Juste en France - par Joe Liqueur

  • Par arsin
  • Le 05/08/2012
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Par Joe Liqueur, sur son blog

http://communisme-liberal.blogspot.fr

Il y a quelque temps, j’avais rédigé cette petite « lettre ouverte à ceux qui rêvent d’une Europe unie ». Je pense que le moment est venu de récidiver.

Alors, à vous qui rêvez (toujours) d’une Europe unie, je voudrais dire ceci.



Redressez-vous, l’heure est grave. Nous avons affaire, dans les instances dirigeantes de l’Union européenne, à des gens qui veulent vraiment maintenir le chômage de masse et/ou la précarité de masse (système qu’ils ont mis en place délibérément depuis plus de trente ans), qui veulent vraiment démanteler le droit du travail et surtout en finir avec le CDI, qui veulent vraiment démanteler la Sécurité sociale (i. e. la privatiser), qui veulent vraiment faire baisser massivement les salaires. Il ne s’agit pas seulement de l’ignoble Barroso. Ces gens ne sévissent pas seulement au sein de la Commission, mais également au sein du Conseil européen (réunion des chefs d’Etat présidée par Van Rompuy dit « la hyène »), et donc y compris au sein du gouvernement français, avec ces drôles de « socialistes » que nous avons eu la grande faiblesse de porter au pouvoir. Ces gens sont réellement prêts à saboter l’économie des pays de l’Union européenne, de leur propre pays, si c’est le prix à payer pour atteindre les objectifs cités plus haut [1].

Par conséquent, le choix qui s’impose à nous est le suivant :

-Ou bien on continue de militer pour l’« Europe sociale », ce qui est certes un noble combat, mais suppose de se plier par avance à des aléas incommensurables ;

-Ou bien décide qu’à défaut d’avoir le plein emploi, un droit du travail solide, une protection sociale étendue, et un minimum de croissance permettant de maintenir le niveau des salaires, dans toute l’Union européenne, on commencera par avoir le plein emploi, un droit du travail solide, une protection sociale étendue, et un minimum de croissance permettant de maintenir le niveau des salaires, juste en France. Juste en France. Ce qui suppose au minimum de sortir de l’Union européenne, de sortir de l’euro, de procéder à une dévaluation nette, de contrôler les changes et les mouvements de capitaux, de relever les droits de douane, et de prendre des mesures contracycliques incluant une forte dose de dépenses publiques et une petite dose (au minimum) de planification étatique.

Les principales mesures inscrites à l’agenda ordolibéral de l’Union européenne sont déjà en train d’être appliquées, en grandeur nature, pour de vrai, en Grèce et dans la péninsule ibérique. Déjà aujourd’hui, le 5 août 2012. Il n’y a aucune raison de penser qu’elles ne seront pas mises en œuvre très bientôt en France, et même dans toute l’Union. Le piège se referme. Ou bien on l’accepte, ou bien on en sort.

On peut évidemment considérer que le juste en France est une approche « égoïste ». Il faut assumer. De mon côté, j’ai tranché depuis longtemps.

Face à de tels périls, si considérables et si proches, la stratégie de rassemblement très large proposée par l’Union populaire républicaine (UPR) me semble être la plus pertinente, et celle ayant le plus de chances de succès. Comme je continue de penser que le citoyen Asselineau est un homme raisonnable animé d’intentions honnêtes, je passe sur le fait que l’UPR publie des articles faisant référence au site du Réseau Voltaire, dont le principal animateur est le citoyen Meyssan, affabulateur international notoire dont les neurones ont manifestement disjoncté depuis belle lurette. Croyez bien qu’il m’en coûte – j’y reviendrai sans doute plus longuement. Mais figurez-vous que l’offre politique, pour ceux qui défendent le juste en France, est assez limitée… pour l'instant du moins [2]. La perfection n’est pas de ce monde, les dirigeants de l’UPR ne sont pas parfaits (et je ne le suis pas non plus, cela va de soi). Mais quand le péril se rapproche autant, il est temps de trancher. Je vous invite à trancher vous aussi, dans un sens qui peut bien sûr être différent, mais là, il faut trancher.

Choisis ton camp, camarade fédéraliste [3].


Note : le florilège de Krugman sera donc pour le prochain billet…


[1] J’ai souvent souligné ici que nous avions affaire à des anticommunistes fanatiques.

[2] Je rappelle quand même que pour ceux qui veulent « sortir par la gauche », il y a le M'PEP, et que pour ceux qui préfèrent sortir par la droite, il y a DLR (parti nettement marqué à droite sur les questions « sociétales », mais bien plus à gauche que le P« S » sur les questions économiques, évidemment…). Le problème étant que de mon point de vue, à ce stade-là il ne faut plus sortir par la gauche ou par la droite, il faut juste sortir.
[3] Je rappelle aussi que l'on peut très bien demeurer fédéraliste européen, sur le long terme, tout en faisant le choix du juste en France à court terme. En ce qui me concerne, je me méfie beaucoup du fédéralisme européen en général, auquel je préfère de très loin le fédéralisme mondial.

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