Hollande débarque... - par Descartes

  • Par arsin
  • Le 15/06/2014
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Par Descartes, sur son blog

Commentaire de Pablito Waal : tout n'est pas parfait dans cet article - pourtant fort utile. Descartes dit que les conscrits n'ont pas vraiment de culpabilité quand ils se battent pour une mauvaise cause; ils ont au moins la responsabilité de penser à déserter. De plus, le soutien (passif) des Américains à Hitler tant qu'il gagnait la guerre sur le front Est est une idée vraiment discutable : le prêt-bail accordé à l'URSS dès la fin de 1941 ne cadre pas vraiment avec cette supposition, et il n'aurait pas été dans l'intérêt de Washington d'avoir une Allemagne victorieuse et toute-puissante en Europe puis Eurasie, alors que les américains combattaient le Japon.

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« Les peuples qui oublient leur passé sont condamnés à le revivre », disait Ghandi. Ce que le sage hindou a omis c’est d’indiquer le sort des peuples qui, sous prétexte de maintenir vivante la mémoire, transforment leur histoire suivant les canons hollywoodiens jusqu’à en faire une présentation digne d’un film de Walt Disney. Voilà les réflexions qui m’ont assailli en regardant les reportages des cérémonies du 70ème anniversaire du débarquement anglo-américain sur les plages normandes.

Le débarquement de Normandie fait partie des épisodes de la IIème guerre mondiale les plus mythifiés. Du « jour le plus long » à « il faut sauver le soldat Bryan », Hollywood a prêté sa plume et sa caméra complaisante au mythe, ce même mythe qu’on retrouve dans la bouche de notre président. Celui du « bon » GI sacrifiant sa vie pour « libérer l’Europe », celui d’une bataille titanesque qui aurait « décidé du sort du continent », et ainsi de suite. Nous sommes supposés être éternellement reconnaissants à ces soldats qui sont venus nous libérer. Mais cette image d’Epinal occulte un certain nombre de vérités qu’il faut connaître si l’on veut comprendre la suite. Alors, on va essayer de rétablir ces vérités.

D’abord, sur les chiffres. Il y eut quelque 200.000 soldats, marins et autres personnels engagés dans le débarquement sur les plages normandes. Parmi eux, il y eut quelques 10.000 morts. A titre de comparaison, la bataille de Verdun à son apogée « consommait » 50.000 vies chaque jour, et la bataille de Stalingrad a englouti un demi million de soviétiques, plus du double de l’ensemble des morts américains sur le théâtre européen (180.000). Le débarquement n’est donc, à l’échelle des batailles de la première et de la deuxième guerre mondiale, qu’une bataille mineure. Il faut aussi rappeler que les GI’s qui ont débarqué sur les plages de Normandie n’étaient pas des volontaires engagés pour « libérer l’Europe », mais des conscrits tenus d’aller là où leur gouvernement les envoyait. Il y a donc dans la « reconnaissance » qu’on peut leur témoigner à titre individuel une certaine ambiguïté. Pourquoi devrions nous leur être « reconnaissants » aux soldats qui ont sauté sur nos plages, puisqu’ils n’avaient pas vraiment le choix ? S'il fallait être reconnaissant, c'est surtout envers le gouvernement américain, qui a décidé d’envoyer ses troupes, et non aux soldats qui sont allés là ou on les a envoyés. Cela n’exclut pas les gestes d’héroïsme personnels, gestes qu’on peut d’ailleurs trouver dans toutes les armées. Mais le soldat conscrit n’est pas un militant, il ne choisit pas sa cause et n’a donc aucun mérite personnel lorsqu’il se bat pour la bonne cause, pas plus qu’il n’est coupable lorsqu’il se bat pour la mauvaise.

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