A quand la croissance ? - par Descartes

  • Par arsin
  • Le 15/09/2013
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Par Descartes, sur son blog

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La croissance ne reviendra pas. Ce n’est pas moi qui le dit, ce sont des doctes économistes, de ceux qui n’ont aucune difficulté à se faire inviter dans les émissions les plus en vue de nos étranges lucarnes. Et le pire, c’est qu’ils ont raison. D’abord, parce qu’avec la politique économique que nos gouvernants mettent en œuvre sous l’œil attentif des gnomes de Bruxelles, il n’y a guère de chance que dame Croissance vienne s’installer dans nos contrées. Mais ces économistes ont raison sur un point au moins : la croissance des « trente glorieuses » ne reviendra pas. Elle ne peut pas revenir. Et il est important de comprendre pourquoi.

D’abord, lorsqu’on parle de « croissance », on parle de croissance de quoi, exactement ? D’une manière générale, la notion de « croissance » fait référence à la quantité de richesse produite par une économie. Bien entendu, il y a débat sur la manière de mesurer cette richesse. Dans notre comptabilité publique, cette richesse est mesurée par le PIB (produit intérieur brut).

Au-delà des détails techniques fort complexes du calcul du PIB, la logique de cette mesure repose sur la notion de « ». On postule que la richesse créée par une activité économique est mesurée par sa « valeur ajoutée », qui est la différence entre la valeur – mesurée par le prix – des intrants nécessaires à sa fabrication (matières premières, capital immobilisé, travail) et la valeur – mesurée là encore par le prix – du produit fini. L’addition des « valeurs ajoutées » des différentes activités qui composent l’économie française constitue le PIB de la France. La « croissance » étant la variation de ce PIB.

La mesure de la richesse produite par ce moyen présente de sérieux problèmes. D’abord, il y a les questions techniques de mesure, par exemple, la manière de prendre en compte la valeur créée par les activités non marchandes. Comment évaluer la richesse créée par le travail d’un instituteur, d’un policier, d’un militaire, par exemple ? Et celle d’un bénévole travaillant dans une association d’aide aux malades ou d’enseignement dans les prisons ? Dans la mesure où les services qu’ils rendent ne sont pas vendus sur un marché, il est difficile de savoir quel « prix » leur assigner. D’autres critiques sont plus idéologiques. Ainsi, par exemple, certains reprochent à la mesure du PIB de ne prendre en compte que le « prix » d’un bien et non son utilité. Ou pour le dire d’une autre manière, de se placer dans une logique utilitariste dans laquelle le prix est censé être la traduction de l’utilité. Dans cette logique, fabriquer un médicament qui guérit le cancer peut créer autant de « valeur » que la fabrication d’un médicament homéopathique qui ne guérit rien. Il suffit pour cela que quelqu’un soit prêt à payer l’homéopathie aussi cher que le médicament efficace. La mesure de la valeur ajoutée ne fait pas la différence entre l’indispensable, le superflu et l’inutile. La difficulté est que pour faire cette différence il faut énoncer des critères d’utilité qui dépassent le critère subjectif du consommateur… et qu’une telle définition n’est pas facile !

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