A ceux qui n'ont pas compris le lien entre Nation et Liberté - par L'Oeil de Brutus

  • Par arsin
  • Le 18/10/2012
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Par L'Oeil de Brutus, sur son blog

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marianne

 Depuis que l’homme, ce roseau si faible pour reprendre Pascal, s’est fait pensant, il médite sur le sens à donner au mot liberté. Il n’est pas ici question de reprendre ce débat philosophique. Aussi nous arrêterons nous à la définition donnée par l’article IV de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen (qui figure toujours en préambule de notre Constitution) : « La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui : ainsi l’exercice des droits naturels de chaque homme n’a de bornes que celles qui assurent aux autres Membres de la Société, la jouissance de ces mêmes droits. Ces bornes ne peuvent être déterminées que par la Loi. »

Cette définition est clairement intelligible : nous pouvons faire ce que bon nous semble tant que nous ne nuisons pas à autrui, et ces potentielles nuisances sont définies par la Loi. C’est cette deuxième partie qui est particulièrement intéressante car tout repose justement sur la manière dont est définie la Loi.

Les sectes libertariennes considère qu’il n’est nullement nécessaire de définir cette Loi : le droit naturel se suffit à lui seul et le « marché », forcément juste et équitable par la nature de la « main invisible » ou de « l’ordre spontané », fait le reste. Nous les laisserons là à cet acte de Foi en constatant simplement que l’actualité récente a prouvé contraire, que la loi du marché est en fait la loi de la jungle et du plus fort et les engagerons simplement à lire le dernier ouvrage du prix Nobel Joseph Stiglitz[1] qui démontre toutes les tendances monopolistiques (ou du moins oligopolistiques) – et donc ploutocratiques – d’un marché livré à lui-même[2]. Et de toute manière, il serait bien navrant de limiter l’horizon de la Cité des hommes à de simples questions d’économie et de marchands (mais cela est un autre débat).

La liberté ne saurait donc exister que dans un cadre défini par la Loi. Tout l’enjeu est donc, avant même de savoir comment, de déterminer qui détermine la Loi. Or, si la Loi se doit de déterminer quel est ma liberté, il est évident que je dois pouvoir participer à son élaboration : si un individu ou un groupe d’individus fixe la Loi pour tous et en dépit de l’avis de tous, il y a fort à parier qu’elle ne sera pas perçue comme expression de la liberté mais bien comme un élément d’oppression de quelques uns contre tous. On peut certes croire à une forme de despotisme éclairé dans lequel un homme providentiel déciderait de sa seule autorité de la définition de la liberté pour tous les autres ou encore une forme d’aristocratie au sens premier du terme – le « gouvernement des meilleurs » - qui en ferait de même. Mais cela sous-entend donc une forme avérée d’inégalité entre les hommes. Et si l’on admet cette forme d’inégalité, pourquoi donc les hommes auraient-ils tous droits à la même liberté, puisque manifestement certains sont supérieurs à d’autres[3] ?

Pour être admise en tant que telle, la liberté, et les restrictions nécessaires à son existence, doit donc être l’émanation de tous. Faut-il alors maintenant définir ce « tous ».

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