Bilan des élections législatives 2012 - par Nationaliste Jacobin

  • Par arsin
  • Le 04/07/2012
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Par Nationaliste Jacobin, sur son blog

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L’heure du bilan a sonné après une période électorale intense et stimulante. Autant le résultat des présidentielles (je parle du 1er tour bien sûr) m’avait vraiment déçu (1), autant les résultats des législatives me remplissent d’une joie mesurée. Car les bonnes nouvelles ne manquent pas.

Debout la République s’en sort bien

C’est la première bonne nouvelle et cela met du baume au cœur. D’abord, il faut féliciter Nicolas Dupont-Aignan, réélu au 2ème tour avec 61,4 % des suffrages dans la 8ème circonscription de l’Essonne. Disons-le : c’est une très belle victoire pour un homme méritant, qui a porté un discours patriote et réaliste au cours de la campagne présidentielle. Cette victoire n’est pas seulement remarquable du fait du score qui confirme l’ancrage local de NDA dans l’Essonne et la confiance que lui accordent les électeurs et nombre d’élus (y compris UMP). Nicolas Dupont-Aignan a éliminé au 1er tour le candidat investi par l’UMP. Comme il l’a dit lui-même, l’UMP ne pourra plus prétendre désormais qu’il est élu grâce à ce parti. C’est une première satisfaction. Deuxième élément réjouissant, le président de DLR est le seul ancien candidat à la présidentielle à être élu député. Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen ont été battus sur la même circonscription d’Hénin-Beaumont, dans le Pas-de-Calais. Philippe Poutou a été renvoyé au comptoir de son bistrot girondin où il occupera la place qu’il mérite (« On a dégagé Sarkozy et sa bande », voilà tout ce que l’énergumène était capable de répéter). Je ne sais pas si Nathalie Artaud était candidate. Aucune nouvelle non plus de la glaçante Frau Joly, peut-être retournée étancher sa bile dans ses fjords, du moins souhaitons-le. François Bayrou est tombé dans une triangulaire à Pau. J’ai un peu de peine pour lui, car l’homme m’est sympathique bien que je ne partage pas ses idées. D’un autre côté, l’européisme perd un de ses plus fervents partisans. Faut-il le regretter ? Les autres ex-candidats, à ma connaissance, ne se présentaient pas. Par conséquent, n’ayons pas peur des mots, Nicolas Dupont-Aignan a réalisé un petit exploit, dans un contexte de débâcle de la droite. La défaite des autres rehausse le lustre de son propre succès.

 

Nicolas Dupont-Aignan sera apparemment le seul élu de DLR, bien que je n’aie pas compris si François-Xavier Villain, député-maire de Cambrai dans le Nord, lui aussi réélu, était toujours membre de DLR, d’autant que lui a reçu l’investiture UMP. De toute façon, son absentéisme proverbial à l’Assemblée (2) n’en fait pas un auxiliaire bien utile… Les autres candidats DLR sont très rarement sortis du marais des 1-2 %, c’est-à-dire des scores de NDA à la présidentielle. Mais le parti a franchi la barre des 1 % dans suffisamment de circonscriptions pour obtenir des aides financières de l’Etat dans les prochaines années (1,68 € par voix si j’ai bonne mémoire). Ce n’est pas un franc succès, mais disons que ça suffit pour me consoler : DLR va pouvoir poursuivre son combat. On peut espérer une meilleure implantation du mouvement dans les prochaines années (« l’arbre est petit, mais il est planté droit », j’aime bien cette image). N’en déplaise aux médisants, ces résultats, si modestes soient-ils, valident la stratégie de NDA. François Asselineau, qui se complaît dans un superbe isolationnisme, devrait en prendre de la graine. Et se souvenir que pour peser, il faut avoir des élus ou au moins présenter des candidats. Voilà pourquoi DLR est amenée à peser bien plus que l’UPR dans les prochaines années. En politique, le suffrage universel est une forme de sacre, et le seul qui vaille. L’argumentaire, si aiguisé soit-il, ne suffit pas. 

 

L’humiliation de Mélenchon

Autre excellente nouvelle : Jean-Luc Mélenchon, candidat contre la « peste brune » dans la 11ème circonscription du Pas-de-Calais, s’est pris une gifle qu’il n’est pas prêt d’oublier. Je jubilai en découvrant les résultats au soir des élections. Oui, c’est petit, vil, méprisable, mesquin, cynique, revanchard, je l’avoue. Mais Mélenchon m’insupporte. Longtemps, nous eûmes quelques points communs : laïcité, rejet du régionalisme, hostilités aux langues régionales, attachement au service public. Oui, nous manifestions le même attachement à la matrice jacobine. Mais depuis, l’eau a coulé sous les ponts. Mélenchon a de plus en plus mis en avant son antiracisme dévoyé, son immigrationnisme délirant et sa propension à jeter des anathèmes contre tous ses détracteurs dans des termes dignes d’un climat de guerre civile. Après les mots, viennent les actes. Ce qui est vrai pour Brasillach ou le FN l’est aussi pour les gauchistes, qui ne sont jamais que des fachos d’extrême-gauche, quand on y réfléchit. Il est d’ailleurs très intéressant de noter à quel point ces gens accumulent les travers qu’ils dénoncent chez leurs adversaires (violence, et pas seulement verbale, intimidation, calomnie, diffamation), ou comment ils dénient aux autres les droits qu’ils exigent pour eux-mêmes. La claque de Mélenchon m’a fait un bien fou. Depuis, je l’admets, je dors mieux. C’est sa deuxième défaite en un mois. J’espère qu’il va comprendre qu’il est temps pour lui d’aller se reposer… Au Maroc, par exemple, son cher pays natal. Ou en Algérie, pays natal de ses parents. Après tout, si M. Mélenchon pense que l’espoir, l’avenir, le Salut viennent de là-bas, comme il l’a dit, pourquoi ne pas émigrer, hein ?

 

La débâcle de l’UMP

Encore une très bonne nouvelle. Et plusieurs ténors du parti ont payé, comme il se doit en démocratie, la mauvaise gestion du pays par Nicolas Sarkozy. Car c’est un fait : le président volontariste n’a pas été d’une efficacité transcendante, quand bien même le contexte aurait été difficile. Je ne dis pas que ce qui nous attend est mieux, mais de là à regretter Nicolas Sarkozy… Non, je ne puis m’y résoudre. Claude Guéant, le premier flic de France, pour ne pas dire le dernier tant les forces de l’ordre ont été affectées par des coupes sombres, Claude Guéant, qui combattit l’immigration avec autant d’efficacité que Don Quichotte ses moulins, fut éliminé au terme d’une cruelle triangulaire dans la 9ème circonscription des Hauts-de-Seine, et par un dissident UMP. Ô joie ! Henri Guaino, en revanche, a été élu dans la 3ème circonscription des Yvelines, mais j’ai tendance à me montrer plus indulgent avec Guaino, bien qu’à mon sens il se soit fourvoyé en tentant de peser sur la politique de l’opportuniste Nicolas Sarkozy.

 

En Région Centre, Hervé Novelli, ex-ministre de l’artisanat et ancien d’Occident et d’Ordre nouveau passé à la solde du patronat (encore que… ces activistes anticommunistes ont toujours reçu le soutien discret des patrons), a été battu dans la 4ème circonscription d’Indre-et-Loire. C’est tant mieux.

Michèle Alliot-Marie a désormais tout son temps pour restaurer les affaires de sa famille en Tunisie après sa défaite dans la 6ème circonscription des Pyrénées-Atlantiques. Frédéric Lefebvre n’a pas séduit les Français de l’étranger. Le point positif est que désormais il aura le temps de relire Zadig de Voltaire. Bon, Maurice Leroy (Loir-et-Cher), Luc Chatel (Haute-Marne) et Xavier Bertrand (Aisne) ont gagné ou récupéré leur siège, mais on ne peut pas tout avoir.

 

François Fillon a été sévèrement battu et je m’en réjouis. Comment, me direz-vous, mais l’auteur de ces lignes perd-il la tête ? François Fillon est bel et bien député de la 2ème circonscription de Paris. C’est vrai, mais il faut savoir que M. Fillon a fait toute sa carrière politique dans la Sarthe, où il a occupé toutes les fonctions électives : maire, conseiller général, conseiller régional, député, sénateur. Seulement voilà, les Sarthois se sont lassés de François Fillon, qui à Paris a pris la grosse tête, et la colère contre lui est montée. Plutôt que de reconquérir ceux qui lui avaient donné une stature nationale, ceux qui finalement l’avaient fait roi, en l’élisant des années durant, François Fillon a lâchement fui, dévoilant sa vraie nature. Il a profité de l’influence de Matignon pour magouiller et obtenir un parachutage dans une circonscription facile de la capitale. Philippe Séguin, son ancien mentor, doit se retourner dans sa tombe. Alain Juppé, pour lequel je ne déborde pas d’affection, a de ce point de vue-là un peu plus de fierté et de classe. Et un peu plus de « tripes ». Mais François Fillon n’est pas fait de ce bois-là. Il n’a jamais eu d’autre métier qu’élu du peuple. Il lui faut bien continuer à payer aux frais de la princesse les études de ses enfants (il en a cinq quand même), du moins des plus jeunes. Fillon n’est qu’un apparatchik sans conviction, dont la seule et unique préoccupation est de conserver un siège d’élu ainsi que les prébendes qui vont avec afin de poursuivre sa vie de parasite, la seule pour laquelle il soit fait.

 

Dernière bonne nouvelle : la guerre des chefs est commencée à l’UMP. Ce sera donc François Fillon, le lâche, contre Jean-François Copé. Beau match en perspective, qui devrait être, n’en doutons pas, d’un raffinement exquis, d’une admirable courtoisie, et d’une dignité sans équivalent. Bref, la « mentalité UMP » qu’on a vue à l’œuvre pendant dix ans…

 

La victoire du PS

Reste quand même la mauvaise nouvelle : la gauche est de retour au pouvoir. Et avec elle, ses lobbies, ses amis, ses « soutiens ». On a vu les bienpensants du showbiz s’exhiber le soir de l’élection de François Hollande, aux côtés des drapeaux algériens. L’Algérie, je le rappelle, est un pays dans lequel l’intolérance religieuse est de mise, le président doit être musulman et les élections sont d’une honnêteté douteuse. Les artistes, s’ils avaient quelque culture, devraient y réfléchir à deux fois avant de poser près d’individus brandissant ce type de drapeau. Je suis convaincu que si des drapeaux serbes ou biélorusses avaient été brandis, on n’aurait pas manqué de prier poliment mais fermement les zélés porte-étendards d’aller voir ailleurs… L’Algérie vaut-elle mieux que ces pays-là ? Certainement pas. En plus des nuisibles du « monde des arts » cher à Jack Lang (battu lui aussi, soit dit en passant), toute la clique néoraciste de la LICRA, du MRAP, de SOS-Racisme, ces inquisiteurs professionnels doublés de terroristes intellectuels patentés, va pouvoir reprendre ses néfastes activités avec la bienveillance complice des autorités. Il faut souhaiter que les finances publiques rendent difficiles le déblocage de subventions pour ces communautaristes de tout poil. Les homosexuels ne sont pas en reste, bien sûr, ni les bi-, les trans-, désolé si j’en oublie. La perspective du mariage et de l’adoption se profile. Comme s’il n’y avait pas d’autres priorités. Bref, l’idéologie bobo écolo-diversitaire a un boulevard devant elle. Le discours lénifiant sur le multiculturalisme, la diversité, le métissage, l’immigration salutaire, qui n’a jamais disparu mais qui a connu quelques remises en cause épisodiques sous Nicolas Sarkozy, dominera à nouveau le champ intellectuel (le mot est osé, je l’admets).

 

Il y a cependant quelques motifs de satisfaction. D’abord, les socialistes et apparentés ont la majorité absolue à l’Assemblée nationale. C’est une bonne chose, et ce pour plusieurs raisons. D’abord, le PS ne sera pas l’otage des europhiles et régionalistes fanatiques d’Europe-Ecologie-les Verts. La ratification de la sinistre Charte européenne des langues régionales est certes dans le programme de François Hollande, mais le nouveau président ne semble pas en faire une priorité. Et les Verts n’auront aucun moyen de pression. C’est une excellente chose. Le PS ne dépendra pas non plus de l’hétéroclite Front de Gauche, ce rassemblement improbable de staliniens nostalgiques et de gauchistes soixante-huitards. Autre bonne nouvelle donc. Ensuite, les socialistes n’auront désormais aucune espèce d’excuse : ils contrôlent l’Assemblée nationale, le Sénat, la plupart des régions, des départements et des grandes villes. Ils ne pourront pas, comme Nicolas Sarkozy et ses amis, se décharger de leur responsabilité en montrant du doigt les collectivités territoriales. Ils ont tous les pouvoirs, et aucun droit à l’erreur. Nous sommes quelques-uns à les attendre au tournant.

 

Enfin, je veux dire ici que les débuts de François Hollande et du gouvernement de Jean-Marc Ayrault sur la scène internationale m’ont plu. Le désaccord avec l’Allemagne est une bonne chose. Indépendamment de la conception de l’UE que défend le PS, conception que je réprouve, il est temps de rappeler aux Allemands qu’il ne leur appartient pas de décider seul de l’avenir de l’Europe. Ensuite, François Hollande a fait un geste qui m’a réjoui, je le dis franchement : il a tourné les yeux vers Rome, et y est allé chercher du soutien contre Berlin. Il est temps en effet que nos dirigeants comprennent que nous avons plus en commun avec les Italiens, voire les Espagnols, qu’avec les Allemands. Il est plus que temps de se souvenir que l’UE compte 27 états membres, et que l’Allemagne et la France ne sont pas les seuls « grands » pays. L’Italie est d’ailleurs un membre fondateur, comme la France et l’Allemagne. La politique du sacro-saint « couple franco-allemand », à laquelle s’accrochent nos gouvernements successifs depuis des années, a fini par inhiber notre politique européenne, la réduisant finalement à un alignement humiliant sur les positions de Berlin. Sur la Bosnie, sur le Kosovo, sur la Grèce, la France ne fait souvent que répéter le discours des dirigeants allemands, qui eux défendent l’intérêt de la nation allemande, et non celui de l’Europe, qui n’est pas une nation. Notre pays vaut mieux que cela. Ne nous faisons pas d’illusion : les socialistes réclament la mutualisation des dettes, des « eurobonds », un contrôle budgétaire, c’est-à-dire un pas de plus vers le fédéralisme. Mais ce peut être intéressant, tout simplement parce que l’Allemagne n’en voudra pas. Les Allemands n’apprécient les règles communautaires que lorsqu’ils les fixent. D’autre part, ils savent au fond que si l’Europe des 27 doit devenir une grande Allemagne continentale, ils y perdront. Les Allemands profitent des différentiels de compétitivité. Si demain tous les pays d’Europe deviennent des Allemagne-bis, l’Allemagne s’effondrera… Par ailleurs, ce que l’Allemagne veut imposer aux autres pays ne peut qu’aggraver la récession, et pénaliser à terme l’économie allemande elle-même. En fait, l’Allemagne est prisonnière de ses contradictions, car elle profite de l’euro plus que les autres, mais ne veut pas compenser le coût que cela représente pour la Grèce, l’Italie, l’Espagne, le Portugal, etc. Les prochains mois vont être dramatiques, sans doute, mais aussi très intéressants. Parce que nous sommes au bord du gouffre. Et c’est parfois à ce moment-là que survient un sursaut salutaire et inattendu…

 

(1) http://blog-nationaliste.blog4ever.com/blog/lire-article-286920-9260092-bilan_du_1er_tour_des_presidentielles_2012.html

 

(2) http://www.lefigaro.fr/politique/2010/09/07/01002-20100907ARTFIG00477-francois-xavier-villain-l-elu-fantome-de-l-assemblee.php

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