linéaires ou exponentielles. La croissance des adhérents du parti de François Asselineau ne durera que tant que le parti avancera dans ses réalisations concrètes. Et c’est là que le bât blesse.

Pour l’instant, la seule réalisation dont l’UPR a été capable, ce sont les conférences, celle inaugurant la campagne de 2012 à Nogent-sur-Marne avec 300 auditeurs (dont moi-même) étant en fait une conférence plus longue que les autres. L’Université d’Automne du lac d’Annecy, toujours en présence de votre serviteur, a attiré, selon le mouvement, 400 personnes (chiffre plausible), avec cette qualité louable d’avoir convié au débat une européïste en la personne de Myret Zaki. Véritable volonté de débat ou simple quête d’audience, au moins n’est-on pas restés entre convaincus (1). Mais on est bien resté aux allocutions.

Dans les faits, je sais qu’au sein de l’UPR, des gens font un travail énorme – et bénévole – pour structurer l’organisation. Des responsables ont été nommés dans presque tous les départements, des réunions provinciales ont lieu. Dans le passage à l’action concrète autre que conférencière, deux ornières se dessinent : d’abord, l’UPR ne réussit pas à faire émerger de « personnalités bis ». Parmi ceux qui ne connaissent que de loin le parti, qui peut citer un acteur majeur de l’UPR, en dehors de François Asselineau (2) ? Cette question, que j’ai soulevée dès mon adhésion en 2011, n’a pour l’instant pas de réponse concrète. Le risque étant que le parti ne se confirme en tant que club des exposés d’Asselineau, et que sa longévité se réduise à celle de la vie politique de ce dernier.

L’autre ornière est la reproduction des méthodes habituelles des partis politiques (réunions, tractages…) comme j’avais pu moi-même le constater du temps de mon appartenance au PCF. Et ce alors que le Net permet des actions et informations nettement plus créatives et virales (c'est d'ailleurs par le Net que l'UPR est sortie du néant). Employer des techniques "éprouvées" par d'autres et en d'autres temps est une méthode fallacieuse, car nous n’avons pas les mêmes effectifs que les autres partis, ni la même nature (l’UPR est censé être un parti circonstanciel, avec un but précis – la sortie de l’UE, de l’euro et de l’OTAN – auquel il n’est pas censé survivre). On ne doit pas se battre avec la même stratégie que l’adversaire, avec des armes et des buts différents, et encore moins en adoptant son champ de bataille. De ce point de vue, et en y ajoutant la concurrence inévitable de DLR pour les européennes de 2014, l’avenir de l’UPR me paraît obscurci. Je crains sérieusement que le mouvement ne se mette à stagner, reproduisant toujours le même discours, encore moins diversifié que celui des autres partis. Et l’UPR, en se fixant comme principal sujet et cible l’Union Européenne, peut certes rallier des gens de diverses options (plus souvent à gauche qu’à droite) ; mais elle est handicapée par le fait qu’actuellement, pour les français, les thématiques touchant directement à l’Union Européenne ne suffisent pas à expliquer tous les problèmes politiques majeurs. La sortie de l’euro nous permet-elle de ne plus nous poser la question de l’austérité ou des relances budgétaires ? A part pour ceux qui pensent qu’imprimer des francs serait la panacée, la réponse est non.

 

(1)     L’autre mérite de ce débat a été de rappeler à ceux qui en doutaient que ce n’est pas parce que l’on écrit, comme la rédactrice en chef de Bilan, un livre sur la fin du dollar, que l’on est nécessairement une « dissidente ». Myret Zaki explique à qui veut l’entendre que la fin du secret bancaire imposé par l’Union Européenne à la Suisse fera perdre beaucoup de marché au secteur bancaire helvète, et que le seul moyen de le compenser serait que la Suisse entre dans l’Union Européenne. Pour Zaki, la souveraineté et donc la démocratie suisse appartiennent de fait au passé, et l’annexion de Berne au machin bruxellois permettrait aux Cantons de trouver enfin une voix au chapitre de l’Union (on y croit…). L’argumentation de Zaki a cela de spécieux qu’elle confond les intérêts de la Suisse avec ceux de ses banques (et les français qui pensent que l’économie suisse se réduit aux banques ne peuvent qu’être enclins à la croire ; la réalité est que la Finance ne représente aujourd’hui que 10% du PIB helvétique), et oublie le coût de l’euro. Coût bien réel, car les rachats de bons par la BCE ou les prêts d’états à la Grèce ne suffiront bientôt plus. Deux économistes aussi différents par leurs positions sur l’euro comme P.Artus ou J.Sapir affirment que si la Grèce est maintenue dans la monnaie unique, le seul moyen de faire redémarrer son économie serait que les autres pays de l’Union y investissent massivement. Et l’on peut penser que d’autres pays méditerranéens seront aussi dans ce cas…La facture arriverait directement chez les allemands, les pays d’Europe du Nord, la France, et bien entendu la Suisse si elle commettait l’erreur de s’inviter à la fête. Mais cette facture serait acquittée par tous les suisses, pas seulement le secteur bancaire ; pas surprenant que ce coût-là intéresse sans doute moins Zaki.

(2) : On peut dire à peu près la même chose de DLR, sauf que, sans jamais avoir approcher ce parti, je peux au moins y citer Laurent Pinsolle en tant que porte-parole.

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