A propos du "national-socialisme", par Jacques Sapir

  • Par arsin
  • Le 10/01/2014
  • Commentaires (0)

Par Jacques Sapir, sur son blog

Commentaire de Pablito Waal : il s'agit d'une suite au débat entre J.Sapir et A.Bernier. L'économiste aborde ici la question du "national-socialisme", terme indéfectiblement lié au régime hitlérien sur le plan langagier, alors que ce régime n'était en fait ni socialiste, ni même vraiment nationaliste (puisque raisonnant au niveau de la "race"). Je suis très en phase avec cette analyse du Troisième Reich, et cela me conforte dans l'idée que traiter un patriote de gauche de "national-socialiste" ne peut pas être considéré comme un "constat", mais seulement comme une injure, qui ne déshonore au fond que ses auteurs.

Dans un billet publié sur ce carnet, Aurélien Bernier a répondu à certaines de mes critiques, et en a accepté d’autres, donnant ainsi un exemple rare d’ouverture au débat. Je voudrais ici le poursuivre sur un point qui me semble essentiel. Ce n’est pas l’analyse discordante (ou peut-être complémentaire) que nous faisons du tournant « européiste » du PCF. Je pense que, si désaccord il y a, il doit plus à une différence de perspective qu’à des problèmes de fond. Aurélien Bernier est venu à la politique au tout début des années 1990, je suis pour ma part venu à la politique en 1968. Ces différences de dates expliquent pour une bonne part la différence des sensibilités. Ce n’est pas, non plus, sur le poids qu’a pu exercer sur l’extrême-gauche l’idéologie de Lutte Ouvrière. J’ai, personnellement, tendance à penser qu’elle fut plus limitée que ce qu’il affirme, mais ceci est un point que de futurs historiens trancheront (s’il a eu l’importance qu’Aurélien Bernier lui accorde…).

Par contre, je voudrais revenir sur l’analyse qui est faite du Front national. Je persiste à penser que l’usage du terme « national-socialiste » pour qualifier la nouvelle « ligne » du Front national est une erreur à la fois historique, théorique et politique.

Disons tout d’abord que le succès d’Hitler ne fut pas dû au seul NSDAP, mais à la capacité du NSDAP de réunir puis d’hégémoniser une alliance allant du conservatisme traditionnel – représenté par Fritz Von Papen ou Hermann Rauschning et des courants anti-démocratique que l’on regroupe sous le vocable de « révolution conservatrice » mais qui sont très divers[1]. Seul, le groupe que Louis Dupeux qualifie de « National-Bolchévique » peut être analysé comme dérivant du socialisme[2]. Certain de ses membres, comme Gregor Strasser, seront assassinés lors de la « nuit des longs couteaux » en 1934, après la prise du pouvoir par Hitler. L’idéologie du NSDAP, telle que Ian Kershaw la décrypte[3], est tout sauf un nationalisme.

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