Diagnostics et solutions pour l’Europe : entretien avec Jean-Pierre Chevènement - par Contre la Cour

  • Par arsin
  • Le 09/01/2014
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Par Magali Pernin, sur Contre la Cour

chevenement liiortube

Mercredi 11 décembre, nous avons rencontré Jean-Pierre Chevènement qui a accepté de répondre à nos questions.

Il nous a livré son diagnostic sur les problèmes économiques et sociaux connus par les États européens causés notamment par l’euro, monnaie unique, et par un système institutionnel inadapté.
L’ancien ministre, connu pour son engagement contre le Traité de Maastricht, plaide pour une monnaie commune et pour des institutions européennes plus respectueuses des démocraties nationales.
Nous avons eu également l’occasion d’aborder la question, peu traitée par ailleurs, de la place des Parlements nationaux dans le processus de décision européen.

Quel est votre sentiment sur la situation générale de l’Union européenne ?

La démocratie avait eu beaucoup de peine à franchir le seuil qui séparait la démocratie politique proprement dite au XIXème siècle de la démocratie économique et sociale du XXème siècle. Mais on pouvait penser, après la deuxième guerre mondiale, après le programme du Conseil National de la Résistance que c’était chose faite et que la politique économique avec les moyens dont disposait l’État, un État stratège, avec la Sécurité sociale, avec un cadre de raisonnement qui avait été rafraichi par les idées keynesiennes, permettait en effet de faire prendre en compte par l’économie un certain nombre d’exigences sociales, de solidarité, de plein emploi.

Je pense que ce système s’est détraqué peu à peu à partir du milieu des années 1970 : l’instauration de changes flottants, le SME qui se révèle être l’ancêtre de la monnaie unique – en tout cas le cas qui y conduit – et, à partir du moment où notre pays a abandonné la souveraineté monétaire, une mécanique insidieuse s’est mise en marche qui devait aboutir à ce que les prérogatives du Parlement en matière budgétaire soit mise en cause. C’est ce qui se produit insidieusement, depuis Maastricht avec la fameuse règle des 3% – enfin, on peut quand la même la justifier d’une certaine manière, on ne peut pas vivre constamment en déficit – mais maintenant nous sommes enserrés dans un carcan de procédures européennes (Six-Pack, Two-Pack) ou dans le cadre d’un Traité, le TSCG, dans des procédures qui font que le Parlement va voter un budget mais un budget qui aura reçu le satisfécit préalable du commissaire européen à l’économie et de la Commission plus généralement.
Ce n’est qu’un premier pas parce que la logique même d’une union monétaire imparfaite, comme l’est ce qu’on appelle l’ « Euroland », c’est de conduire à une polarisation de la richesse à un extrême et un autre extrême, à un sous développement qui abouti à un grand mezzogiorno.

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