À lire: La Malfaçon (F.Lordon) - par Jacques Sapir

  • Par arsin
  • Le 25/04/2014
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Par Jacques Sapir, sur son blog

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Frédéric Lordon vient de publier un ouvrage, La Malfaçon[1], consacré tant à la construction de l’Union Européenne, qu’à la financiarisation et à l’Euro. Ce livre, il faut le dire d’emblée est excellent, tant dans la forme – et tous les lecteurs des textes de Frédéric Lordon le savent – que dans son fond. Cela n’exclut pas certaines critiques, et l’on y reviendra, mais la première chose que l’on peut dire de ce livre c’est qu’il faut courir l’acheter.

Une critique de l’Union Européenne

Le premier thème abordé est bien entendu – élection européennes obligent – la question des formes prises par ce que l’on a tendance à appeler le « construction européenne » et qui n’est en réalité que la construction d’institutions libérales dans des pays de l’Europe.

La démonstration, déjà faite par Coralie Delaume et bien d’autres, du caractère anti-démocratique de cette construction touche ici particulièrement juste parce que Lordon est un économiste et qu’il est bien placé pour démonter les non-dits derrière certaines formes institutionnelle. Il montre aussi, et même surtout, comment le poids de l’Allemagne a foncièrement déséquilibré cette construction. De ce point de vue, on est passé d’une lucidité, certes mal renseignée, d’un François Mitterrand à l’aveuglement coupable de Nicolas Sarkozy ou de François Hollande. Là ou Mitterrand voulait « clouer la main de l’Allemagne sur la table », les deux autres se sont transformés en simples valets aux ordres du capitalisme allemand. Jamais l’imitation de l’Allemagne (comme on parlait au XIVè siècle de L’imitation de Jesus Christ) n’a été aussi fort dans la société française, et avec des conséquences aussi désastreuses. François Mitterrand s’est lourdement trompé, et s’est laissé abuser par les dirigeants allemands de l’époque. Au moins ne nourrissait-il aucune illusion sur la logique du processus qui s’était mis en marche.

Il insiste aussi sur les responsabilités françaises dans le désarmement total de l’Union européenne face à la finance et à la spéculation, un point qui est souvent négligé dans le débat actuel.

Lire la suite sur le site de Jacques Sapir

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