Elections européennes - par Jacques Sapir

  • Par arsin
  • Le 10/04/2014
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Par Jacques Sapir, sur son blog

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Avec la formation du nouveau gouvernement, nous sommes d’ores et déjà entrés de plain-pied dans la campagne pour les élections européennes. Ces dernières ne suscitent, en général, que peu d’intérêt. C’est un tort, et il serait particulièrement dommageable qu’il en soit ainsi pour cette nouvelle échéance. L’enjeu de ces élections n’est pas mince. Cet enjeu va déterminer des choix électoraux qui seront, sans conteste, difficiles et délicats. Il convient ici de rappeler que ces élections concernent en réalité l’Union européenne et non l’Europe elle-même. On peut se sentir culturellement et historiquement européen et récuser  l’institution qui s’est appropriée le nom “d’Europe” mais qui est loin d’y correspondre.

Une Union Européenne à la dérive

Aujourd’hui, même les plus fervents défenseurs de l’Union Européenne admettent que cette dernière est à la dérive, et qu’elle sert, de plus en plus, de couverture aux seuls intérêts de l’Allemagne. La poursuite de la politique d’austérité, mise en place explicitement pour « sauver l’Euro » sans imposer des coûts trop importants à l’Allemagne le souligne. Cette politique conduit aujourd’hui les pays d’Europe du Sud à la ruine et à la misère. Mais, d’une manière plus générale, l’UE souffre aussi de multiples défauts, qui sont devenus de plus en plus évidents avec le temps. Elle est obèse politiquement, elle est trop ouverte et sans autre ligne de politique industrielle que la fameuse « concurrence libre et non faussée », dont tout économiste un peu honnête doit reconnaître qu’il s’agit d’une contradiction dans les termes. Elle n’assure ni la sécurité économique aux peuples des pays membres, ni même la sécurité politique ; ayant été capturée par des intérêts qui poussent désormais à un affrontement avec la Russie, comme on a pu le voir à propos de la crise ukrainienne. À cette occasion, les dirigeants de l’UE, qui se targuent de respecter les droits de l’homme, n’ont pas hésité à apporter leur soutien à des groupes fascisants comme « Pravy Sektory » ou SVOBODA. Rappelons aussi que cette UE fut parfaitement incapable de nous éviter la crise financière de 2007-2008, et ceci en dépit de tous les discours sur « l’Europe protège ». Cette politique veut se continuer dans la signature prochaine du « Traité Transatlantique », qui établit les conditions d’un libre-échange généralisé avec les Etats-Unis et qui, de fait, impose que nos normes sociales et sanitaires s’alignent sur celles des Etats-Unis. On ne voit plus, alors, ce qui pourrait justifier le maintien d’une « Union Européenne » devant cette nouvelle abdication face à Washington.

L’Union Européenne peut par ailleurs être qualifiée d’organisation criminelle par la politique qui est menée par ce que l’on appelle la « Troïka » en Grèce et dans d’autres pays. Assurément, elle n’est pas seule. La « Troïka » est constituée de la BCE, de la Commission européenne et du FMI. Mais on doit reconnaître que le FMI s’est régulièrement opposé aux politiques menées par cette « Troïka », parce qu’il en prévoyait et en mesurait les conséquences. La responsabilité des malheurs immenses de ces politiques, qui se sont traduites par une forte augmentation de la mortalité en Grèce, et depuis quelques mois au Portugal, – et c’est pour cela que nous utilisons le qualificatif de criminel – sont de la seule et unique responsabilité de la Commission et de la BCE. L’UE porte aussi la responsabilité d’avoir fait entrer un mouvement néo-Nazi, Aube Dorée au Parlement Grec. C’est cela aussi qu’il faudra sanctionner dans ces élections.

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