L'idéologie néolibérale et son bouc émissaire - par L'Œil de Brutus

  • Par arsin
  • Le 27/11/2012
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Par L'Œil de Brutus, sur son blog
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Conclusion sur la fonctionnairophobie (partie 4/4)

« Avoir un ennemi est le bien le plus précieux, il nous donne un point d’appui. »

Alexis Jenni, L’Art français de la guerre, page 322. 

Cette série de billets s’appuie sur un article (ou plutôt sur la contradiction d’un article) écrit par M. Eric Verhaeghe et paru sur Atlantico. fr (Ce que le projet de loi de finances révèles sur le poids réel de la fonction publique sur le budget de la France) pour tordre le cou à un certain nombre de préjugés sur la fonction publique. 
Sommaire :
1/ Sur les effectifs de la fonction publique. 
2/ Les revenus et la parité au sein de la fonction publique. 
3/ La fonction publique et la société française. 

4/ L’idéologie néolibérale et son bouc émissaire[1]. 


Encore une fois, il ne s’agit pas ici de nier le besoin de réforme et de la fonction publique et du service public[2]. On pourra également objecter que les déviances bureaucratiques sont le propre de toutes structures dès lors qu’elles dépassent une certaine taille critique. Combien de salariés de grandes entreprises ne se plaignent pas de la bureaucratie, des lenteurs ou encore des indicateurs tatillons de leur siège ?
Aussi, la fin ne justifie pas les moyens. Les approximations et les manipulations, quand ce ne sont pas les mensonges, ne servent en rien une louable volonté de réforme. Car cette manière de faire masque d’autres objectifs bien moins avouables, en particulier la vision idéologique d’un Etat défaillant par nature qu’il convient de réduire à la portion la plus congrue possible[3] dans l’espoir de l’eschatologie néolibérale de disparition complète de l’Etat (rejoignant en cela, et ce n’est pas le moindre des paradoxes, l’eschatologie communiste), quand ce n’est pas une vision clairement cynique de prédation d’un bien commun – l’Etat – pour le service des intérêts privés[4]. 
Les temps de crise aiment les boucs émissaires. L’évolution humaine aidant, ce ne sont plus, et fort heureusement, les races qui sont visées. N’osant une approche aussi directe, certains se vengent sur une religion – l’Islam – pour en faire la cause de tous nos maux. Comme toutes les idéologies, le néolibéralisme a le sien : les fonctionnaires sont des coupables tout désignés. Peu importe au final la véracité des faits, peu importe la notion de service de la collectivité que nombre d’entre eux s’efforcent de défendre[5], peu importe l’urgence du rassemblement des Français autour d’un projet de société commun, peu importe la division et la haine, peu importe la désorganisation des services publics qui sont là en premier lieu pour aider les plus démunis. Ce qui compte, c’est de servir en pâture à l’ « opinion publique » sa dose de boucs émissaires. Et pourquoi ? Pour masquer d’autres éléments bien plus graves et bien plus à même de livrer des clés de compréhension à la crise qui nous frappe. 
Mieux vaut en effet éviter de parler des dumpings fiscal, social, environnemental et monétaire que pratique allégrement nos « partenaires » d’Europe de l’Est pour produire à moindre coût, mais sans protection sociale et sans règles environnementales. Car la réponse est connue : protectionnisme[6] ! Mais cela est un gros mot dans la bouche de la pensée dominante néolibérale qui truste les places dans les grands médias.


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