Dieudonné, fais moi peur ! - par Descartes

  • Par arsin
  • Le 30/12/2013
  • Commentaires (0)

Par Descartes, sur son blog

Voir aussi l'article de Valeurs & Actions Républicaines.

Commentaire de Pablito Waal : globalement d'accord avec Descartes, excepté le paragraphe où il est question d'un "contexte de « victimisme » généralisé ou nous vivons, dans lequel les organisations sionistes exercent un terrorisme intellectuel permanent". Ce terrorisme intellectuel, je n'ai pas l'impression de le vivre en permanence. Et pourtant j'ai vu de près la LDJ à l'oeuvre...Il faut revenir à la raison : non, toute personne qui critique l'action de l'Etat d'Israël en France n'est pas vouée à une mort sociale en tant "qu'antisémite" (sinon, beaucoup de membres du Front de Gauche ou du FN auraient dû prendre le maquis...), du moins tant que ses propos ne sont pas incontestablement antisémites. Il y aura toujours des sites tenus par quelques membres de la communauté juive pour employer cette accusation d'antisémitisme à tout va, mais quel est leur impact réel?

Non, le fait de "contester la prééminence du génocide des juifs sur tous les autres" ne vous vaut pas systématiquement d'être taxé d'antisémite non plus. Ce qui concerne Dieudonné et ses amis va bien au-delà : c'est la négation même du génocide en question. Mais en revanche, vous pouvez parfaitement dire que "Staline a tué plus de gens qu'Hitler" sur un plateau de télévision, et vous faire applaudir, alors que vous aurez pourtant relativisé l'ampleur de la Shoah (et proféré un mensonge historique).

Et il faut distinguer la réalité télévisuelle de celle d'Internet, où le rapport de force entre pro- et anti-israéliens n'est pas celui que l'on croit. Sur Youtube, les vidéos relatives à Israël (par exemple sur son hymne "Hatikvah") désactivent souvent leurs commentaires, et sinon sont inondées de vociférations des contempteurs de l'Etat juif. Je sais parfaitement que tous les sionistes ne se distinguent pas non plus par leur élégance, mais le rapport de force numérique sur la Toile m'apparaît clairement en leur défaveur. Plus encore, le vote français en faveur de l'admission de la Palestine comme état observateur à l'ONU en 2012, a contrario des USA et d'Israël, montre que le gouvernement français est loin d'être soumis aux sionistes les plus radicaux.

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Machiavel le disait déjà, il y a deux manières de gouverner les hommes : par la séduction et par la peur. Dans « le Prince », il écrit que le prince doit être aimé et craint, mais que s’il doit choisir, il lui faut choisir la crainte. Ce que le diplomate florentin ne pouvait pas prévoir, c’est que la peur peut prendre plusieurs formes. Aujourd’hui, nos princes ne sont plus craints – lorsqu’on pense au couple Hollande/Ayrault, le mot « crainte » n’est pas celui qui nous vient en premier à l’esprit – mais ils nous gouvernent quand même par la peur. La peur des calamités dont on remplit notre imagination et dont ils sont, bien entendus, les seuls à pouvoir nous protéger.

Au fur et à mesure que nos gouvernements ont perdu tout espoir de séduire le citoyen par leur action, ils ont eu de plus en plus besoin d’épouvantails pour justifier leurs politiques. La mise en scène du Front National en général et Jean-Marie Le Pen en particulier en tant que « diables de confort » du pouvoir mitterrandien coïncide avec la fin de la période « idéaliste » du gouvernement de la gauche et du « tournant » austéritaire et européen de 1983. Et ce n’est pas tout à fait une coïncidence. Le pouvoir socialiste qui avait préféré « changer d’avis » plutôt que de « changer la vie » avait besoin pour être légitimé d’un épouvantail. Et d’un épouvantail qui fasse peur. C’est pourquoi, on a eu droit à toute la rhétorique bienpensante qui nous présentait une France au bord de la guerre civile, avec des hordes de crânes rasés qui n’attendaient que le signal pour mettre en place une dictature fasciste.

Mais les diables s’usent. Après trente ans de discours apocalyptiques, le Front National peut compter sur les voix d’un français sur six aux élections présidentielles, et bénéficie d’une implantation locale beaucoup plus importante dans certaines régions. Sans que pour autant le fascisme se soit imposé dans notre beau pays et les hordes de crânes rasés n’organisent leurs concerts à l’Opéra. Il faut donc trouver autre chose. Et l’autre chose, ces jours-ci, c’est Dieudonné. Ce qui est d’ailleurs triste lorsqu’on se souvient que la grandeur d’un homme se mesure souvent aux adversaires qu’il se choisit. De Gaulle eut comme « diables de confort » dans le désordre Vichy, le PCF, les américains, les militaires félons et l’OAS. Mitterrand, plus modestement, eut De Gaulle, le PCF puis Le Pen. Valls et Hollande en sont réduits à chercher à redorer leur blason en poursuivant un humoriste. Au delà des dérives paranoïaques du personnage, au delà de ses déblatérations antisémites – que la justice a plusieurs fois condamné d’ailleurs – on aura du mal à démontrer que Dieudonné est aujourd’hui une menace pour l’ordre public et le fonctionnement des institutions républicaines au point de mériter que les plus hautes autorités de l’Etat doivent s’en occuper personnellement. Valls ferait bien de réflechir à la maxime romaine : « de minimis non curat praetor » (« le Préteur ne s’occupe pas des affaires mineures »). Il faut que nos ministres soient devenus bien petits pour qu’ils voient en Dieudonné un « diable » à leur taille.

Lire la suite sur le blog de Descartes

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