Syrie : choisir un vainqueur ? - par Joe Liqueur

  • Par arsin
  • Le 10/09/2013
  • Commentaires (0)

Par Joe Liqueur, sur son blog

Les émissions consacrées à la Syrie fleurissent depuis quelques jours. C’est souvent confus. Il faut donc rendre hommage à l’Esprit public, émission de Philippe Meyer diffusée sur France Culture. Ils arrivent même à être parfois drôle sans tremper dans le mauvais goût, ce qui, sur un tel sujet, ne semble pas gagné d’avance mais apporte un petit vent de fraîcheur plutôt bienvenu. C’est là qu’hier, j’ai entendu la réflexion la plus pertinente et la plus synthétique sur le sujet, au milieu d’une tirade de Jean-Louis Bourlanges. Oui, Jean-Louis Bourlanges, ex-député européen, qui a été successivement le sous-diacre de diverses chapelles centristes (dont le Modem) où l’on cultive l’eurobéatitude la plus grotesque. [1]
C’est à 37’00 : le citoyen Bourlanges commence par souligner qu’il s’agit d’une guerre civile (pour ma part je doute que le terme soit tout à fait juste, mais laissons ce problème de côté) et cite les propos de l’historien Britannique Michael Howard à propos de la guerre civile. A savoir, trois principes directeurs pour les interventions en guerre civile :

1- « Don’t » - n’y allez pas ;
2- Si vraiment vous tenez à y aller, choisissez un camp ; mais ça ne s’arrête pas là :
3- « Choose a winner » - choisissez un vainqueur.
C’est ce troisième point qui est intéressant. Imaginons un instant – ce qu’à Dieu, s’il existait, ne plaise - que l’on envisage de tuer des civils sans mandat de l’ONU - car cela va de soi et toujours mieux en le disant : ce genre d’opération tient plus de la boucherie que de la chirurgie. Mais imaginons. Et tâchons alors de choisir un vainqueur. Le premier choix, ce serait bien sûr les démocrates laïcs. Les gentils, quoi. Ils existent, bien sûr, et méritent notre plus grande estime, ce n’est pas la question. Mais cela supposerait probablement de faire la guerre sur deux fronts : contre Bachar el-Assad, et aussi, au moins dans un deuxième temps, contre toutes les autres factions (dont celle des djihadistes financés par nos grand amis saoudiens et qatariotes) qui pourraient assez vite entrer en guerre contre celle des démocrates laïcs… et les unes contre les autres. Ou, dans le meilleur des cas, si la coalition rebelle conservait jusqu’au bout un semblant de cohérence, nous serions sur un seul front. Mais dans ce cas, on ne choisit plus vraiment de vainqueur, et on ne fait que repousser le problème jusqu’à la chute d’el-Assad. Ce qui n’est guère mieux, ou sans doute pire.

Syrie Bashar torture USA France Assad Arabie Russie guerre Qatar mort démocrate Saoudite jihadiste

Ajouter un commentaire

Vous utilisez un logiciel de type AdBlock, qui bloque le service de captchas publicitaires utilisé sur ce site. Pour pouvoir envoyer votre message, désactivez Adblock.

RETOUR A L'ACCUEIL

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site

×