Définir le racisme, une fois pour toutes

  • Par arsin
  • Le 09/12/2015
  • Commentaires (0)

Antiracisme

La prochaine fois que vous aurez l’impression que l’on parle de « RACISME » pour un oui ou un non, …partagez ce statut.

Demandez à la personne qui parle de racisme quelle définition elle donne à ce mot.

Et donnez-lui cette définition rigoureuse :


« Le racisme est une idéologie visant à hiérarchiser les populations humaines divisées en races, c’est-à-dire à différencier leurs droits individuels en fonction de critères liés à la naissance et à la généalogie, comme l’apparence anatomique, le lieu de naissance, ou celui des ancêtres, et sans justification valable telle que la sécurité ou le bon fonctionnement d'une communauté politique. »

CE QUI VEUT DIRE :

- Que le racisme est une idéologie, pas un sentiment, une attirance ou une répulsion. Si une personne dit que, à titre privé, elle n’a pas envie de fréquenter ou n’est pas attirée par telle ou telle catégorie de population, c’est son droit, quoi que vous en pensiez. Un goût personnel n’est pas une idéologie ;

- Que le racisme est une idéologie avant d'être un système social. Toute personne qui promeut une idéologie raciste est un raciste, même si cette personne est également menacée par une idéologie raciste plus courante que la sienne. Un Noir qui voudrait tuer des Blancs (donc leur dénier le droit à la vie) est raciste, même s'il est lui-même victime du racisme anti-noir;

- Que peu importe que vous pensiez que les « races » existent ou non, et quelle définition que vous donnez à ce concept. Le fait d’employer le mot « race » ne fait pas de vous un raciste. La seule chose qui compte est que la race, si elle existe, serait liée à la génétique et à la généalogie. Une « race sociale » n’a pas de sens, cela s’appelle une classe, éventuellement une ethnie si ses membres supposés partagent une origine et une culture communes. D’ailleurs, l’ethnie, qui est une notion avant tout culturelle, n’est pas un concept substitut de la « race », qui est/serait biologique ;

- Que le racisme est basé sur des critères de naissance, non choisis par les personnes ciblées, et non sur un choix d’idées dont elles seraient responsables. Donc le rejet d’une idéologie (et les religions sont des idéologies) n’est pas du racisme (non, l’islamophobie n’est pas du racisme, et le rejet du judaïsme n’est pas la même chose que le rejet des personnes d'ascendance juive, qui est l’antisémitisme);

- Qu’il n’y a racisme qu’à partir du moment où l’on dénie des droits aux gens. Donc, NON, partager des « stéréotypes » ou des « préjugés » sur tel ou tel groupe de population n’est pas en soi du racisme, tant que lesdits stéréotypes ne portent pas atteinte à la vie sociale. Peu importe si des gens disent que les Français aiment tous le vin ou la baguette : c’est faux, mais en quoi ces clichés réduisent-ils nos droits ? Par contre, si quelqu’un dit : « les Français sont des voleurs », c’est alors de la diffamation, et le non-respect de notre présomption d’innocence ;

- Et non, ne dites pas que colporter un « préjugé » est un déni du « droit au respect » : ce droit n’existe pas. Chacun a le droit de mépriser qui il veut, pour de bonnes ou de mauvaises raisons. Vous n’avez juste pas le droit de porter atteinte aux intérêts, à l’intégrité ou à la sécurité d’autrui et de la société, c’est tout (et déjà pas mal si vous y arrivez) ;

- Qu’il faut aussi arrêter avec ce concept foireux selon lequel associer une personne ou un groupe de personnes avec une idée, une qualité ou une habitude serait de « l’essentialisation » ou de « l’objectification ». Ça ne veut rien dire, à la fin. Chaque fois que vous pensez à des gens, votre cerveau va automatiquement les associer à telle ou telle idée connexe issue de votre expérience. C’est la pertinence des associations qui peut faire débat. Par exemple, si j’associe « Sarkozy » à « président », « teigneux », « démago »…est-ce que « j’essentialise » ou « objectifie » le personnage ?

- Que la discrimination de droit liée à la naissance n’est pas raciste si elle est nécessaire au fonctionnement d’une communauté politique, par définition limitée : tout pays souverain peut donner au moins quelques droits de plus à ses citoyens qu’aux étrangers, à commencer par le vote ou le droit d’intégrer certaines professions ou postes stratégiques. Et c’est normal ;

- Qu'il peut y avoir des cas de discrimination justifiée : par exemple, si l’on s’aperçoit qu’une pandémie menace, et que tous les infectés potentiels sont nés à une époque particulière, dans une zone spéciale ou venus d’un pays donné, il est justifié de les mettre en quarantaine, alors que c’est une discrimination;

- Enfin, toutes les grandes et dramatiques manifestations du racisme historique (Shoah, génocide arménien, tutsi, Traite négrière, ségrégation aux USA, apartheid sud-africain...) entrent bien dans cette définition du racisme.

Pour finir, rappelez-vous que faire des discriminations et des regroupements arbitraires, amalgamer des choses entre elles, se faire des idées préconçues sur des faits dont on n’a pas de preuves…sont des fonctions de base de la pensée humaine. La vie d’être intelligents mais aux capacités limitées dans un monde très complexe serait littéralement impossible sans elles.

L’important n’est pas de « supprimer les préjugés », les « amalgames », les distinctions « arbitraires ». Mais de se former à remettre en cause ses propres opinions en fonction des faits que l’on apprend, d’essayer de distinguer autant que possible (donc pas toujours) les causalités et les corrélations, d’essayer de dérouler les conséquences de nos opinions et les éventuelles incohérences entre elles.

En sachant que nous n’aurons toujours qu’une faculté limitée à atteindre ces buts.

 

 

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