Benoist-Méchin, Frédéric de Hohenstaufen - par Edgar

  • Par arsin
  • Le 08/01/2014
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Par Edgar, sur son blog

Le retour d'Edgar...et de notre rubrique "Histoire".

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Mon livre d’histoire préféré. Je l’ai lu à 11 ans, et viens de le relire, 33 années plus tard. Entre temps je n'en avais gardé que l'impression d'une passionnante lecture.

Intéressant de voir ce qui avait pu me fasciner à l’époque : l’extraordinaire destin de Frédéric II, gamin solitaire qui s’est quasiment élevé seul à Palerme, puis devient empereur.

Ce que je ne savais pas en revanche sur le moment c’est que l’auteur, Jacques Benoist-Méchin, a été collabo (secrétaire d’état sous Pétain, il se défendra à son procès en mettant sa volonté de collaboration sur le compte de son fédéralisme européen : « Quand je suis de passage à la SDN, à Genève, avec Briand, et que Briand parle de fédération européenne, je l'écoute et je pense qu'il a raison »). Cela n’a pas empêché de Gaulle de faire distribuer son "Histoire de l’armée allemande" aux officiers de l’état-major de l’armée française après 1944.

On peut donc être politiquement douteux et bon historien – probablement est-il dépassé sur bien des points, mais son style reste très lisible.

On voit bien en lisant cette biographie ce qui a pu amener l’auteur à admirer Hitler. En Frédéric II, Benoist-Méchin voit l’homme qui a pu, un moment, unir l’Occident – et même lui allier l’Orient. Ce besoin d’empire et de conquête se retrouve d’ailleurs dans toute la série de biographies de Benoist-Méchin : Alexandre, Napoléon, Lyautey, Lawrence d’Arabie. Il écrit d’ailleurs : « Frédéric justifiait la prophétie de Nietzche qui devait voir en lui le prototype du surhomme, tel qu’il le définirait six siècles plus tard : « j’annonce l’apparition d’une nouvelle race d’hommes, supranationale et nomade, possédant, physiologiquement, une faculté d’assimilation très supérieure au commun des mortels ». La citation suivante de Nietzche à propos de Frédéric II ouvre d'ailleurs le livre : "le premier européen selon mon goût.

Qu’ai-je donc appris en relisant ce livre, avec certes un oeil neuf et un poil plus instruit ?

Frédéric II a été moderne au XIIIème siècle et reste même aujourd'hui une personnalité exceptionnelle. Il a été tout ensemble chef de guerre, poète, cultivé, parlant plusieurs langues dont l’arabe ; rationalisateur de son État – principalement le royaume de Sicile - et philosophe.

Il a créé par exemple, à Naples, une université formant des fonctionnaires où les élèves étaient nourris et logés pendant leur scolarité. Innovation formidable pour l’époque, on n’y enseignait pas le droit canon. (Résultat : « sous l’impulsion de cette administration dynamique […] la Sicile connut avec le temps un puissant essor économique et devint le premier état unitaire et centralisé de l’Europe »).

A Salerne, il crée une école de médecine où l’on pratiquait les dissections, encore interdites ailleurs par l’église.

C’est un pape, Grégoire IX, qui lui adresse une injure qui, lue aujourd’hui, fait un beau compliment : « ce roi de pestilence affirme ouvertement que l’homme ne doit croire que ce qui peut être démontré par l’expérience et la raison ».

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