« L’autre Allemagne » de Joachim Gauck - par Descartes

  • Par arsin
  • Le 06/09/2013
  • Commentaires (0)

Par Descartes, sur son blog

"Dénazification", caricature de Stury parue dans la revue allemande Das Wespennest, 7 octobre 1948


Commentaire de Pablito Waal : pour une fois, je publie un article de Descartes avec lequel je ne suis que moyennement d'accord, voire moins, en premier lieu parce que je me demande quel comportement concret l'auteur attend des dirigeants de l'Allemagne fédérale. Le post-scriptum m'a un peu rassuré, et décidé à relayer l'article.

Ces dernières années, il est devenu de bon ton d’inviter des dirigeants allemands à accompagner nos autorités à nos célébrations publiques. On peut longuement débattre sur ce qu’on peut tirer de la vue des soldats de al Wehrmacht – pardon, de la Bundeswehr – défilant le 14 juillet sur le pavé parisien. Mais là où cela devient indécent, c’est lorsqu’on invite des dirigeants allemands a assister à ces commémorations liées aux deux guerres mondiales.

A ce propos, il n’ inutile de rappeler que dans ces affairs ce sont les allemands, et pas nous, qui ont quelque chose à se faire pardonner. Ce serait donc à eux, s’ils veulent venir, de solliciter humblement la possibilité d’y participer, ce n’est certainement pas à nous d’en prendre l’initiative. Ces invitations ont d’ailleurs un côté indécent : je peux éventuellement pardonner l’homme qui a tué mon père, mais je ne l’inviterai certainement pas à se recueillir avec moi sur sa tombe.

 
Pardonner, pourquoi pas. Mais le pardon n’efface pas la faute, et la présence d’un dirigeant allemand à Oradour est une insulte aux victimes. Joachim Gauck aurait du le comprendre et refuser poliment l’invitation : si son but est d’exprimer le repentir de la nation allemande – un repentir dont je doute personnellement qu’il soit très partagé, mais cela est une autre histoire – répondre « non somus dignus » aurait eu bien plus de gueule. L’utilisation de ces tragiques évènements aux fins de « com » et de propagande pour la « construction européenne » est pour moi totalement inacceptable.
 

Mais la manière dont Joachim Gauck, président de la République fédérale d’Allemagne qui doit accompagner François Hollande sur le site d’Oradour sur Glane, explique le but de sa visite ajoute l’insulte à l’injure. Voici ses propres termes, s’adressant au président français : « Vous avez bien voulu que je sois à vos côtés à Oradour pour qu’on se souvienne ce que des Allemands d’une autre Allemagne ont commis comme atrocités ». Et il ajoute, s’adressant cette fois-ci aux survivants et aux familles des victimes: « je n’hésiterai pas, en pleine conscience politique, à dire que cette Allemagne que j’ai l’honneur de représenter est une Allemagne différente de celle qui hante leurs souvenirs ». Résumons donc : l’Allemagne dont les soldats de la division « Das Reich » ont assassiné collectivement 642 civils dont plus de 200 enfants le 10 juin 1944 dans des conditions horribles – après avoir assassiné 99 personnes à Tulle quelques jours plus tôt – est un « autre Allemagne », tout à fait « différente » de celle qui hante nos souvenirs.

Je me demande si Joachim Gauck a déjà entendu parler d’un certain Lammerding. Et c’est fort dommage, car ce n’est pas n’importe qui. Né à Dortmund en 1905, adhérent au parti Nazi depuis 1931, entré en 1935 à la SS, il gravira tous les échelons jusqu’à sa promotion au grade fort élevé de SS-Brigadenführer (général de brigade) et accessoirement « lieutenant-général de la Waffen SS » en 1944. Il doit cette promotion à sa fidélité personnelle à Himmler et à ses exploits sur le front de l’Est, particulièrement dans la politique d’exécution de civils et de destruction de villages pour combattre les partisans. En 1944, il commandera la division « Das Reich » qui s’illustrera par des actes de barbarie similaires à Tulle et Oradour-sur-Glane. Il fera d’ailleurs partie du dernier carré de fidèles, commandant la division « Nibelungen », la dernière à se battre pour son Führer dans les ruines de Berlin…

Ca, me direz vous, c’était « l’autre Allemagne ». Mais qu’est devenu Lammerding dans la nouvelle Allemagne, celle dont Gauck nous explique qu’elle est « différente » ?

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