socialisme

A propos du "national-socialisme", par Jacques Sapir

Par Jacques Sapir, sur son blog

Commentaire de Pablito Waal : il s'agit d'une suite au débat entre J.Sapir et A.Bernier. L'économiste aborde ici la question du "national-socialisme", terme indéfectiblement lié au régime hitlérien sur le plan langagier, alors que ce régime n'était en fait ni socialiste, ni même vraiment nationaliste (puisque raisonnant au niveau de la "race"). Je suis très en phase avec cette analyse du Troisième Reich, et cela me conforte dans l'idée que traiter un patriote de gauche de "national-socialiste" ne peut pas être considéré comme un "constat", mais seulement comme une injure, qui ne déshonore au fond que ses auteurs.

Dans un billet publié sur ce carnet, Aurélien Bernier a répondu à certaines de mes critiques, et en a accepté d’autres, donnant ainsi un exemple rare d’ouverture au débat. Je voudrais ici le poursuivre sur un point qui me semble essentiel. Ce n’est pas l’analyse discordante (ou peut-être complémentaire) que nous faisons du tournant « européiste » du PCF. Je pense que, si désaccord il y a, il doit plus à une différence de perspective qu’à des problèmes de fond. Aurélien Bernier est venu à la politique au tout début des années 1990, je suis pour ma part venu à la politique en 1968. Ces différences de dates expliquent pour une bonne part la différence des sensibilités. Ce n’est pas, non plus, sur le poids qu’a pu exercer sur l’extrême-gauche l’idéologie de Lutte Ouvrière. J’ai, personnellement, tendance à penser qu’elle fut plus limitée que ce qu’il affirme, mais ceci est un point que de futurs historiens trancheront (s’il a eu l’importance qu’Aurélien Bernier lui accorde…).

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Interview de Pablito Waal sur Spirale Zone

Par Spirale Zone, sur leur site

Spirale Zone est un site qui se propose de faire l'actualité du temps long. En guise de cadeau de Noël, voici l'interview de votre serviteur, avec une sorte de bilan de l'ARSIN.

Spirale Zone: Pouvez-vous présenter et décrire votre parcours?

Commençons court. Je suis un ancien militant du PCF, de 2005 à 2011, puis j’ai fait un tour du côté de l’UPR en 2011-2012, et ai créé le site de l’ARSIN en 2011.

Pour faire plus long : j’ai quitté le Parti pour plusieurs raisons. La première est que l’importance du combat souverainiste prenait de plus en de place chez moi, tandis que le programme du Front de Gauche en matière d’économie et de société ne me paraissait plus – en fait plus depuis longtemps – souhaitable. La seconde étant que je ne croyais plus à un redressement interne du PCF. Non pas parce que c’est impossible, mais...

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9 américains sur 10 se trompent sur un fait étonnant...

Pour ceux qui ne comprennent absolument pas l'anglais : une expérience a été menée sur un panel d'américains par un chercheur de Harvard, pour demander aux sondés quelle était, selon eux, la répartition réelle des richesses (il doit s'agir du patrimoine ici, non des revenus) aux USA, et quelle serait la distribution idéale toujours dans leur opinion. Les interrogés ont donné une vision plus égalitaire de l'idéal que de la réalité supposée... Le plus surprenant étant que la réalité (la vraie, pourrait-on dire) est encore bien plus inégalitaire que leur supposition, et donc encore plus loin de l'idéal. Il faut toujours être prudent sur les chiffres des inégalités aux USA, qui sont aprement débattus. Mais dans cette vidéo, même si la différence entre la réalité et ce que les américains pensent qu'elle est était réduite de moitié, cela resterait énorme.

Chavez, le spectre qui hantera le monde pour longtemps - 4) une marque dans l'Histoire

Par Pablito Waal

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L’héritage international : un populiste parmi d’autres ?

Descartes  arrête son jugement sur Chavez au fait que celui-ci a été un dirigeant ni saint ni diable, au bilan économique peu glorieux et surtout précaire à défaut d’être la catastrophe tant annoncée par ses détracteurs. Il lui reproche aussi d’avoir infantilisé la vie politique vénézuélienne en perpétuant la tradition du « caudillo » distribuant ses largesses à une partie du peuple qui lui doit alors une fidélité personnelle, et non une fidélité à sa cause militante et encore moins à un état de droit. Faisons un bref passage sur la notion de « caudillo » qui, dans le monde hispanophone, désigne un chef s’appuyant sur un soutien populaire, affectif ou rationnel, mais pas nécessairement un dictateur. Le fait que Franco ait réclamé ce titre fait que, pour nous autres européens et francophones, l’emploi du terme « caudillo » est souvent perçu comme synonyme de dictateur, et cette perversité de langage a été utilisée par les adversaires de Chavez. Fin de la parenthèse linguistique, mais pas si parenthèse que cela : si Descartes emploie le terme « caudillo » pour notre personnage, ce n’est pas pour appuyer l’accusation de dictature contre Chavez.

Dictature est le terme qui conviendrait mieux pour désigner un certain nombre d’alliés peu fréquentables du Comandante, qu’ils résident à Damas, Téhéran, Tripoli (jadis) ou Minsk. Les alliances du Vénézuela, qui n’ont pas abouti à grand-chose de concret (l’Iran n’a pas installé de missiles dans la mer des Caraïbes, comme Krouchtchev l’avait tenté en son temps), comme l’ALBA au passage, ont sans doute reposé sur une vision à court terme des besoins d’appuis du pays. Les vénézuéliens ont plus besoin de solidarité avec leurs grands voisins latinoaméricains qu’avec des régimes moyen-orientaux avec lesquels ils ne partagent qu’une radicalité antiaméricaine qui sera de toute façon temporaire…Sauf à imaginer que les chavistes soient indéfiniment au pouvoir à Caracas, ce qui serait contradictoire avec leur prétention à garantir la démocratie.

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Chavez, le spectre qui hantera le monde pour longtemps - 3) les échecs

Par Pablito Waal

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Chavez a-t-il construit le socialisme ?

Cette diminution de la production pétrolière publique a eu un effet paradoxal, celle d’atténuer la part du secteur public dans l’économie, malgré les nationalisations accomplies par le gouvernement. Que le nombre de salariés de la fonction publique ait augmenté, c’est une chose incontestable. Mais en laissant la part belle du gâteau pétrolier au privé étranger, la valeur ajoutée générée par le secteur étatique n’a pas progressé, et s’est même réduite dans le PIB si on croit Marc Saint-Upéry. Le Venezuela est restée une économie capitaliste, avec certes une fragilisation substantielle des droits de propriété et une insécurité monétaire accrue, mais toujours une économie capitaliste.

Que ce soit par des expropriations ou par la cession de terres improductives appartenant à l’Etat, la réforme agraire n’a concerné qu’une minorité de la surface agricole vénézuélienne, pourtant traditionnellement concentrée entre les mains d’une minorité de propriétaires. Elle a abouti à des résultats très incertains en matière de production, les chiffres gouvernementaux faisant état d’une nette croissance de la production céréalière, tandis que les associations privées de producteurs parlent d’un net déclin, principalement ces dernières années.

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Florange et la démondialisation - par Jacques Sapir

J. Sapir -  La démondialisation - Points Seuil, août 2012Florange: la trahison…BIS - par Jacques Sapir
Par Jacques Sapir, sur son blog
http://russeurope.hypotheses.org/
Ainsi, c’était donc ça. L’accord avec MITTAL, sur lequel on pouvait déjà avoir des doutes importants compte tenu de la « réputation » de la société à ne pas tenir ses promesses, se révèle n’être qu’un plan social camouflé. On annonce déjà plusieurs centaines de départs en préretraite. Les investissements promis ne sont que ce qui était prévu avant la négociation, essentiellement pour le partie « froide » du site. Les travailleurs ont été roulés dans la farine par le Premier ministre et le Président. À vrai dire, on s’y attendait. Mais, pas que le vernis craque aussi vite, en moins de 72h. Le problème, en l’occurrence, est que ceci était d’emblée dans la tête de J-M Ayrault, qui semble avoir été plus intéressé à sauver des emplois dans sa région que par le sort des ouvriers de Florange. Tel est le « secret » d’un accord qui n’en est pas un et qui constitue une capitulation en rase campagne de la part du gouvernement. 

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La bouffonnerie historique de Jean Robin (II) - par Pablito Waal

Par Pablito Waal, en tribune libre

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Suite des extraits de la thèse de Robert Frankenstein de 1980 :

"La pauvreté des équipements et des investissements

La première de ces entraves est l’inadaptation des outillages et des installations. Les équipements des usines Schneider sont affectés d’un coefficient de 80% de vétusté par la commission paritaire d’évaluation au moment de la nationalisation, et les machines ont très fréquemment trente ans d’âge. Daladier est « stupéfait » pendant ses visites d’usine d’armement de « constater que, très souvent, le travail à la lime avait une importance plus considérable que le travail des machines.

En 1936, la firme Dewoitine ne dispose que de 7 tours, 3 fraiseuses et 2 étaux-limeurs. D’une façon générale, chez les « avionneurs », les pièces chaudronnées ne sont pas fabriquées à la machine, mais découpées à la cisaille et formées au marteau sur des formes en bois. C’est dire le caractère artisanal de l’industrie aéronautique française à la veille de la nationalisation. Composée d’une quarantaine d’entreprise qui se disputent par l’intrigue les faveurs de l’Etat, elle n’a pas suivi, contrairement à l’industrie automobile, la révolution de la machine-outil : là où il fallait 900 heures de travail pour fabriquer une carrosserie en 1920, il n’en faut plus que 95 en 1937 : il n’y a aucun progrès équivalent de la productivité avant 1938 dans l’industrie de l’aviation. »

Qu’est-ce qui a provoqué la défaite française en mai-juin 1940 ?

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La bouffonnerie historique de Jean Robin (I) - par Pablito Waal

Par Pablito Waal, en tribune libre

http://www.1940lafrancecontinue.org/img/tome1_small.jpg

Il y aurait beaucoup de choses à dire sur le « journaliste » - éditeur Jean Robin.

On pourrait commencer par « c’est l’histoire d’un mec » qui prétend lutter contre la censure et pour la liberté d’expression, pour diffuser les livres « refusés pour de mauvaises raisons », pour affirmer qu’il n’y a pas de débat qui devrait être tabou. Bref, rien que de très louable. A tel point qu’on s’étonne qu’il travaille (presque) seul, et qu’il n’y ait pas d’autre plumitif du Net qui ait trouvé pertinent de coopérer sur le long terme avec lui (Robin s’illustrant plutôt par sa faculté à se brouiller rapidement avec ses collaborateurs, qu’ils s’appellent Bercoff, Petit, Lings…bah, tant qu’il reste Cassen, Tasin et Freysinger…). Le principal problème, c’est qu’il ne semble pas très bien maîtriser le concept de « censure » (1), ce qui est fâcheux quand on veut la combattre. Ainsi se dit-il censuré dès qu’un média, comme le Cercle des Volontaires, se désintéresse de lui.

C’est aussi l’histoire d’un mec plein de bonnes idées, telles que de lancer une application pour « Observer la loi » (2), ou assumer pleinement d’être un commensal d’Alain Soral (pour lequel l’auteur de ces lignes n’a aucune empathie) pour des raisons d’audience.

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Au secours, ils reviennent ("les socialistes") ! - par Joe Liqueur

Par Joe Liqueur, sur son blog

http://communisme-liberal.blogspot.fr

Coommentaire de Pablito Waal : contrairement à Joe Liqueur, je ne pense pas que le but ultime de nos gouvernants soit la réduction générale de la sphère publique, mais plutôt son passage d'un rôle "producteur" (laissé au privé, les hautes sphères du privé étant consanguines avec celles de l'Etat...) à un rôle "d'assistance" (redistribution sociale, réglementation...).


Intéressante réflexion de Jacques Nikonoff, dans ce discours prononcé dans le cadre du Forum démocratique du 8 octobre dernier. Le porte-parole du M'PEP se demande (à 11') si le (trop) fameux TSCG est vraiment fait pour être appliqué… [1] Ce qui rejoint du reste les affirmations de François Asselineau, président de l’UPR, selon lesquelles nombre de députés ayant voté le texte sont tout à fait convaincus que celui-ci n’est pas applicable et ne sera pas appliqué (vidéo ci-dessous). A mettre en lien peut-être avec un article publié dans le Canard de la semaine dernière (jeudi 11/10/2012). On y explique en gros que les instances européennes n’ont pas du tout les moyens, et ne se les donnent pas, de contrôler effectivement les comptes des Etats membres.

 

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A quoi joue Frédéric Lordon ? - par Joe Liqueur

Par Joe Liqueur, sur son blog

http://communisme-liberal.blogspot.fr/

Tout le monde ne peut pas aimer… Je vois beaucoup de commentateurs s’extasier devant le style peudo-littéraire de Frédéric Lordon, eh bien moi, je trouve ça plutôt indigeste. Lourd. Mais bon. Au moins, l’inventeur du SLAM (Shareholder Limited Authorized Margin) a-t-il le mérite d’être un peu original, et créatif, dans son style comme dans ses propositions foisonnantes. Sous ces deux deux rapports, ça change un peu de la manière plus austère de Jacques Sapir. Mais question créativité programmatique, il arrive que le citoyen Lordon aille un peu loin, ou pas assez loin, ou les deux à la fois, c'est un peu ce que l'on va voir ici - en tout cas c'est ce que j'ai vu… Quand il écrit dans le Diplo, le truculent économiste underground fait tout de même un effort de clarté (qui peut-être lui coûte ?). Le problème, c’est que Paul Krugman est vachement plus drôle, et décidément plus léger (du point de vue du style, s’entend).

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La nouvelle Constitution en Bolivie : du jacobinisme aux antipodes des jacobins ? - par l'Association pour une Constituante

Par Jorge Hernandez, sur le site de l'Association pour une Constituante

http://pouruneconstituante.fr

Dans l’article ci-dessous, le sociologue Jorge Hernandez analyse la nouvelle constitution bolivienne, issue elle-même des travaux d’une Assemblée constituante. Ce texte participe donc de nos débats sur ce type de processus.

***

Le processus constituant qui a donné lieu à l’actuelle Constitution politique de l’État plurinational de Bolivie -entrée en vigueur en janvier il y a deux ans- est une référence dans la synergie latino-américaine actuelle. Synergie, entre, d’une part, un développement économique anti-crise néolibéral, précédé souvent de l’approfondissement de la démocratie par des processus Constituants et, d’autre part, l’intégration tous azimuts dans l’ensemble régional des États nationaux. Il se caractérise ainsi comme un nouveaux centre de gravitation dans la géopolitique du monde multipolaire émergent.

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