Beppe Grillo superstar - par Descartes

  • Par arsin
  • Le 03/03/2013
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Par Descartes, sur son blog


Encore un excellent article de Descartes, expliquant pourquoi il n'y aura pas de Beppe Grillo en France et pourquoi (une fois de plus) Mélenchon peut aller se rhabiller.

Il n’y a plus beacoup de monde pour se souvenir combien l’américain Francis Fukuyama et sa « fin de l’histoire » furent les coqueluches médiatiques il y a à peine dix ans. Son récit était le suivant : avec l’effondrement du bloc soviétique, la société humaine était finalement arrivé à destination. L’humanité avait connu plusieurs étapes de développement et le capitalisme « démocratique » et mondialisé était la dernière. Ne pouvant pas aller au delà, nous assistions à la fin de l’histoire.

Notre continent a connu une variante de ce récit : c’était la construction européenne. Après des siècles de conflits, de compétition, d’évolutions entre monarchies, dictatures et démocraties, nous étions arrivés au stade ultime, celui de la construction d’une « société-continent » pacifiée, démocratique et n’aspirant plus à rien d’autre que s’enrichir. Hélas ! – heureusement, diront certains – ce beau rêve s’est brisé sur une crise qu’il a contribué à bâtir, celle des « bulles » financières, des déséquilibres économiques, et surtout celle des institutions politiques, minées par une vision de la politique qui prétendait – et prétend toujours – enlever le véritable pouvoir au politique pour le donner à des soi-disant « techniciens ». Et les élections italiennes sont venues à point nommé pour réveiller l’Europe à cette réalité.


Je tiens à prévenir mes lecteurs. Je ne compte pas dans ce papier aborder une analyse fine de la politique italienne. Pour la simple raison que j’en suis incapable. Je connais un peu le pays et son histoire, je suis la politique italienne comme peut le faire un « honnête homme » intéressé par ces questions, mais je ne prétend nullement être un expert, ni même un connaisseur. Mon analyse de la situation italienne ne vous apportera donc, je le crains, que peu d’éléments nouveaux. Ce n’est pas là d’ailleurs le plus intéressant pour nous. Pour nous, ce qui peut être intéressant, c’est ce qu’on peut tirer comme leçon en termes de politique française.

Les faits d’abord. Les élections italiennes montrent plusieurs éléments remarquables : la défaite du « professore » Monti en est un, fondamental. Le candidat « raisonnable », celui en qui l’establishment eurolâtre mettait tant d’espoir a mordu la poussière. Au delà du rejet des politiques d’austérité dont il s’est fait le porte-drapeau, sa défaite appelle deux remarques. La première, est que dans une situation de crise majeure le langage de la peur (« c’est moi où le caos ») n’a pas fonctionné. Les italiens ont préféré le saut dans l’inconnu – et dans l’ingouvernabilité – plutôt que de voter pour le candidat « raisonnable » qui leur garantissait, au moins, la continuité de l’existant. Un peu comme si les électeurs étaient convaincus que n’importe quel gouvernement – y compris un gouvernement inexistant – ferait mieux. Ce choix peut paraître difficile de comprendre pour un français : à plusieurs reprises dans notre histoire, dans une situation de catastrophe le peuple français s’est réfugié dans les solutions rassurantes parce que familières, même si elles étaient insatisfaisantes. La « révolution nationale » n’aurait jamais réussi à séduire les français sans la figure paternelle et rassurante de Pétain.

Pour comprendre ce qui peut nous paraître comme une preuve d’inconscience, il faut tenir compte des différences entre l’histoire italienne et celle de notre pays. L’Italie est un pays jeune formé de vieilles provinces. Du moyen-âge jusqu’à la fin du XIXème siècle, l’Italie est une mosaïque de petites principautés, de villes-états, sans compter sur les « Etats du Pape » soumis à l’autorité ecclésiastique. Ce n’est que dans la deuxième moitié du XIXème siècle qu’une unité fragile se construit autour d’un Etat qui restera très faible devant les féodalités et les notabilités locales. En France, c’est un peu l’histoire inverse : dès François Ier, le royaume de France poursuit une politique active d’uniformisation à l’intérieur et de conquête à l’extérieur. De Louis XI à Louis XIV, en passant par Louis XIII et Richelieu, les rois s’appliquent à réduire le pouvoir des féodalités locales, à mettre les nobles en coupe réglée, à restreindre les pouvoirs locaux et à mettre en place un Etat central fort, reposant sur des fonctionnaires choisis au mérite et marginalisant les « grands du royaume ». La Révolution puis l’Empire parachèveront cette œuvre.

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