Chavez, le spectre qui hantera le monde pour longtemps - prélude : points de vue

  • Par arsin
  • Le 10/03/2013
  • Commentaires (0)

Faute de temps, nous ne publions pas encore notre propre tribune sur la disparition de Hugo Chavez. Mais plusieurs articles intéressants sont à signaler.

Pour nos lecteurs qui se choqueraient du titre du présent article, signalons qu'il s'agit d'un pastiche du "spectre qui hante l'Europe", expression qui, dans Le Manifeste du Parti Communiste, sous la plume de Marx et Engels, désignait le communisme.

http://images.bwbx.io/cms/2013-01-04/0106_chavez01_630x420.jpg

Le Venezuela avant et après Hugo Chavez - par François Asselineau

Le petit chat est mort - par Descartes (qui n'y va pas avec le dos de la main morte)

Le point de vue de Sonia Bastille (tiré de Facebook, statut du 9 mars)

Chavez c'est De Gaulle plus Gustavo Gutierrez - par Laurent de Boissieu

Le Venezuela avant et après Hugo Chavez - par François Asselineau

Je ne suis allé qu’une seule fois dans ma vie au Venezuela.

C’était à l’occasion de l’inauguration d’une grande exposition de plusieurs centaines d’entreprises exportatrices françaises, baptisée « Francia 2000 », organisée par le Centre Français des Manifestations à l'Étranger, et qui se tenait à Caracas dans les tout premiers jours de mai 1993.

Travaillant à l’époque, et depuis quelques jours, au cabinet du ministre du commerce extérieur, celui-ci m'avait demandé d'accompagner Mme Lucette Michaux-Chevry, ministre chargée de l'action humanitaire et des droits de l'homme, que le Premier ministre français avait désignée pour aller inaugurer cette exposition. Car il est d'usage qu'un membre du gouvernement fasse le déplacement dans de tels cas, pour soutenir les efforts de nos entreprises à l'exportation.

Début mai 1993 : Une étrange audience avec un Président de la République aux abois

Lire la suite sur Facebook


Le petit chat est mort - par Descartes

"Nous devons des égards aux vivants. Aux morts, nous ne devons que la vérité" (Voltaire)

Le 5 mars 1953 s'éteignait brusquement à Moscou le "petit père des peuples" Joseph Staline. Soixante ans plus tard exactement, mourait à Caracas le "père du peuple vénézuelien", Hugo Chavez Frias. L'histoire a ce genre d'étranges ironies, de rapprocher deux hommes qui étaient si différents, mais qui partageaient au moins deux choses: la date de leur mort... et la fascination quasi mystique qu'ils ont tous deux exercé de leur vivant sur la "gauche radicale" française.En 1953, lorsque Iossif Vissarionovitch Djougashvili partit pour son dernier voyage, la façade du siège du PCF fut tendue de noir avec une immense photo du leader décédé, une délégation du PCF au plus haut niveau représenta le Parti aux obsèques du grand leader disparu dont le corps sera embaumé et placé aux côtés de celui du fondateur de l'Etat, Lénine. Soixante ans plus tard,  la ressemblance est frappante: Bien sur, les temps ont changé, et aujourd'hui ce n'est pas le siège du Parti qu'on tend de noir, mais la première page des blogs et des sites internet (1). Mais Mélenchon compte se rendre aux obsèques du dirigeant Vénézuelien dont sont successeur probable déclare que le corps embaumé sera exposé dans un cercueil en cristal "pour que le peuple puisse l'avoir toujours près de lui", et qu'il sera placé dans le Pantéon aux côtés du père de la Nation, Simon Bolivar. O tempora, o mores.

Lire la suite


Le point de vue de Sonia Bastille (tiré de Facebook, statut du 9 mars)

Adresse à mes Camarades du PG.

Le PG veut s'inspirerr du Chavisme et du Vénézuéla...

Je vous propose, à la place, de nous inspirer de la Norvège. Pays beaucoup plus socialiste, égalitaire et souverain que le Vénézuela.

Ah, certes, les dirigeants ne font pas des diatribes anti-machin en permanence mais au moins, la Norvège sait au mieux exploiter de manière intelligente ses ressources, sait partager les richesses produites et redistribuer dans le cadre d'un véritable Etat providence !

Le secteur public, coopératif ou mutualiste est dix fois plus développé en Norvège qu'au Vénézuela !

Pourquoi le PG et le FDG ne s'en inspire pas ? Je me le demande bien...!

Le Vénézuela est un pays capitaliste et en plus il ne vit que par (et de) la rente du pétrole. Chavez n'a rien changé par rapport aux précédentes politiques. Il n'a ni engagé la diversification de l'économie du pays ni mis un terme à la dépendance totale des Vénézuéliens par rapport aux importations étrangères. Pour ces dernières c'est même pire aujourd'hui qu'en 1999. Les Vénézuéliens sont dépendants à 90% des importations !

Certes, il y a eu un recul de la pauvreté, de l'illetrisme mais les écarts de richesses, de revenus sont toujours aussi importants ! De plus, une bourgeoisie et une oligarchie Chavistes, qui se sont constituées, en ont bien profité et en profitent toujours ! La corruption et la violence (endémiques dans ce pays) ne cessent de se développer. Les erreurs monétaires font que l'économie parallèle et le marché noir ce sont considérablement renforcés !

Les bidons-villes de Caracas ne cessent de se développer, de s'étendre !

Alors que le pays est riche de son sous-sol, en 15 annnées de Chavisme, Hé bien, la production quotidienne de pétrole a diminué de 25%. Le gaz exploité dans les années 70 et 80 est abandonné alors qu'il y a d'importantes réserves.

L'économie agricole est totalement déficiente, désintégrée et la réforme agraire vite abandonnée c'est soldée par un cuisant échec ! Le Vénézuela importe la plupart de ces produits alimentaires mais aussi de première nécessité ! La Pêche du pays ainsi que la flotte maritime florissantes durant des années et des années ont été abandonnées et n'est plus qu'un lointain souvenir !

La richesse de son sous-sol aurait du amener Chavez à s'orienter vers la voie "Brésilienne". Chavez a préféré gaspillé la manne pétrolière dans la monoculture et l'assistanat à court terme perennisant les programmes "missiones" sur le plan social, sanitaire ou éducatif mais se refusant en engager le développement économique du pays et la réalisation d'infrastructures modernes permettant la diversification économique et le bien-être des habitants.

Les pauvres sont légèrement moins pauvres mais restent toujours pauvres ! Les riches sont un peu plus riches et sont donc toujours riches !

L'économie du pays est totalement destructurée car la dette est importante, l'inflation galopante, la corruption endémique et le peuple nourrit qu'à l'idéologie et demain à l'idolâtrie du défunt Président !

Plus que jamais, le pays est coupé en deux alors que la rente pétrolière n'engendre aucun développement du pays !

Le bilan du Chavisme est donc très médiocre.

Non, le Chavisme n'est pas un modèle et pour ma part n'est pas ma source d'inspiration ! Le Chavisme n'a plus rien à voir avec le projet de Bolivar. Bolivar, lui, s'inspirait du Jacobinisme, de la République française, des Lumières. Bolivar était Franc-Maçon et développait des idées et valeurs laïques. Rien à voir avec le Chavisme d'aujourd'hui qui a l'occasion des obsèques d'Hugo Chavez fait dans l'obscurantisme !

Je préfère mille fois les réalisations socialistes de la Norvège aux pâles réalisations du révolutionnaire Chavez !

Durant, les cinq dernières années, le Président Chavez, a gouverné son pays par des décrets-lois dignes des senatus consultes de Bonaparte ! Le Parlement, sert de chambre d'enregistrement pour le reste !

Certes, il a été élu et réélu mais Chavez a utilsé la bonne vieille méthode péroniste et règna en autocrate.

Par Sonia Bastille.



Chavez c'est De Gaulle plus Gustavo Gutierrez - par Laurent de Boissieu

L'actualité permet parfois de déceler les vrais clivages politiques de fond, au-delà des étiquettes partisanes. C'est actuellement le cas avec les réactions à la mort d'Hugo Chávez.

Les propos du ministre PS Victorin Lurel viennent de provoquer une polémique: "Toute chose égale par ailleurs, Chávez c'est De Gaulle plus Léon Blum (...) Le monde gagnerait à avoir beaucoup de dictateurs comme Hugo Chavez puisqu'on prétend que c'est un dictateur".

La comparaison idéologique (*) entre De Gaulle et Chávez rejoint mon analyse, puisque cela fait longtemps que je qualifie Chávez de "De Gaulle vénézuélien: appel direct au peuple, souveraineté et indépendance nationales, État fort, progrès social, mais aussi - quitte à ma fâcher avec mes amis gaullistes - personnalisation et mise en scène du pouvoir, ainsi qu'une interprétation parfois plus personnelle que juridique des institutions.

Bien entendu, il existe aussi des différences. Le Venezuela de Chávez flirte, il est vrai, avec l'autoritarisme - mais sans jamais basculer de la démocratie vers la dictature -, de même qu'il est socialement plus avancé que la France de De Gaulle (il correspondrait donc sur ce point à la minorité gaulliste "de gauche" et non, bien évidemment, à la majorité gaulliste "de droite").

Lire la suite


souveraineté De Gaulle rente économie clientélisme démocratie Venezuela Chavez

Ajouter un commentaire

Vous utilisez un logiciel de type AdBlock, qui bloque le service de captchas publicitaires utilisé sur ce site. Pour pouvoir envoyer votre message, désactivez Adblock.

RETOUR A L'ACCUEIL

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site