Crise économique

Débats :

bande-debat-austerite-1.png

Pourquoi la règle d’or budgétaire n’est-elle pas appliquée ? - par Magali Pernin

Par Magali Pernin, sur son site

La règle d'or

Rappelez-vous : à la rentrée 2012, tout le débat public français se concentrait autour de la ratification du Pacte budgétaire (TSCG) et de sa fameuse « règle d’or ».
Cette dernière, accusée par certains de plonger la France dans une terrible cure d’austérité, est au contraire vantée par les autres comme une garantie de sérieux budgétaire.

Deux ans plus tard, on constate qu’aucune des deux parties n’avait raison.

La règle d'or budgétaire

Pour mieux comprendre le mécanisme de la règle d’or, il faut avoir trois textes en tête :

Lire la suite

Dexia et l’économie-casino au (dé)service des collectivités locales - par L'Oeil de Brutus

Par L'Oeil de Brutus, sur son blog

Dexia et l’économie-casino au (dé)service des collectivités locales

Commentaire : lorsque l'on parle de taux (comme l'Euribor, taux interbancaire de référence européen), il faut toujours préciser de quel horizon temporel il s'agit... Cela manque un peu à ce court article.

L’ensemble des faits relatés ci-après sont extraits de La Caste cannibale de Sophie Coignard et Romain Gubert (Albin Michel 2013).

Comme de nombreuses autres collectivités, Saint-Cast-le-Guildo (Côtés d’Armor, 3 400 habitants) s’est vu offrir, par Dexia, des prêts absolument incompréhensibles du profane.

Cela a commencé en 2004 avec « TIPTOP EURO » (!), un prêt fixe à 4,64% si l’EURIBOR est inférieure à 5,50% et à la moyenne de celui-ci sur les 12 derniers mois plus 0,15% s’il dépasse ce seuil. Tout juste un an plus tard, Dexia revient à Saint-Cast pour remplacer TIPTOP EURO par EUROTECH, celui-ci indexé sur la différence entre l’EURIBOR et le TEC10 (l’indice moyen des rendements des bons du Trésor français à 10 ans).

Lire la suite

Perspectives - par Jacques Sapir

Par Jacques Sapir, sur son blog

Il est maintenant acquis que la croissance en 2014 devrait être de 0,5%, ce qui implique bien entendu une forte hausse du chômage (le niveau de croissance stabilisant le chômage étant de 1,3%) mais aussi du déficit public et de la dette. Les perspectives pour 2015 ne sont pas, elles non plus, des plus brillantes. L’agence de notation Moody’s estime que la croissance sera inférieure à 1%. La menace d’un déflation, de ce que l’on appelle en économie la « spirale déflationniste », est aujourd’hui réelle. Cette spirale, c’est celle qui a frappé l’Europe après la crise de 1929, dont l’enseignement a été retiré des programmes d’Histoire des lycées aux fins d’allègements… Le ralentissement de l’investissement productif que la France connaît depuis maintenant près de trois ans pèse sur ces perspectives pour deux raisons.

Lire la suite

Hollande le déflateur - par Descartes

Par Descartes, sur son blog

Il est courant de voir les hommes politiques s’inquiéter lorsqu’il constate que ses politiques ont, en marge des effets attendus, des effets imprévus qui se révèlent négatifs. Ce qui est plus rare, c’est de voir un gouvernement inquiet de voir une politique qu’il a proposée, mise en œuvre et défendue atteindre ses objectifs.

Car, il faut le dire, ce gouvernement aura réussi au moins une chose : pousser la France vers la déflation. Et quand je dis « réussi », c’est parce qu’il ne s’agit pas d’un « dommage collatéral », d’une conséquence imprévue d’une politique dont l’objectif serait autre. Non : depuis 2012, notre gouvernement prône, sur le front interne mais aussi sur le front européen, la déflation. Bien sûr, le mot « déflation » n’a pas été utilisé, mais l’idée y est.

Lire la suite

Le chômage, M. Hollande et M. Sarkozy - par Jacques Sapir

Par Jacques Sapir, sur son blogTcho-1Source : données de la DARES

Une analyse fine des statistiques du chômage révèle des tendances tant historiques que structurelles extrêmement importantes. Le chômage connaissait en effet une décrue depuis 2004 jusqu’en 2008. On s’aperçoit que le processus de sa hausse révèle deux et non une seule histoire.

Lire la suite

Sortie de l’Euro et dette publique - par Jacques Sapir

Par Jacques Sapir, sur son blog

Dette nette (milliards d’euros)

 Composition-Dette

Source : INSEE : http://www.insee.fr/fr/indicateurs/ind40/20140331/Dette_2013T4.pdf

Un argument récemment soulevé par les adversaires d’une dissolution de la zone Euro consiste à dire que le retour à des monnaies nationales poserait des problèmes insurmontables quant au financement de la dette française. Ceci se traduirait tant par la nécessité pour la Banque de France de monétiser une large part du stock de dettes existant, entraînant ainsi un risque d’hyperinflation, que par une hausse des taux sur la dette qui viendrait dégrader le solde budgétaire. On notera cependant que ces arguments sont mutuellement exclusifs. Soit la Banque de France doit monétiser « en masse », et par définition cela fera baisser les taux d’intérêts, soit elle ne procède qu’à des monétisations très réduites, qui excluent le risque d’hyperinflation, et alors se posera le problème des taux d’intérêts. Il convient donc d’analyser ce problème en séparant la question de la gestion du stock existant des dettes de son accroissement, et en regardant précisément quelle est la part de ce stock que l’on refinance chaque année.

Lire la suite

Cet euro qui ne nous protège … pas ! (bien au contraire) - par L'Oeil de Brutus

Par L'Oeil de Brutus, sur son blog ainsi que sur celui de Laurent Pinsolle

Même les libéraux commencent à taper dur sur la monnaie unique. Certes, Charles Gave et son Institut des Libertés s’étaient attelés la tâche il y a déjà plus de dix ans. Mais le dossier très complet qu’ils ont publié a le mérite d’enfoncer le clou, même s’il souffre évidemment d’un biais idéologique libéral évident, déjà mis en exergue par Laurent Pinsolle (je ne reviens donc pas sur ce point).

Chiffres à l’appui, l’Institut des Libertés nous démontre l’inanité complète et l’absurdité intrinsèque de la monnaie unique. Parmi, ces chiffres et tableaux un seul résume tous les autres : ceux de la croissance.Cet euro qui ne nous protège … pas ! (bien au contraire)

Lire la suite

Le Haut Conseil des finances publiques déclenche la règle d’or budgétaire - par Magali Pernin

Par Magali Pernin, sur son blog

Les déficits budgétaires de l'Etat, prévus et réellement accomplis :

La règle d'or

Lecture du graphique : en noir, la courbe des déficits programmés par la LPFP (Loi de Programmation des Finances Publiques). En gris, et en tirets à partir de 2013, la réalité des déficits, qui sont constamment plus profonds que prévus. Il s'agit là des déficits de l'Etat, et non des administrations publiques dans leur ensemble, qui sont en général plus élevés d'un point (cf. les chiffres INSEE).

Le Haut Conseil des finances publiques a adopté, vendredi 23 mai 2014, son avis relatif au solde structurel des administrations publiques présenté dans le projet de loi de règlement de 2013.
Celle-ci est venue arrêter le montant définitif des dépenses et des recettes de l’État.
Elle permet ainsi de comparer avec précision le résultat budgétaire de l’année 2013 avec les objectifs adoptés fin 2012.

Mais plus qu’un état des lieux, la loi de règlement va pour la première fois induire le déclenchement de la fameuse règle d’or budgétaire adoptée en novembre 2012 suite à la ratification controversée du « Pacte budgétaire européen ».

Lire la suite

Les illusions malhonnêtes des rêveurs de l’euro moins cher - par Laurent Pinsolle

Par Laurent Pinsolle, sur son blog

Historique du cours de l'euro en dollars.
Le PS, jusqu’au premier ministre et au président, continue à plaider pour une baisse du cours de la monnaie unique européenne. Las, ils ont été sévèrement douchés cette semaine par les déclarations du porte-parole du gouvernement allemand et de la BCE, les plaçant devant leurs contradictions.

Lire la suite

L’urgence du plein emploi - par Joël Halpern

Par Joël Halpern, sur son site et celui de V.A.R.

Commentaire de Pablito Waal : je suis assez sceptique sur certaines propositions de l'auteur. Je me demande notamment comment il quantifie "l'épargne oisive" dont la mobilisation soutiendrait la relance de la demande. De plus, si j'approuve l'idée d'une réforme du financement de la protection sociale, il manque quelques précisions sur les prélèvements qui remplaceraient en tout ou partie les cotisations sociales telles que nous les connaissons. S'il s'agit de "déplacer ces charges de la masse salariale vers l’ensemble de la valeur ajoutée (et les importations)", faudrait-il transformer les cotisations en impôt global sur la valeur ajoutée payée directement par les entreprises, en taxe sur les importations, ou en hausse de la TVA..?

Selon l’INSEE, la France compte 5.5 millions de personnes en sous-emploi (chômeurs officiels, chômeurs non inscrits à Pôle Emploi, temps partiel subi, chômage partiel…) auquel il faudrait ajouter une part des jeunes scolarisés « retenus » faute de perspectives dans le système éducatif, et les 3 millions d’emplois précaires (CDD, stages…). Au total, au moins 9 millions de personnes sont victimes de la crise de l’emploi, soit environ 27% des 20-59 ans (sources : INSEE).

Pourquoi le plein-emploi est-il la priorité ?

Lire la suite

La bêtise des marchés n’a pas de limites - par Laurent Pinsolle

Par Laurent Pinsolle, sur son blog

Du jugement des dettes souveraines
Le succès récent de la vente de bons du trésor grec illustre le nouveau changement d’humeur des marchés. Début 2009, tous les Etats de la zone euro pouvaient emprunter à peu près au même taux, une absurdité quand on examinait un tant soit peu les différences colossales entre Berlin, Madrid, Paris ou Athènes. La crise qui a suivi a démontré la faillite des marchés à produire des taux justes puisqu’ils ont nourri un excès de dettes (privé, plus encore que public) dans de nombreux pays (Espagne et Irlande notamment), qui ont mené à la crise de la zone euro. Bref, la main invisible était celle d’un dealer vendant sa marchandise à si bas coûts que cela a provoqué quelques overdoses...

Lire la suite

Le lordo-antilibéralisme est un gauchisme - par Joe Liqueur

Par Joe Liqueur, sur son blog

Commentaire de Pablito Waal : Un article contrastant avec celui précédemment publié, par Jacques Sapir. Je ne partage pas les opinions de Joe Liqueur sur l'immigration (voir ici un article en deux parties dont le propos m'est plus acceptable).

Lea_Crespi_TeleramaFrédéric Lordon ne veut pas (trop) se fâcher avec les alter-machin.
Y parviendra-t-il ? ©Léa Crespi pour Télérama

Evidemment, il y a beaucoup de bonnes choses dans le dernier livre de Frédéric Lordon (La Malfaçon, Les liens qui libèrent, 2014). J’ai appris plein de nouveaux mots… ce qui justifierait « par soi », comme dirait notre camarade, la lecture de cet ouvrage dont l’ambition littéraire est sans doute respectable à défaut d’être justifiée. Les développements de l’auteur au sujet des institutions étatiques françaises, qui ont le mérite d’exister contrairement à celles d’un hypothétique Etat européen, ou à propos du parti « socialiste » qui est devenu un parti de droite voire plus à droite que l’UMP, ou encore du spectre qui hante la France et qui est celui d’une alliance – ou au moins d’un compromis – entre le Front national parvenu au pouvoir et le grand capital (voir mon dernier billet), tout cela rejoint parfaitement les idées que j’exprime sur ce blog depuis maintenant quelques années. Mais il y a aussi des choses moins bonnes dans La Malfaçon. Et d’abord, il y a du gauchisme. De grosses louches de gauchisme. Des pelletées de gauchisme qu’on pourrait ensevelir la tour Montparnasse avec. Du gauchisme épais, visqueux et pontifiant, où le fond du discours lordonien rejoint sa forme – que, pour la part, je persiste à trouver quelque peu indigeste.

Lire la suite

C'est notre industrie qu'on tue - par Descartes

Par Descartes, sur son blog

http://www.journaldunet.com/economie/les-dix/entreprises-leaders/images/alstom.jpg

Je suis en colère, très en colère. Et la cause en est Alstom. Ou plutôt, le déferlement de bêtises que j’ai entendu ces deux dernières semaines au sujet de la situation de cette entreprise. Oui, je sais, la colère est un pêché, c’est même un pêché mortel. Mais dans la mesure où un démon serviable est probablement déjà en train de faire chauffer amoureusement le chaudron de souffre qui m’est réservé et d’aiguiser le trident avec lequel il percera mes fesses, que peut bien faire un pêché de plus ?

Lire la suite

À lire: La Malfaçon (F.Lordon) - par Jacques Sapir

Par Jacques Sapir, sur son blog

http://www.les-crises.fr/wp-content/uploads/2014/04/lordon.jpg

Frédéric Lordon vient de publier un ouvrage, La Malfaçon[1], consacré tant à la construction de l’Union Européenne, qu’à la financiarisation et à l’Euro. Ce livre, il faut le dire d’emblée est excellent, tant dans la forme – et tous les lecteurs des textes de Frédéric Lordon le savent – que dans son fond. Cela n’exclut pas certaines critiques, et l’on y reviendra, mais la première chose que l’on peut dire de ce livre c’est qu’il faut courir l’acheter.

Une critique de l’Union Européenne

Le premier thème abordé est bien entendu – élection européennes obligent – la question des formes prises par ce que l’on a tendance à appeler le « construction européenne » et qui n’est en réalité que la construction d’institutions libérales dans des pays de l’Europe.

Lire la suite

Christian Noyer vs Manuel Valls - par Edgar

Par Edgar, sur son blog

Pacte de responsabilité : Christian Noyer se dit 'confiant' sur les contreparties liées à l'emploi...

Je n'ai pas une grande sympathie a priori pour Manuel Valls. Il me paraît bien trop souple avec les puissants, et dur avec les faibles, pour être adapté à des temps difficiles.

Au moins est-il responsable devant l'Assemblée nationale, et a-t-il été élu.

Christian Noyer, gouverneur de la Banque de France, a été nommé à sa place par Jacques Chirac et renouvelé par Sarkozy. Il est intouchable en raison du statut de la Banque de France qui, depuis l'euro, lui interdit de recevoir aucune instruction du gouvernement.

Lire la suite

Stiglitz : sortir de l'euro c'est douloureux, y rester c'est pire - par Edgar

Commentaire de Pablito Waal : à noter également, le débat entre l'Oeil de Brutus et Hans-Kristian Colletis-Wahl, sur le blog de l'Oeil de Brutus.

SORTIR DE L'EURO : La réponse de M. Colletis-Wahl

Donc, côté euro, Stiglitz met les points sur les i : sortir de l'euro, c'est douloureux, mais y rester est encore pire. Stiglitz évoque la situation de l'Espagne et de la Grèce particulièrement.

Il ajoute une réflexion que je trouve très juste : la pire des situations est celle à laquelle nous assistons. Quand la situation devient intenable, on lache quelques mesures sociales, un prêt de quelques milliards, et on repart. C'est une mort à (plus ou moins) petit feu, qui fait que l'on continue dans un jeu où, l'un dans l'autre, c'est Stiglitz qui l'ajoute, la zone euro a probablement, depuis sa création, causé plus de dégâts qu'elle n'a amené d'avantages.

Lire la suite

Un aveu - par Jacques Sapir

Par Jacques Sapir, sur son blog

Croissance depuis 2000 (indice 100)

 Growth

Une nouvelle est passée quasiment inaperçue vendredi dernier, c’est l’annonce faite par le gouverneur de la Banque centrale des Pays-Bas, M. Klaas Knot, que son institution avait préparé un « plan d’urgence » (a contingency plan) pour une sortie de l’Euro en 2012. Cette nouvelle n’a rien d’étonnant, et elle confirme ce que l’on sait de diverses sources. Les différentes Banques centrales des pays de la zone Euro, et même les Ministères des Finances, travaillent sur des scénarii d’explosion ou de sortie de l’Euro depuis au moins le printemps 2011.

Lire la suite

Les fariboles du pacte de responsabilité - par Thomas Schott

Par Thomas Schott, sur le site de L'Oeil de Brutus

Les fariboles du pacte de responsabilité

Billet invité de Thomas Schott

Le 14 janvier dernier, François Hollande annonçait “officiellement“ sa nouvelle politique économique : “le socialisme de l’offre“. Derrière cet aphorisme issu du théorème de Schmidt se cache un suicide économique pour la France. De fait, cette politique de l’offre n’améliorera pas la situation des entreprises ni de l’emploi.

La preuve par les “subprimes“.

Lire la suite

Montebourg, l’Euro et les Talibans - par Jacques Sapir

Par Jacques Sapir, sur son blog

http://www.professeurforex.com/wp-content/uploads/2013/10/euro-fort-forex-eurusd.jpg

Il y a deux jours, l’Assemblée Nationale votait en première lecture le texte de la loi dite « Florange », qui visait à éviter la réédition d’une crise comme celle que l’on avait connue à la fin de 2012. Dans le même temps Arnaud Montebourg, le Ministre du Redressement Productif qui s’était fortement engagé pour une solution industrielle dans la crise de Florange, et qui avait été désavoué par le Premier Ministre, Jean-Marc Ayrault, multipliait les sorties, que ce soit sur la nécessité de faire « baisser l’euro » ou sur les « talibans du droit à Bruxelles ». Dans ce dernier cas, c’est la direction de la concurrence de l’Union Européenne qui est directement visée. La concomitance de ces faits invite à la réflexion tant sur l’attitude d’Arnaud Montebourg que sur la signification profonde de son action.

Lire la suite

De la Grèce à l'Ukraine - par L'Oeil de Brutus

Par l'Oeil de Brutus, sur son blog

DE LA GRECE A L'UKRAINE

GRECE (2010-2014).

Même si ses racines plongent bien avant, la crise grecque démarre effectivement en avril 2010 lorsque le gouvernement grec accepte de se placer sous la tutelle de la Troïka (BCE, Commission européenne, FMI). Les mesure d’austérité et « plans de sauvetage » s’enchaînent alors, plongeant le pays dans un chaos économique sans pour autant parvenir à faire baisser le niveau de l’endettement public. Devant cette « stratégie du choc », une grande partie du peuple grec refuse de plus en plus vertement ce suicide économique et social.

Lire la suite

RETOUR A L'ACCUEIL

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site

×