Il faut rouvrir les mines en France - par Joe Liqueur

  • Par arsin
  • Le 15/04/2012
  • Commentaires (0)

Par Joe Liqueur, sur son blog

http://communisme-liberal.blogspot.fr

Une mine de charbon… en Australie. ©Reuters
Non, ce n’est pas une provocation. Rouvrir les mines françaises est simplement dans l’intérêt de la communauté à laquelle nous appartenons, moi comme nombre d’entre vous : la France. En bref, c’est dans l’intérêt national. Non seulement c’est dans notre intérêt, mais c’est une impérieuse nécessité.


Tout d’abord, il faut rappeler pourquoi les mines ont été fermées. Serait-ce parce que leur exploitation n’était pas rentable, ou moins rentable ? Non. Les mines ont été fermées parce que les mineurs votaient pour la propriété collective des moyens de production. Parce qu’ils étaient en mesure d’imposer une politique socialiste à la fois dans les urnes, via de puissants relais politiques (essentiellement le PCF), et sur le terrain (« dans les luttes ») via de puissants relais syndicaux… et par le moyen de la grève. Les mines ont été fermées parce que les mineurs voulaient nationaliser les banques, les assurances, et des pans entiers de l’industrie. Ce n’était rien d’autre, finalement, qu’un épisode essentiel de la croisade anticommuniste menée par un petit groupe de fanatiques (atlantistes).

Et maintenant, pourquoi est-il dans l’intérêt national de rouvrir les mines en France ? Eh bien ce n’est pas pour rien que les matières premières s’appellent les matières premières. Il faut savoir prendre un peu de recul par rapport à la notion de la valeur ajoutée. Si les matières premières sont premières, ce n’est pas en terme de valeur ajoutée, c’est dans l’ordre logique. Sans matières premières, on ne peut produire aucun bien ni aucun service - toute production de services nécessitant le recours à des biens matériels…

Ce que je défends ici, c’est une vision globale et logique de l’économie, libérée de toute tentation monétariste. Qu’est-ce que l’économie, comment ça marche, en quoi cela consiste-t-il au fond ?

1- Des travailleurs (les mineurs et les agriculteurs) extraient des matières premières ;

2- D’autres travailleurs (les ouvriers et les ingénieurs) transforment ces matières premières pour en faire des biens ;

3- D’autres travailleurs utilisent ces biens pour produire des services ;

4- D’autres travailleurs (les commerçants) échangent ces biens et services contre d’autres biens, ou contre de la monnaie permettant d’acheter d’autres biens et services, ce qui revient au même ;

5- D’autres « travailleurs », à la faveur d’un système totalement pervers, échangent de la monnaie contre de la monnaie, ce qui ne sert à rien d’autre qu’à les enrichir, eux et leurs commanditaires, par le moyen de ce qu’il faut bien appeler le pillage ; le vol. La spéculation, c’est le vol.

Moyennant quoi, il faudra bien admettre un jour que les « communicants » et autres professionnels du marketing et de la publicité n’ont pas non plus un rôle que l’on puisse qualifier de crucial (1). Moyennant quoi, il faudra bien comprendre qu’avant de commercer, il faut produire ; avant que l’on puisse échanger des biens et des services, il faut que des travailleurs aient produit ces biens et services ; et avant que des travailleurs puissent produire ces biens et services, il faut que d’autres travailleurs aient extrait des matières premières.

Tout cela étant posé, quid de la (trop) fameuse division internationale du travail ? Là encore, j’appelle solennellement au réalisme, au pragmatisme. En dehors de toute (éventuelle) considération patriotique, internationaliste ou mondialiste, il faut se poser la question : quelle institution peut organiser la production, quelle institution peut redistribuer les fruits de cette production en sorte d’assurer le minimum de sécurité sociale qui seul permet d’assurer la paix civile et donc la sécurité physique de tous ? Quelle institution a la légitimité d’une part, les outils (moyens d’action) d’autre part - ou peut recouvrer l’usage de ces outils…

Cette institution, dans le monde réel, dans le monde tel qu’il est, ce n’est pas l’Union européenne ; ce n’est pas l’ONU… ni la Trilatérale, ni le CFR, ni Bilderberg !! Ni la Maison Blanche. (2)

Cette institution, c’est la République française. Qui, comme je l’ai souvent rappelé, a au moins le mérite d’exister, de demeurer viable, efficiente, solide – imaginez : le calamiteux citoyen Sarkozy, dont les appétences (pour ne pas dire les appétits) et l’âge mental sont ceux d’un enfant de huit ans, a été le chef d’Etat de cette République française depuis cinq ans, et ladite République est toujours là. Elle est toujours debout, elle est toujours forte. Oui, citoyens, la France est toujours là ; la France est solide ; la France existe ! Elle a quelques bleus, à peine quelques égratignures. Le mandat Sarkozy ? Quelques égratignures. Le mandat Chirac ? Quelques égratignures. Le mandat Jospin ? Quelques égratignures. Les mandats Mitterrand ? Quelques égratignures. Et cela ne vous a toujours pas convaincu ?

« Vingt siècles d'histoire sont là pour attester qu'on a toujours raison d'avoir foi en la France. »

Charles de Gaulle

Oui, mais la France a besoin de matières premières… pour se perpétuer, c’est-à-dire pour que se perpétue la paix civile dont nous jouissons encore, avec certes des nuances selon les quartiers…

Quelles sont donc, ou quelles devraient être, les priorités du prochain gouvernement de la République française ?

1- Exploiter au maximum toutes les ressources minières sur le territoire national  (3) ;

2- Lancer un grand programme de recherche scientifique, jouissant d'une priorité absolue et de moyens illimités, afin de trouver des substituts au pétrole (par exemple l’hydrogène et les biocarburants de troisième génération produits avec des micro-algues) et à l’uranium (avec les réacteurs de quatrième génération, dont j’ai parlé ici).

Le tout étant piloté par un Commissariat au plan ressuscité, ou même par un nouveau Ministère du Plan.

Enfin, pour compléter mon propos, je vous suggère instamment la lecture des derniers billets du camarade Descartes, et surtout de celui-ci. Et aussi de cet excellentissime billet de Yann, auteur du blog Le bon dosage.

Et au passage, un petit mot à propos du discours de Jean-Luc Mélenchon sur la plage du Prado, à Marseille, prononcé aujourd'hui même. Je ne cache pas que j'ai beaucoup apprécié l'ouverture, avec cette remarquable défense et illustration du métissage. Dieu saurait, s'il existait, que je me méfie beaucoup du candidat du Front "de gauche", et que je lui reproche toujours et encore de ne pas défendre la sortie de l'Union européenne et de l'euro, et aussi de céder aux sirènes écolos, etc, j'en ai souvent parlé sur ce blog (4). Mais il faut quand même reconnaître que ce citoyen a de la classe. Tout comme d'ailleurs la citoyenne Joly, dont je partage encore moins les vues… Dans une semaine, je vous dirai ici même à quel candidat ira mon bulletin de vote, ou bien si je suis l'appel à l'abstention diffusé par mon parti, l'Union populaire républicaine. Je dois dire que cette dernière idée ne m'enthousiasme guère, quoique je comprenne très bien la position stratégique défendue à cet égard par la direction du parti. Du coup, je n'ai pas encore tranché :
-Abstention, suivant les consignes de l'UPR ?
-Vote Fd"G, suivant les consignes des excellents camarades du M'PEP, avec l'idée que plus Mélenchon sera haut, plus il sera contraint de mettre au clair ce salmigondis qui lui sert de programme ? (4)
-Vote DLR, en admettant que le programme de Nicolas Dupont-Aignan contient tout de même quelques éléments intéressants, et en faisant alors fi de cette phobie dont semble souffrir ce candidat vis-à-vis de l'immigration, ainsi que de ses lamentables atermoiements vis-à-vis de l'Union européenne - au fait, on ne "dénonce" pas un traité (c'est réservé aux traités bilatéraux…), on s'en retire ; bizarre quand même que Dupont-Aignan choisisse un terme qui n'est pas adéquat…
-Vote S&P, en faisant alors fi des comportements sectaires de ce parti, mais en admettant que le programme du citoyen Cheminade est à bien des égards celui qui est de très loin le plus en phase avec mes convictions… et je voterais alors aussi avec l'idée de battre froid tous ces "grands" journalistes qui ont traité ce "petit" candidat comme une sous-merde… (5)
Dernière chose : il est d'ores et déjà très clair que le PCL ne donnera aucune consigne de vote…

(1) Certes ils produisent des services ; mais le jour où vous devez vous faire poser une prothèse dentaire, le jour où vous souhaitez apprendre l’arabe, le jour où vous devez vous rendre à l’autre bout de la France ou du monde, vous n’allez pas voir un « communicant ». Ce que je veux dire ici, c’est que ces citoyens produisent des services dont l’importance est tout à fait MINEURE.

(2) Je suis en pleine lecture de Circus Politicus, le récent ouvrage de Christophe Deloire et Christophe Dubois, que le camarade Edgar a commenté ici ou ici. Livre assez distrayant, mais sans plus. En fait je crois que je serai bien plus sévère que l’excellent auteur du blog La lettre volée. Les deux Christophe me gonflent avec Bilderberg et la Trilatérale. Je crois qu’ils s’égarent complètement. Qu’est-ce qu’on en a à foutre de ces misérables réunions d’anticommunistes anonymes ?? Du reste, après avoir lu plus de la moitié du livre, je n’ai toujours pas lu le mot « anticommunisme ». Les auteurs sont-ils donc naïfs, ou ingénus ? Petite précision : je ne les accuserai certainement pas de « complotisme » ou de « conspirationnisme » ; d’une part j’ai toujours considéré que ces termes étaient vides de sens, d’autre part la prose de Deloire et Dubois n’a rien à voir avec cette sorte de dégueulis informe que produisent des gens comme Pierre Hillard. C’est plutôt une sorte de chronique sombre et assez ironique, mais franchement, je ne trouve pas que ça casse des barreaux de chaise.

(3) Dans un ouvrage assez déroutant intitulé Sans tricher, la citoyenne Eva Joly défend une renégociation des contrats souscrits par les pays pauvres sur l’exploitation de leurs matières premières – une politique qu’elle a d’ailleurs mise en pratique elle-même il y a quelque temps. L’idée peut sembler séduisante, mais il y a comme un léger problème : car c’est aux citoyens de ces pays d’exploiter EUX-MEMES leurs matières premières - comme le font les Norvégiens, non ?!
(4) J'avais préparé une critique point par point de son programme, hélas je n'aurai certainement pas le temps de terminer ce texte d'ici le 22 avril… Mais je mettrai peut-être en ligne une sorte de bêtisier qui en constituait l'introduction.
(5) J'ai été assez frappé d'entendre le citoyen Sarkozy affirmer récemment, dans le cadre d'une émission parfaitement grotesque par ailleurs, qu'il avait eu "beaucoup de plaisir à écouter M. Cheminade". Et je me risque à une hypothèse : dans sa grande naïveté infantile, notre président n'aurait-il pas finalement eu la fugace intuition que le citoyen Cheminade avait un peu raison, et qu'un jour ou l'autre il faudrait bien l'admettre ? Du reste, je note aussi que le citoyen Asselineau lui-même ne fait pas preuve d'une excessive cruauté dans cette vidéo (une intervention dans laquelle le président de l'UPR explique sa stratégie pour les années à venir) :
Ajouter un commentaire

Vous utilisez un logiciel de type AdBlock, qui bloque le service de captchas publicitaires utilisé sur ce site. Pour pouvoir envoyer votre message, désactivez Adblock.

RETOUR A L'ACCUEIL

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site