A propos de la dette publique - par Joe Liqueur

  • Par arsin
  • Le 29/05/2012
  • Commentaires (0)

Par Joe Liqueur, sur son blog

http://communisme-liberal.blogspot.fr/

Joe Liqueur, comme feu Socialisme & Souveraineté, a son propre programme politique.

[Commentaire de Pablito Waal : personnellement, j'accorde assez peu d'intérêt à cette vidéo qui est plus un tract mélenchonien qu'un document politique réflechi. François Hollande, s'il le voulait, aurait un mal énorme à remettre en cause le CDI, pour la simple raison qu'il y perdrait l'essentiel de son électorat, et le PS aussi, pour longtemps.]

Je suis tombé pas plus tard qu’hier sur cette petite vidéo carrément stupéfiante que l’on doit à François Ruffin, de chez Fakir ; un journaliste proche du Front « de gauche », de la bande à Mermet, du Diplo, de Pierre Carles aussi me semble-t-il, en bref, un bon camarade a priori.

En fait, ce petit film se passe assez bien de commentaires, je pense que vous en conviendrez avec moi. Je dirais seulement que l’on touche peut-être ici à une forme de dérision radicale, et un peu sombre évidemment, pour ne pas parler de surréalisme. J’ajouterai aussi un petit message à l’attention du citoyen Hollande :

Ben si, banane, le « monde de la finance » a des noms et des visages, et on les connaît très bien. Vous-même les connaissez assez bien… Lisez-vous le Diplo ? Lisez-vous Télérama ?

Ben si, le « monde de la finance » a des partis – essentiellement le P« S » et l’UM« P ».

Ben si, le « monde de la finance » présente sa candidature – en particulier celle d'un certain Nicolas Sarkozy, et celle d'un type qui s’appelle François Hollande,  et qui a même gagné, ça vous dit quelque chose peut-être ?

(Z'avez vu cette anaphore, citoyen Hollande ? L'anaphore, c'est trop fort.)

Toujours est-il que cette incroyable mystification, et cette vidéo édifiante, m’ont suggéré une mise à jour du programme du PCL, mise à jour que vous trouverez, cher lecteurs, sur cette page - points n°1 et 2. Il s’agit donc, bien sûr, de la dette publique et des fameux marchés (financiers).
En préambule, je voudrais rappeler tout d’abord que le programme de l’Union populaire républicaine (UPR) inclut un référendum sur le sujet (point n°19), une proposition qui me semble on ne peut plus appropriée dans le cadre du rassemblement national défendu par l’UPR. J’ai souvent fait la même remarque à propos des deux autres référendums proposés dans ce programme (concernant la politique énergétique de la France et l’immigration). Cependant, de même que j’ai un avis (assez tranché) sur la politique énergétique de la France, et sur l’immigration, j’en ai un aussi sur la dette publique…
D’une manière générale, je suis très clairement opposé à toute inscription dans une constitution de quelconques principes de politique économique. A cet égard, je vous rappelle l’analyse développée par Jacques Sapir dans son livre Faut-il sortir de l’euro ?, et que j’avais évoquée dans ce billet. J’estime que la politique économique est l’un des objets majeurs du débat démocratique, et à cet égard les principes à suivre ne sauraient être gravés dans le marbre d’un texte constitutionnel, quand bien même ledit texte peut toujours être révisé, ou remplacé avec l’élection d’une assemblée constituante. Au reste, on ne peut pas reprocher au traité de Lisbonne d’avoir gravé dans le marbre les principes de l’ordolibéralisme, du libre-échange etc, tout en proposant de faire la même chose en sens inverse.
Le financement de l’Etat sur les marchés, une authentique perversion
Oui, mais… Il y a un mais. Avec le principe de la dette publique contractée auprès des marchés financiers, je considère tout bien réfléchi qu’à vrai dire on n’est plus dans le domaine de la défense (tout à fait légitime, quoique je ne partage pas vraiment ces opinions) du libéralisme économique ou du libertarianisme. On est dans autre chose. On est entré dans le domaine de la perversion ; de la perversion pure et simple, outrageuse, décomplexée ; perversion du point de vue de la démocratie, car perversion du point de vue de la souveraineté ; perversion du point de vue de la République. J’estime qu’alors on n’est plus dans le domaine du débat public ordinaire, et qu’il est légitime de poser des barrières constitutionnelles en sorte que le peuple soit le mieux possible garanti contre le retour de pratiques aussi contraires à son intérêt, à l’intérêt de l’Etat. Voici donc ce que je propose.
Il faut interdire, de manière constitutionnelle, tout financement de l’Etat sur les marchés financiers.
Et je reprends ici une réflexion que j’avais développée dans ce billet (sur ce thème je vous recommande aussi cet excellent texte de Jacques Nikonoff, du M’PEP). Par ailleurs, dans cet autre billet, j’avais proposé une modeste taxinomie des différents moyens de financement qui peuvent être à la disposition de l’Etat. Premier point à préciser : sauf à prendre des risques insensés (appauvrissement brutal du pays), renoncer au financement sur les marchés exige in fine d’assurer l’équilibre de la balance commerciale, dans la mesure où les déficits commerciaux finissent très vite, via la dette extérieure, par engendrer des déficits publics. Constituer une petite réserve de devises (en dollars, pour l’instant…) fait aussi partie des mesures de précaution, ne serait-ce que parce qu’en l’état actuel des choses nous avons un besoin vital d’importer du pétrole (beaucoup de pétrole…) et que les fournisseurs ne prennent que les dollars (pour l’instant…). C’est pratique pour les Etats-Unis, qui peuvent imprimer eux-mêmes des dollars avant de les refiler (tant que leurs fournisseurs les acceptent…), mais nous autres Français ne pouvons imprimer des dollars, et les fournisseurs, qui ne prennent pas forcément les euros, ne prendront pas forcément les nouveaux francs non plus. Il faut surtout garder tout cela à l’esprit.
Autre question : faut-il ou non conserver la possibilité pour l’Etat de contracter des emprunts nationaux auprès de ses propres citoyens ? Comme je le soulignais dans le billet cité plus haut, cette pratique ne pose pas les mêmes problèmes que la dette contractée sur les marchés financiers. On pourrait donc à la rigueur admettre que ladite pratique reste envisagée en dehors des règles constitutionnelles, et que l’interdiction absolue (constitutionnelle) se limite ainsi à la dette publique contractée sur les marchés financiers internationaux. Or, dans le programme du PCL (je rappelle quand même au passage qu’il s’agit d’un parti totalement virtuel), j’ai opté pour inscrire dans la Constitution un principe radical selon lequel l’Etat ne pourrait désormais s’endetter qu’auprès de sa Banque centrale - celle-ci étant bien sûr la Banque de France et en aucun cas la Banque centrale européenne, une fois que nous sommes sortis de l’Eurosystème… Ce qui nous donne :
"L'Etat ne peut contracter de dette qu'auprès de sa Banque centrale, à l'exclusion de toute autre personne physique ou morale, de nationalité française ou étrangère, de statut public ou privé."
Alors, pourquoi interdire aussi les emprunts nationaux ? Eh bien, parce qu’il y a aussi une part de perversion là-dedans : on offre tout de même une rente aux détenteurs de capitaux… au lieu d’exiger d’eux le versement d’impôts… qui, eux, ne coûteraient pas d’intérêt à l’Etat et donc à la communauté nationale.
En outre, j’ai toujours le souci de la clarté et de la simplicité. Avec cette mesure d’interdiction telle que je la propose, les choses sont on ne peut plus limpides : si l’Etat veut trouver des financements à masse monétaire constante, il fait appel à l’impôt ; s’il veut trouver des financements en augmentant la masse monétaire, il fait appel à sa Banque centrale (ce qui laisse la possibilité de rembourser celle-ci par la suite afin de réduire la masse monétaire… ou non). Point. Bien sûr, il peut faire un peu des deux – ce qui du reste est souvent le plus judicieux.
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