Ex-PCF, je ne voterai pas Mélenchon - par Pablito Waal

  • Par arsin
  • Le 11/04/2012
  • Commentaires (1)

Par Pablito Waal

 

Le bobotariat Nappéen (Neuilly-Auteuil-Passy), nouvelle classe d'avant-garde : tchin-tchin camarades !

14/04/2012 : en fait, cette vidéo est un canular. Mais sa charge symbolique n'en est pas moins forte, ce qui explique sans doute en partie son succès.

Présentation personnelle

 

Je fais partie de cette petite bourgeoisie chez laquelle il est, ces jours-ci, du plus grand chic d’annoncer que son suffrage du 22 Avril ira au candidat du Front de Gauche. Je ne suis pas de ces entrepreneurs qui trouvent toutes les raisons qu’ils peuvent de promouvoir le sénateur de l’Essonne, que ce soit parce qu’il défend « la démocratie dans l’entreprise », parce qu’il va « relancer la consommation », ou qu’il répond à la dureté du monde de l’entreprise. Non, je ne suis qu’un petit cadre, un de ces jeunes diplômés qui, comme tant d’autres, pourrait s’estimer « déclassé ». Il y a quelques années, mes congénères se piquaient de voter Besancenot, le postier diplômé en Histoire.

Mais un autre facteur devrait me pousser, en 2012, à opter pour Jean-Luc Mélenchon pour le premier tour (pas le second, restons réalistes) de la présidentielle : j’ai été membre, de 2005 à 2011, du PCF. Notez le « j’ai été ». J’avais en effet choisi, après avoir subi comme d’autres la tentation trotskyste, de rejoindre une structure militante qui gardait de beaux restes. Tout en précisant que je n’aurais jamais pu prendre cette carte avant 1991, quand bien même j’aurais eu l’âge. J’ai rejoint le Parti Communiste à une époque où il n’était plus associé à aucune dictature (même les liens avec Cuba étaient fort distendus, et ceux avec la Corée du Nord nuls à ma connaissance). Et avec la conviction que l’état de faiblesse du Parti me permettrait d’apporter ma pierre à son redressement, surtout en termes d’idées.

 

Au bout de cinq ans, dont moins de trois de militantisme réel, l’écart entre mes idées et celles du Parti m’apparut dans toute son évidence. Pas difficile, ceci dit : en dehors de quelques débats de société qui l’animent encore comme les ruades d’un corps décapité, on peut dire que le PCF n’est jamais réellement sorti de son coma intellectuel entamé avec la fin de l’URSS puis la mutation hue-iste. Et surtout, rien ne semble plus difficile que de remettre en marche le cortex du mourant, tant son logiciel démocratique est défaillant.

 

Voilà ce qu’est la démocratie au sein du PCF : des avantages très nets de temps de parole sont donnés à la direction sortante lors des votes internes ; les congrès sont filtrés, de sorte à ce qu’une majorité de 60% dans les urnes se transforme en plus de 80% dans les congrès ; les sections « dissidentes » se voient doublées de sections parallèles ; des camarades sont exclus de fait, par non-convocation ; des bulletins sont annulés sous les prétextes les plus fallacieux. C’est bien du fonctionnement interne du PCF des années 2000-2010 dont je vous parle, pas de celui des années 1950.

 

Aussi, quand j’entends l’actuel candidat du Parti, l’Alien (un corps plus petit qui entre en vous, prend votre contrôle et vous tue au final) du PG vanter la démocratie renouvelée qui attendrait la France avec sa 6ème République, ça me fait le même effet que si l’on confiait à Marine Le Pen la responsabilité d’une commission antiraciste. Et encore, Fillapôpa pourrait sans doute assumer cette tâche ; le plus dur pour elle serait d’acquérir des compétences en économie.

 

Pourquoi il progresse

 

Et pourtant, elle monte, la bête qui gronde, qui gronde. Ne le voilà-t-il pas ressuscité, le Parti ? Ne devrais-je pas me réjouir ? Et bien non. Car ce qui remue, c’est non pas une structure qui a su comprendre son histoire et repenser un projet, mais un corps qui est retombé dans la facilité de ses travers les plus anciens, le manichéisme et la simplicité d’analyse. En témoigne l’évolution des slogans. En 2007, c’est quasiment une réclame digne d’Auchan ou Carrefour que porte, telle sa croix, la suppliciée Buffet : « Vivre mieux, on y a droit » … et les prix bas et la merguez en promo au rayon charcuterie aussi. Derrière ce slogan, le PCF réclamait sans doute le droit de vivre encore tout court, ce dont le score de la candidate ne gageait en rien.

 

Le prophète de l’Essonne a remplacé ces pleurnicheries parce qu’il maîtrise le mieux : le culot. « Prenez le pouvoir » est effectivement un bon slogan, qui s’appuie totalement sur l’illusion qu’un individu lambda, en faisant confiance à un parti politique, peut détenir une partie du pouvoir politique réel. Illusion totale, mais l’art politique ne consiste pas à dire la vérité mais ce qui sera considéré comme tel par le plus grand nombre. Viennent ensuite des slogans encore plus culottés par leur connotation historique : « L’Humain d’abord »  et « Place au Peuple ». Comprendre : qui est contre nous est un ennemi de l’humanité  et un…ennemi du Peuple. Pour ceux qui se demandent à quel souvenir historique la notion d’ennemi du Peuple se rattache, je conseillerai de prendre une petite laine : il fait froid, en hiver, en Sibérie (1).

 

Je rassure mes lecteurs : il ne s’agira pas de se vautrer au niveau d’un vulgaire Collomb, et de comparer le Conducator de l’Essonne (oh, merde, je l’ai fait quand même) à Pol Pot ou Staline. C’est juste que je suis allergique au manichéisme politique. Non, pas besoin de comparaisons outrancières, Jean-Luc est déjà Mélenchon, c’est bien assez comme ça.


C’est pourtant un avantage sur certains points, d’être Jean-Luc Mélenchon. Car, objectivement, il est le meilleur tribun de toute la scène politique. Quarante ans de vie politique parlent d’un coup, et il impressionne. L’héritière Le Pen, dont la ligne Maginot « anti-système » avait tout prévu sauf la percée des Ard… mélenchonienne pardon, en a fait les frais. Hollande n’ose pas débattre avec lui. Les talents rhétoriques du candidat frondegôchiste impressionnent désormais les conseillers en communication, qui suggèrent aux chefs d’entreprise de s’en inspirer (à défaut de gagner les élections, Mélenchon aura donc réellement changé quelque chose au monde de l’entreprise ?). Incontestablement cultivé – lettré, disons -, l’ancien professeur manie la pédagogie, l’envolée, cultive l’attention du public en maîtrisant le rythme constat – indignation crescendo – explosion du refus – litanie de solutions toutes trouvées (sans tomber dans le slogan et le yakafokon digne d’un Besancenot), pendant que le public est aux anges.

 

Sur les plateaux de télévision, quand les journalistes et chroniqueurs ne sont pas énamourés (comme Natacha Polony, s’excusant presque de ne pas être mélenchonienne sur le plateau de Ruquier – où elle est censée incarner « la droite »), les parades sont trouvées. Un journaliste demande « mais comment finance-t-on ce programme ? » : du petit lait, la liste au père Noël des nouvelles recettes fiscales  n’a plus qu’à se déplier, et on passe à autre chose. Un François Lenglet tente, à son tour, de faire de la pédagogie à coup de graphiques pas très lisibles (comme le 12 Janvier, à Des Paroles et des actes) ? Mélenchon s’énerve, s’insurge qu’on ne lui ait pas transmis ces données avant l’émission. J’imagine qu’à l’époque où il était enseignant, Jean-Luc donnait les sujets à ses élèves la veille des examens…

 

Mélenchon progresse aussi, et largement, parce que personne ne l’attendait, ni n’avait prévu de le combattre. En tout cas pas ses deux adversaires objectifs : le PS et le FN. L’UMP, lui, sait pour l’instant très bien l’utiliser. Mélenchon progresse aussi grâce à la structure militante du PCF, qui tient encore debout, malgré sa régression numérique (en dépit des officiels 130.000 adhérents, le Parti n’avait, en 2006, que 100.000 cotisants inscrits sur ses listes électorales internes, 80.000 en 2008, 70.000 en 2011…). Sans ce soutien matériel, Mélenchon serait sans doute en concurrence non pas avec Le Pen, mais avec Dupont-Aignan. Mais sans tête, cette structure ne servirait à rien. Rappelons qu’aux européennes de 2009 et aux régionales de 2010, le Front de Gauche n’a eu que des résultats mitigés, à peine supérieurs à ceux du PCF quasiment seul en 2004…sauf aux européennes, dans la circonscription du Sud-Ouest, où un certain Jean-Luc obtint un bon score (et un siège d’eurodéputé en sus). Il y a fort à parier que dès que l’élection cessera d’être personnalisée, la vague du Front de Gauche entamera un reflux qui s'annonce violent. On souhaite également bien du plaisir aux nouveaux convertis des meetings pour savoir s’ils devront adhérer au PCF, au PG, à la Gauche Unitaire…car les structures militantes, elles, n’auront pas été changées en 4 mois de campagne. On peut s’attendre aussi à ce que le partage du butin soit sportif…

 

Un état des lieux (presque) inverse de la réalité

 

Parlons du fond, maintenant. Dans l’esprit d’un frondegôchiste, le monde est relativement simple. L’Etat social bâti depuis le Front Populaire, la Libération et 1981 est en voie d’extinction sous les coups d’une vague « libérale » à l’œuvre depuis les années 1980. Tout fout le camp : les entreprises publiques, les services publics (nécessairement publics), les fonctionnaires dont le nombre ne cesse de baisser, la Sécurité Sociale que l’on privatise, les impôts des plus riches que l’on baisse… bref, d’ici peu, la France ressemblera aux Iles Caïmans de par son niveau de dérégulation économique. Le modèle social français étant « envié-du-monde-entier » puisqu’il aurait atténué la crise (malgré une plus faible croissance du PIB et de l’emploi sur le long terme), il importe de le protéger. Il n’est certainement pas parfait, tout comme les administrations, il y a sans doute deux ou trois gaspillages publics par ci-par là, mais on en reparlera quand on les aura sauvés de l’hydre ultralibéral, ok ?

 

Quant à la dette publique, tout est simple : on a baissé les impôts des riches, alors que les dépenses publiques restaient bien sages, les pauvres, et donc on a créé de la dette et on s’oblige à leur payer des intérêts. Il va de soi que cette dette due aux baisses d’impôts des riches est « illégitime », peu importe qu’elle soit due aux décisions de gouvernements élus ; quand ce sont des gouvernements qui appliquent des politiques de droite, ce n’est pas la démocratie (la démocratie, c’est quand le Front de Gauche gagne). Voilà, en somme ce qu’explique le phare de la Pensée Clémentine Autain, avec le style qui pourrait donner à croire qu’elle prend son public pour un ramassis d’imbéciles attardés (2).


Clémentine, la bobote qui monte, qui monte

 

La réalité économique est pourtant quelque peu différente du tableau que le staff frondegôchiste brosse à chaque discours ou vidéo.

 

La France de 2012 est bien le pays le plus étatisé d’Europe, et même du monde développé. Même le phare des espérances sociales-démocrates, la Suède, est passé derrière nous au classement des Etats les plus dépensiers. Pour ceux qui haïssent les statistiques, disons que notre État verse dans ses diverses tâches plus de la moitié de ce que les français produisent. Et il en prélève un peu moins de la moitié. Ce qui signifie qu’il y a un trou entre dépenses et recettes, donc un déficit, et que celui-ci a méchamment grossi depuis 2009 (donc bien après que les « baisses d’impôts des riches » aient grevé les recettes). N’en déplaise aux « économistes de gauche », ce sont bien les dépenses publiques qui ont progressé – comme elles l’ont toujours fait depuis 40 ans au moins – bien plus que les recettes ne baissent. Les coupures d’impôts ont été comblées par d’autres recettes – car les recettes des administrations publiques ne se réduisent pas aux impôts et autres prélèvements obligatoires. Au final, les revenus de l’Etat ont assez peu baissé depuis 2008 – en fait, le peu de baisse qu’il y a eu est dû à l’effet de la récession de 2009 : moins de revenus, donc moins d’impôts. Les dépenses, loin de rester sages pendant ce temps-là, progressaient, notamment sous l’effet du plan de relance de 2009. (3)

 

Il ne s’agira pas ici d’entamer un argumentaire libéral sur « l’Etat partout ». L’Etat a bien reculé sur de nombreux domaines, ceux de la production, où les entreprises d’Etat ont vu leur monopole céder, puis la propriété de leur capital échapper en tout ou partie à l’Etat. Si, en France, nous avions une gauche un tant soit peu réaliste, plutôt que de parler d’un recul généralisé de l’Etat, il faudrait plutôt qu’elle analyse la mutation de l’Etat. Nous sommes passés d’un Etat stratège, capitaine d’industrie, à un Etat secouriste, dont la protection sociale est devenue, de loin, la principale mission. Gérant 30% du PIB, la Sécurité Sociale est plus puissante financièrement que jamais, et est très loin d’être privatisée. Le problème, c’est que ses budgets débordent de partout. N’ayant aucune idée pour réformer fondamentalement le système, l’Etat UMP élague là où l’idée lui vient : déremboursements de médicaments – largement surconsommés en France, oublie-t-on de dire -, report généralisé de l’âge de la retraite là où une distinction des professions devrait être envisagée. Mais ces coups de ciseaux ne sont pas grand-chose face à la poussée tendancielle du poids des charges publiques.

 

Mais loin de faire cette analyse, loin de proposer des réformes qui à la fois contiennent le poids de l’Etat sur l’économie, et répartissent justement et efficacement la dépense, les partis de gauche préfèrent réclamer, encore et encore, une société basée sur la dépense sociale, et moins sur la production, industrielle. Récemment encore, la secrétaire du PS nous promettait la société du « Care », une société faite de soins-soins et de beaucoup de taratatas.

 

Ce que veut vraiment le Front de Gauche : l’austérité, ou pas ?

 

Quoiqu’il en soit, cette société française est confrontée à une hémorragie béante dans le corps, tout de monnaie fait, de cette machine à redistribuer qu’est l’Etat. Cette saignée, c’est un flot de plus d’une centaine de milliards d’euros, notre déficit public. A peu près tous les pays d’Europe ont connue cette brèche au moment de la récession de 2009. Les anglais, espagnols, sans parler des grecs, sont allés plus loin que nous. Le déficit public de la France a légèrement baissé depuis 2010. Mais le problème est toujours là. Et vu que nos pays ont pris la fâcheuse habitude de combler leurs lacunes financières auprès des marchés financiers, pour éviter l’antique inflation (vraie préoccupation, au demeurant), les charges d’intérêts se sont invitées à la fête. Mais même sans aucun intérêt, nous serions quand en besoin de financement. Annuler la totalité de la dette ne serait donc pas encore suffisant pour tout régler.

 

Là où le Front de Gauche dit vrai, c’est quand il dit que les trois autres principales formations (PS, UMP, Modem – je ne compte pas le FN dont le programme est très flou) veulent régulariser la situation budgétaire par des arrangements assez modestes. L’UMP veut baisser les dépenses, Bayrou faire moitié-moitié entre économies et nouvelles recettes, le PS a prétendu augmenter les recettes un peu plus que les dépenses, et parvenir à l’équilibre sans bien préciser comment (4).

 

Le Front de Gauche, lui, apporte vraiment du neuf. Du lourd. Du très lourd.

 

Déjà sur la sémantique. Jean-Luc Mélenchon prétend être le seul candidat « anti-austérité ». Le gros problème, c’est que le grand lettré qu’il est semble tout bonnement ne pas connaître le sens de ce mot.

 

Qu’est-ce que l’austérité ? La baisse des dépenses publiques ? Non. L’austérité, c’est toute politique qui vise à réduire les déficits. Et ce aussi bien par plus d’entrées que par moins de sorties.

 

Donc, quand Jean-Luc nous apprend les additions avec sa longue liste de gains résultant de ses réformes fiscales à venir, et qu’il nous enseigne que cela ferait plus que les dépenses qui sont imputées à son programme (dépenses que le Front de Gauche n’a jamais chiffrées lui-même, en passant…), et donc que « le programme du Front de Gauche fera gagner de l’argent à l’Etat », que propose-t-il ?

 

Vous avez gagné : c’est un programme d’austérité. Mélenchon est donc bien, lui aussi, partisan de l’austérité. C’est juste qu’il n’a pas compris le mot.


Enfin, disons que c’est une hypothèse. Une hypothèse qui repose sur l’idée que son programme aurait bien la vertu de réduire le déficit des administrations publiques (et à plus de 100 milliards par an, y a du taf).

 

Mais que se passerait-il, si, en cherchant à chiffrer un peu plus profondément ledit programme, on s’apercevait que cela ne tenait pas ?

 

(à suivre)


NOTES :


(1)    Bon certes, Mélenchon n’est pas le seul à s’être dit « candidat du Peuple ». Mais pour l’actuel occupant de l’Elysée, le bilan est tellement parlant que la prétention « populaire » de l’ancien maire de Neuilly sombre dans le ridicule trop vite pour que l’on ait besoin de la commenter.

(2)    Personnellement, je pense qu’elle traite simplement son public à son propre niveau.

(3)    Pour ceux qui tolèrent les chiffres : le revenu national, ou PIB (Produit Intérieur Brut) était d'environ 2000 milliads (Mds) d'euros en 2011. Alors que les dépenses publiques étaient de 53% du PIB (le revenu national) en 2008, et les recettes publiques à 50% (3% de déficit), les dépenses se sont retrouvées à partir de l’année suivante à 56.5% du PIB et les recettes à 49% (déficit de 7%). Le tout selon Eurostat. Alors, le déficit, c’est la faute aux baisses d’impôts ? Ne vous inquiétez pas, Hollande aussi s’y est laissé prendre.

(4)    Selon l’Institut Montaigne, le chiffrage de 41 mesures du programme de Hollande fait apparaître plus de 36 Mds d’euros de recettes, et 18 Mds de nouvelles dépenses. Le déficit serait donc à court terme réduit de 18 Mds d’euros (1% du PIB), ce qui laisse de la marge par rapport aux 6% de déficit total des administrations publiques annoncé pour 2011…


austérité Union Allemagne euro France

Commentaires (1)

1. kiki 05/01/2014

moi j'la trouve jolie clémentine....

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