Sapir

Rejeter le libéralisme ? - par Jacques Sapir

Par Jacques Sapir, sur son blog

Après une grosse semaine d'absence, l'arsin.fr revient !

Comment peut-on ne pas être libéral ? Le terme en effet dénote initialement un esprit généreux. Les « libéralités » décrivent des dons. Le libéralisme a eu aussi ses titres de gloire, en particulier dans son opposition à l’idéologie absolutiste. Au XVIIIe siècle, il fut synonyme de progrès. Pourquoi et comment cette image s’est elle inversée?

Le libéralisme est souvent incompris, mais il faut ajouter qu’il contient en lui-même de quoi alimenter nombre de ces incompréhensions. Comme toute pensée qui fut vivante, il s’est incarné de manières très différentes tant dans le temps, que dans les différents espaces politiques et culturels où il s’est développé. Le libéralisme est toujours contextualisé. D’où la difficulté de cerner ce à quoi il renvoie. Pourtant, la tâche reste essentielle. On peut parler aujourd’hui d’un triomphe du libéralisme. Que ce soit au parti « socialiste » ou dans les rangs de l’UMP, il n’est même plus sujet à discussion, étant accepté par principe. Mais de quel libéralisme parle-t-on ? S’agit-il de la pensée originelle, qui est souvent bien ignorée, ou des formes dégénérées sous lesquelles il est aujourd’hui connu ? Tout ceci ne fait que renforcer la nécessité de chercher à le définir, non pas tant comme un principe intangible mais comme une forme vivante, parcourue de courants contradictoires, et qui est appelée à mourir après avoir beaucoup vécue.

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Russie : Dans la tête de Vladimir Poutine - débat avec J.Sapir

Voir sur le site de Jacques Sapir L’émission sur Mediapart à laquelle  [Jacques Sapir a] participé avec François Daucé et Jean-Robert Raviot du mercredi 14 mai est visionnable soit sur le site de Médiapart soit sur dailymotion.

À lire: La Malfaçon (F.Lordon) - par Jacques Sapir

Par Jacques Sapir, sur son blog

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Frédéric Lordon vient de publier un ouvrage, La Malfaçon[1], consacré tant à la construction de l’Union Européenne, qu’à la financiarisation et à l’Euro. Ce livre, il faut le dire d’emblée est excellent, tant dans la forme – et tous les lecteurs des textes de Frédéric Lordon le savent – que dans son fond. Cela n’exclut pas certaines critiques, et l’on y reviendra, mais la première chose que l’on peut dire de ce livre c’est qu’il faut courir l’acheter.

Une critique de l’Union Européenne

Le premier thème abordé est bien entendu – élection européennes obligent – la question des formes prises par ce que l’on a tendance à appeler le « construction européenne » et qui n’est en réalité que la construction d’institutions libérales dans des pays de l’Europe.

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De la liberté en Hollandie - par L'Oeil de Brutus

Par L'Oeil de Brutus, sur son blog

DE LA LIBERTE EN HOLLANDIE

« Toujours la tyrannie a d’heureuses prémices »

Racine, Britannicus.

En ouverture de sa conférence de presse du 14 janvier 2014, le président de la République s’exprimait dans ces termes : « Je ne laisserai pas faire, au cours des prochains mois, ceux qui veulent en terminer avec l’idée européenne. Pas seulement en France, il y en a d’autres, parfois même aux gouvernements. Je ne laisserai pas faire ceux qui veulent en terminer avec l’idée européenne ou ceux qui veulent briser l’acquis communautaire, c’est-à-dire tout ce qui a été fait depuis des générations et des générations. Je ne laisserai pas non plus faire ceux qui veulent sortir de l’euro, qui pensent ainsi sauver la Nation alors qu’ils la mettent en péril. Parce que notre avenir, c’est dans l’Europe… »

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Pour le FMI, la France devrait dévaluer de 10% par rapport à l'Allemagne - par Edgar

Par Edgar, sur son blog

 

Je reviens tout d'abord sur le débat sur les calculs de Jacques Sapir. Non, je n'en ai pas lu les détails, en effet. Mais je les crois corrects, pas à l'unité près mais en ordre de grandeur.

Pour toutes les raisons que j'ai indiquées ici, l'euro a fonctionné, au plan interne, comme une machine à privilégier la zone à l'inflation la plus basse (l'Allemagne), au détriment des mauvais élèves à inflation plus forte.

Je ne vois pas d'autre solution, pour en sortir, que d'abandonner l'euro.

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Saloperies... - par Jacques Sapir

Par Jacques Sapir, sur son blog

Commentaire de Pablito Waal : pour le titre, c'est pas moi qui le dis, mais l'auteur. Et il a bien raison.

5/2/2014 : le titre a été modifié par l'auteur sur le blog original, pour des raisons qu'il précise. Néanmoins, je laisse ici le titre initial, plus expressif.

7/02/2014 : Jacques Sapir remercie ses (nombreux) soutiens.

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Basse photo d'un petit monsieur.

Les temps sont malsains. À force de prétendre que nous sommes dans une situation comparable aux funestes « années 1930 », certains journalistes et hommes politiques sont en train de créer une atmosphère particulièrement délétère. Les insinuations, les amalgames et les mensonges tiennent lieu aujourd’hui d’arguments. On a franchi un nouveau cap avec l’article du sieur Colombani dans Direct Matin et avec les accusations proférées à mon endroit par Pierre Moscovici, Ministre de l’économie et des finances. Les deux m’apparaissent liés. On en voit l’origine : la volonté d’un pouvoir aux abois et d’une élite discréditée de sauver l’Euro à tout prix en qualifiant les adversaires de la monnaie unique d’extrémistes. C’est en soi un acte de déni de la démocratie.

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Le Président, le “contrat de responsabilité”, et la déflation - par Jacques Sapir

Par Jacques Sapir, sur son blog

Pour ceux qui se sentent d'attaque pour lire un article scientifique, voir aussi ce papier sur l'investissement, le profit, la demande et la monnaie.

 G2-OMT InflaBis

Contrairement à ce que certains veulent nous faire croire, la crise budgétaire est loin de s'éloigner, comme le montre l'évolution des taux réels sur les obligations d'Etat.

Source : INSEE

Les promesses d’abaissement des charges faites par François Hollande lors de sa conférence de presse du 14 janvier ont été bien accueillies par le patronat. C’est assez normal, mais cela montre aussi un raisonnement à courte vue. Si, pour financer ces baisses de charges, le gouvernement réduit les dépenses publiques, dans un contexte où l’économie est déjà fortement déprimée, ceci risque d’avoir des conséquences désastreuses sur l’économie française.

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A propos du "national-socialisme", par Jacques Sapir

Par Jacques Sapir, sur son blog

Commentaire de Pablito Waal : il s'agit d'une suite au débat entre J.Sapir et A.Bernier. L'économiste aborde ici la question du "national-socialisme", terme indéfectiblement lié au régime hitlérien sur le plan langagier, alors que ce régime n'était en fait ni socialiste, ni même vraiment nationaliste (puisque raisonnant au niveau de la "race"). Je suis très en phase avec cette analyse du Troisième Reich, et cela me conforte dans l'idée que traiter un patriote de gauche de "national-socialiste" ne peut pas être considéré comme un "constat", mais seulement comme une injure, qui ne déshonore au fond que ses auteurs.

Dans un billet publié sur ce carnet, Aurélien Bernier a répondu à certaines de mes critiques, et en a accepté d’autres, donnant ainsi un exemple rare d’ouverture au débat. Je voudrais ici le poursuivre sur un point qui me semble essentiel. Ce n’est pas l’analyse discordante (ou peut-être complémentaire) que nous faisons du tournant « européiste » du PCF. Je pense que, si désaccord il y a, il doit plus à une différence de perspective qu’à des problèmes de fond. Aurélien Bernier est venu à la politique au tout début des années 1990, je suis pour ma part venu à la politique en 1968. Ces différences de dates expliquent pour une bonne part la différence des sensibilités. Ce n’est pas, non plus, sur le poids qu’a pu exercer sur l’extrême-gauche l’idéologie de Lutte Ouvrière. J’ai, personnellement, tendance à penser qu’elle fut plus limitée que ce qu’il affirme, mais ceci est un point que de futurs historiens trancheront (s’il a eu l’importance qu’Aurélien Bernier lui accorde…).

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Jacques Sapir lit Aurélien Bernier

Par Jacques Sapir, sur son blog

Lire aussi la réponse d'Aurélien Bernier, qui reprend trop vite à mon goût les allégations sur la nature socialiste (même partiellement) du régime hitlérien.

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Le livre qu’Aurélien Bernier vient de publier aux éditions du Seuil, La gauche radicale et ses tabous, est un livre qui a une place importante dans le débat qui s’annonce sur les élections européennes de ce printemps 2014. Ce livre s’inscrit par ailleurs à la fois dans un courant d’idées, celles qui sont exprimées par une « gauche de la gauche » qui se réclame de l’idée nationale, et dans une œuvre personnelle. Aurélien Bernier a déjà publié Comment la mondialisation a tué l’écologie en 2012, livre important par son analyse sur l’interaction du « mondial » avec le « national » et le « local », et surtout Désobéissons à l’Union européenne (aux Éditions des Mille et Une Nuits). Ce dernier livre a pu passer pour une sorte de bréviaire des militants du Front de Gauche. Il a aussi publié en 2008 Le Climat, Otage De La Finance – Ou Comment Le Marché Boursicote Avec Les “Droits À Polluer” toujours aux Éditions des Mille et Une Nuits. Son nouvel ouvrage s’inscrit donc dans cette double trajectoire et pose des questions qui seront fondamentales lors des élections européennes.

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Chiffres à l'appui, non le chômage n'a pas baissé en Octobre : il a continué à augmenter - par L'Oeil de Brutus

Par L'Oeil de Brutus, sur son blog

Lire aussi l'article de Jacques Sapir que cite Brutus

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Nombre de médias ont repris l’information en cœur : le chômage aurait baissé en octobre 2013. François Hollande serait-il en train de réussir son pari pascalien d’inversion de la courbe du chômage ? On notera que le président de la République lui-même (c’est parfois difficile à croire, mais l’homme qui fait des reality-shows télévisés en quasi-direct avec une adolescente de 15 ans serait bel et bien président de la République française) s’est montré relativement modeste sur le sujet. Et pour une fois, il n’a pas tort.

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Entretien de l'Avant-Garde Economique avec O.Berruyer et J.Sapir

L'Avant-Garde Economique (http://avantgardeeconomique.fr/) a réalisé cet entretien ce mois-ci. Jacques Sapir la présente également sur son blog.

Le chômage et les (faux) espoirs du gouvernement - par Jacques Sapir

Par Jacques Sapir, sur son blog

Commentaire de Pablito Waal : ô lecteur avide d'optimisme et de bonnes nouvelles, ne lis pas cet article.

 Graphique 1

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Sources: données de la DARES

(et ceci ne représente pas tous les chômeurs, malheureusement...)

Le chiffre de 6300 demandeurs d’emploi enregistré en juillet 2013 a été salué comme un « succès » par le gouvernement, qui voit (ou espère voir) là la confirmation d’une stabilisation du chômage. Mais, ce chiffre ne couvre que la catégorie « A ». Pour les catégories « B » et « C », l’augmentation a été de 45 900 demandeurs d’emplois. Que recouvrent donc les catégories de la DARES (ou Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques dépendant du Ministère du Travail, de l’Emploi, de la Formation Professionnelle et du Dialogue social), et quelle est donc la catégorie pertinente[1] ?

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De Clichy à Trappes, pour finir par la Lanterne - par Jacques Sapir

Par Jacques Sapir, sur son blog

Notre Président s’est donc rendu à Clichy-sous-bois d’où étaient parties les émeutes de 2005. Il eut été plus opportun de se rendre à Trappes, mais le courage politique n’est pas réellement le fort de François Hollande. Notre Président tient un discours optimiste, que ce soit sur la croissance ou sur l’emploi. Mais, son Ministre des Finances, Pierre Moscovici laisse entendre que le déficit budgétaire va déraper et atteindre autour de 4% cette année, tandis que les chiffres de croissance sont constamment révisés à la baisse : de +0,8% à -0,1% pour cette année, et de +1,2% à +0,6% pour 2014. Les chiffres ne sont pas le fort de François Hollande. Notre Président annonce la création de près de 100 000 emplois d’avenir d’ici à la fin de l’année 2013. Mais, sur le terrain, le dispositif ne se met en place qu’avec les plus extrêmes difficultés. La réalité n’est pas le fort de François Hollande. Et, à vrai dire, on ne sait pas où est le fort de notre Président (si ce n’est à Brégançon, mais c’est une autre histoire).

I.Vous avez dit amélioration ?

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Débat Sapir-Mélenchon sur l'euro chez Arrêt sur Images

Débat diffusé en direct le 6 Juillet 2013 chez Arrêt sur Images.

Commentaire de Pablito Waal : Commençons par la forme. Mélenchon refuse d'emblée la polémique économique sur l'étude de J.Sapir sur les avantages d'une sortie de l'euro, se réfugiant dans la position du politicien non-expert. Ce qui, comme avec l'épisode assez lamentable des graphiques de François Lenglet en 2012 (1), montre que Mélenchon, même s'il prétend s'entourer d'économistes (comme Jacques Généreux...passé d'économiste à politicien depuis longtemps), n'a pas pu se donner la culture économique suffisante à ce type de polémique, ni être informé par son entourage des études qui pourraient confirmer ou infirmer celle de Sapir. Que Mélenchon ne puisse aborder le débat technique avec Sapir est une chose, qu'il ne puisse demander au professeur de l'EHESS son avis sur des études contradictoires en est une autre.  (voire le reste dans la suite de l'article).

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La sortie manquée de l'euro - par Pablito Waal

Par Pablito Waal

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En 2011, c’était apparemment inévitable. Une question de mois, de jours, d’heures. Une ambiance de fin du monde aurait régné à la Banque Centrale Européenne. La faillite de la Grèce, son extension à l’Espagne, le Portugal, l’Italie… Bref, de gros morceaux à venir, et qui allaient fait tomber tout le navire européen. Pendant ce temps, on pouvait craindre que les pays d’Europe du Nord finissent par vouloir également quitter l’eurozone. En effet, après la France et surtout l’Allemagne, ce sont surtout les petits pays d’Europe du Nord et du Benelux qui tendraient à payer pour les déficits des états méditerranéens.

Parmi les prophètes de la chute imminente, on a eu des gens respectables, comme l’économiste Jacques Sapir et le président de l’UPR François Asselineau. BFM avait même fait un canular en janvier 2012 annonçant une sortie surprise de la France hors de la zone euro. En général, on fait un canular pour tester les réactions. Et là, la question de la sortie de l’euro était dans l’air du temps. Après tout, début 2011, le président de la République d’alors (rappelez-vous, il s’appelait Sarkozy) présentait des vœux où il s’alarmait contre ceux qui voulaient sortir de l’euro. Mais en faisant cela, il avait surtout donné du crédit à cette option.

Et par ses actions, notre ancien président et ses petits camarades européens avaient bien entretenu le suspense.

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Florange : la trahison du “socialisme” compassionnel - par Jacques Sapir

Par Jacques Sapir, sur son blog
http://russeurope.hypotheses.org/

La « solution » dont les négociations entre le gouvernement français et Mittal ont accouché est probablement l’une des plus mauvaises qui soient. Elle revient à faire confiance au groupe Mittal pour investir sur une période de 5 ans 180 millions d’Euros, alors que ce groupe n’a pas exactement bonne réputation sur ce point. Par ailleurs, Mittal s’engage à reclasser les salariés de la « partie chaude » du site de Florange et à développer la « partie froide » ainsi que ses installations de Dunkerque. De fait, le gouvernement français a très peu obtenu de Mittal, qui va pouvoir continuer de se désengager de son activité de production d’acier pour se désendetter et continuer de se tourner soit vers l’amont (les mines) soit vers l’aval (l’utilisation des métaux). Les salariés de Florange restent les otages de Mittal, otages qu’il pourra sacrifier d’ici trois à quatre ans si sa logique, essentiellement financière, le conduit à une telle décision. En fait, le gouvernement n’a obtenu, au moindre coût pour lui, qu’une solution temporaire. Et de cela J. -M. Ayrault, Premier ministre, crie victoire ! C’est l’expédient élevé à la hauteur d’une stratégie. 

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