"Energies renouvelables", triomphe de la bêtise - par Joe Liqueur

  • Par arsin
  • Le 03/08/2012
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Par Joe Liqueur, sur son blog

http://communisme-liberal.blogspot.fr

Le USS Enterprise, premier porte-avions nucléaire de l'histoire.
Ses 85 000 tonnes sont propulsées par 8 réacteurs à eau pressurisée.
 
Le saviez-vous ? L’énergie est partout sur Terre, elle est partout dans l’univers ; elle est dans la matière, elle est dans la masse :

E=mc2

E pour énergie, m pour masse et c pour la vitesse de la lumière. Ce qui signifie que dans 1 kg de matière, il y a exactement 9 x 1016 joules, soit 25 000 GWh, ou 25 milliards de kilowatts-heures. C’est deux ans de production d’un réacteur à eau
pressurisée standard (puissance 1 400 MW). Non seulement il y a de l’énergie dans tout l’univers, mais l’univers est énergie ; la masse est énergie, la matière est énergie. Donc l’idée selon laquelle il faudrait absolument exploiter des énergies « renouvelables » est tout simplement grotesque. On assiste véritablement à un triomphe de la bêtise. Ou peut-être pire : à un retour de l’archaïsme le plus mortifiant qui soit pour l’homme. Mortifiant, et certainement mortel. C’est inquiétant.

Un réacteur nucléaire, c’est comme si vous aviez une éolienne géante avec un bouton où il suffirait d’appuyer pour que le vent souffle à 40 km/h, 24h/24, 365 j/365 - et juste à l’endroit où est installée cette éolienne, histoire de ne pas gêner les touristes alentour. Capter un flux d’énergie naturel dont les caractéristiques sont données, ou créer un flux d’énergie dont on fixe à la demande les caractéristiques, cela n’a décidément rien à voir. Rappelons que dans le premier cas, le flux d’énergie naturel provient lui-même de la fusion nucléaire dans le Soleil (pour les centrales éoliennes, solaires ou hydroélectriques), ou parfois de la force de gravitation (pour les centrales marémotrices).

Plus nous maîtrisons l’énergie, plus nous maîtrisons notre destin. Y compris du point de vue de notre besoin le plus fondamental qui est l’alimentation. En effet, qu’est-ce qu’on mange ? On mange du vivant (animaux et végétaux), essentiellement. Or il faut rappeler que le vivant est justement un dispositif de captation de l’énergie ; si l’on maîtrise l’énergie, on maîtrise le vivant. C’est un peu ce que nous rappelait Yann dans cet excellent billet, allant jusqu’à oser des perspectives culinaires que l’on peut goûter ou non…

Allons plus loin : l’idée même de faire par principe des zéconomies-d’énergie® est parfaitement aberrante – hors mesures conjoncturelles et transitoires s’entend. L’objectif à poursuivre consiste bien plutôt à produire autant d’énergie qu’il faut pour que l’on puisse en consommer à volonté. Ainsi, à moyen terme et dans une perspective socialiste, l’énergie est par excellence un bien public devant être disponible gratuitement.

Ensuite, le problème est bien sûr de savoir quoi en faire, de cette énergie. Selon l’excellente formule de François Asselineau, le président de l’Union Populaire Républicaine (qui est je le crains bien moins progressiste que moi), c’est là une question téléologique [1]. Pour moi, la réponse est la suivante : l’homme utilisera cette énergie pour se déplacer, sur Terre mais aussi au-delà, toujours plus loin, toujours plus vite, et dans des conditions de sécurité toujours meilleures. L’énergie permet à l’homme de maîtriser toujours davantage l’espace et le temps.

Deux grands axes de recherche et de développement : l’énergie, et le spatial

Depuis qu’ils ont renoncé à la conquête spatiale et réduit nettement leurs efforts dans le domaine de la recherche nucléaire, les pays les plus riches, dont la France, errent sans but. Et faute de but à atteindre, faute de grand projet collectif, les sociétés de ces pays se délitent. Nous avons absolument besoin d’un grand projet collectif, et donc d’une planification économique au service dudit projet. Et de mon point de vue, ce grand projet doit comporter deux volets complémentaires : d’une part l’énergie, avec les réacteurs à fission de quatrième génération et la maîtrise de la fusion nucléaire [2], d’autre part la conquête spatiale, avec, pour commencer, la mise au point d’un vaisseau spatial autonome [3]. Le nucléaire, parce que c’est de toute évidence la voie à suivre pour disposer de flux d’énergie très denses, et la conquête spatiale, parce qu’à l’avenir la création de richesse passera par là, pour tous les pays de la Terre, et qu’on a donc tout intérêt à y être les premiers, ou parmi les premiers. On peut espérer que la quête des richesses spatiales ne donnera pas lieu à des conflits militaires comme cela est encore le cas, hélas, sur Terre - voir comment le gouvernement des Etats-Unis ne cesse de lancer des hordes d’obscurantistes stipendiés à l’assaut des pays « trop » souverains dans le monde arabe [4]. Ce qui est sûr, c’est que les premiers arrivés seront les premiers à se servir. Les pays pauvres de demain seront ceux qui n’auront pas suffisamment investi dans le spatial.


LE DEBAT,Objectif Mars? par publicsenat


Un pays où l’Etat dépense 50 milliards pour payer les intérêts de sa dette publique, et 2 milliards pour la politique spatiale, ça ne peut pas marcher. C’est pourtant le cas de la France… Sur le site du Cercle des Volontaires [5], où cette vidéo a été reprise, un commentateur fait très justement remarquer que les honorables intervenants disaient peu ou prou la même chose que Jacques Cheminade, ce candidat bien malheureux aux dernières présidentielles – vous noterez que le général Tognini évoque même les perspectives ouvertes par l’exploitation de l’hélium-3 lunaire (pour la fusion nucléaire, a priori), ou encore la propulsion nucléaire à fission (ou à plus long terme à fusion) avec les moteurs de type VASIMR [6]. Au cours de l’émission est également évoquée la nécessité de pouvoir dévier des astéroïdes menaçant la Terre [7]. Mais fort heureusement, tous ces propos ne soulèvent pas ici ces torrents de sarcasmes auxquels avait droit le citoyen Cheminade pendant sa campagne… Le général Tognini souligne en outre que le programme spatial européen ne coûte pas plus d’un euro par mois et par habitant (à la louche : 4 milliards d’euros par an / 400 millions d’habitants). A comparer aux 17 milliards de dollars alloués à la NASA en 2011, ce qui représente un investissement par habitant environ quatre fois plus élévé (pour 313 millions d’habitants).


[1] A ma connaissance, François Asselineau est bien le seul homme politique à avoir su décrire avec une telle précision la nature de la question, et à montrer ainsi qu’il en avait parfaitement saisi la portée considérable. Le souci constant de la précision est assurément l’un des grands mérites de ce citoyen, et une marque du respect qu’il a pour ses concitoyens (respect illustré aussi par une proposition de référendum sur la politique énergétique de la France…).

[2] Et en attendant, pour l’approvisionnement de nos réacteurs à fission, il est important de lancer dès aujourd’hui les recherches nécessaires pour que l’on soit bientôt capable d’extraire l’uranium de l’eau de mer. Un approvisionnement souverain en matières premières étant une condition essentielle de l’indépendance.

[3] Par « véhicule spatial autonome », j’entends un appareil embarquant des hommes et capable de décoller de n’importe quel point de la surface de la Terre, d’alunir, de décoller puis d’atterrir à nouveau sur n’importe quel point de la surface terrestre. Il me semble en effet qu’atteindre une telle souplesse d’utilisation constitue un enjeu crucial. Envoyer des hommes sur la Lune avec les méthodes utilisées dans les années soixante n’a que peu d’intérêt. Cela a déjà été fait… Un objectif encore plus ambitieux serait de concevoir un véhicule capable de rallier aussi bien la planète Mars. Là encore, une mission « conventionnelle » aurait moins d’intérêt. Mais de toute façon, il faudra d’abord s’assurer que les voyageurs soient correctement protégés des radiations cosmiques.

[4] Quand il n’envoie pas carrément ses forces armées et ses milices privées. A ce propos, je ne peux que regretter que François Asselineau (encore lui) cite de temps à autre le Réseau Voltaire, nébuleuse intellectuelle que je trouve décidément peu recommandable - souvenez-vous de cet article totalement hallucinant de Thierry Meyssan, dans lequel le grand gourou nous expliquait que le citoyen Sarkozy était un agent de la CIA parce que le demi-frère de la belle-sœur du cousin de sa petite nièce avait bu une bière avec Kissinger (voir ce billet pour un résumé plus fidèle de cette prose peu banale). D’un autre côté, comme le suggérait assez bien cet article publié par le Cercle des Volontaires (encore eux), le sort fait à la Syrie, et le traitement qui en est fait dans les « grands » médias, ne peut que soulever l’indignation. Pour ceux qui n’auraient pas encore compris, je le répète, si le PCL propose une forte augmentation du budget de la Défense, c’est bien parce que certains ne comprennent que la force. Et parce que le budget militaire des Etats-Unis représente pas loin de la moitié du budget militaire mondial. Si vous pensez que les interventions des forces armées américaines contribuent à la paix dans le monde (et au progrès de la démocratie…), alors continuez de dire que l’armée française nous-coûte-trop-cher. Si vous pensez qu’on peut laisser les clés à Obama (ou à Romney), alors militez pour qu’on dépouille nos militaires.

[5] Site que j’ai récemment découvert, et qui semble intéressant. J’ai cependant lu ici un texte qui m’a fortement déplu… Du coup, dans un mouvement d’humeur, j’ai supprimé le lien de la liste « Actualités générales » ci-contre. Au-delà du mouvement d’humeur, je vois là une divergence trop radicale avec les valeurs clairement libertaires défendues par le PCL. Que cela ne vous dissuade pas toutefois d’aller jeter un œil !

[6] Variable specific impulse magnetoplasma rocket, propulseur à plasma, sans doute le concept le plus prometteur aujourd’hui, qui réduirait le temps de trajet vers Mars à 40 jours au lieu de 180.

[7] Un problème que Jacques Attali a eu le mérite d’évoquer à plusieurs reprises dans son livre intitulé Demain, qui gouvernera le monde ? (Fayard, 2012)

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