L'UMP, un parti Copé en deux ? - par Tomgu

  • Par arsin
  • Le 22/11/2012
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Par Tomgu, sur son blog
http://lactualite.over-blog.com/
C'est donc dimanche 18 novembre qu'avait lieu partout en France l'élection du nouveau président de l'UMP. Comme chacun aura pu le constater depuis quelques jours, cette élection prend une tournure plutôt inattendue et surtout très dramatique. En effet, chaque camp a tout d'abord revendiqué la victoire avant que la COCOE (Commission de Contrôle des Opérations Électorales) ne prononce finalement lundi soir la victoire de Jean-François Copé avec 50,03 % contre 49,97 % pour François Fillon, soit une avance de seulement 98 voix. 
Pour beaucoup, cette élection à l'UMP ressemble comme deux gouttes d'eau au congrès de Reims du PS en 2008. Il est vrai que des similitudes existent, notamment au niveau des accusations de fraude. En revanche, il apparaît clairement que le PS a su rapidement se rassembler derrière sa nouvelle chef, ce que n'a toujours pas su faire l'UMP au plus grand malheur des adhérents. 
Si les choses semblaient s'améliorer, suite à la proclamation des résultats, force est de constater que la situation n'est finalement pas résolue avec une succession de rebondissements, dont ceux de cet après-midi qui ont une nouvelle fois enflammé les débats. De fait, il semblerait que les votes de Mayotte, Wallis-et-Futuna et  la Nouvelle Calédonie n'aient pas été comptabilisés et que leur prise en compte conduirait à une victoire de Fillon. 
Au vu des récents évènements, il est donc très probable que la guerre interne à l'UMP est loin d'être finie et que d'autres surprises sont à prévoir dans les prochains jours et les prochaines semaines. Les deux protagonistes s'exprimeront d'ailleurs officiellement dans la soirée afin de clarifier leur position. Mais gageons que ni l'un ni l'autre ne souhaitera abandonner la partie, surtout pas à ce stade. 
A l'heure actuelle, l'avenir de l'UMP est donc on ne peut plus incertain. Le risque d'explosion n'est alors pas à écarter, et ce d'autant plus que les soutiens de François Fillon, dont plus d'une centaine de parlementaires, auraient menacé de faire sécession. Par ailleurs, un exode massif vers d'autres partis et notamment l'UDI de Jean-Louis Borloo est également une possibilité importante qui a déjà commencé (Rama Yade, Chantal Jouano, Pierre Méhaignerie). 
Pour autant, calcul politique oblige, ces éventualités ne se réaliseront peut-être jamais car cela reviendrait à affaiblir considérablement la droite, en particulier en prévision des prochaines échéances électorales dont les premières arrivent à grand pas (municipales et européennes en 2014). 
Ce qui est sûr, malgré tout, c'est que l'UMP est aujourd'hui un parti profondément divisé avec un affrontement violent entre deux camps qui risque de laisser des traces considérables pour la suite des évènements. Il apparaît toutefois que ce déchirement est assez surprenant dans la mesure où il relève uniquement de questions de forme et de personnes et en aucun cas de divergences de fond. Et c'est bien là toute la problématique de l'UMP car il ne s'agit que d'un duel d'egos. 
Le fond, quant à lui, a d'ailleurs été tranché le même jour avec le vote pour les motions, futurs courants du parti. Et à ce jeu là, c'est la motion "la Droite forte" portée notamment par Guillaume Peltier et Geoffroy Didier qui est arrivée en tête avec 28 % devant la Droite sociale de Laurent Wauquiez (22 %). Par ce choix, les adhérents UMP s'inscrivent donc dans la lignée de la campagne d'entre deux tours menée par Nicolas Sarkozy à l'occasion des présidentielles. Par ce choix donc, les adhérents expriment leur volonté de déplacer le centre de gravité du parti vers la droite, en adoptant une ligne plus ferme, plus dure sur un grand nombre de sujets (immigration, assistanat . . . ). Par ce choix enfin, je crois personnellement que les adhérents renforcent la candidature de Copé aux dépens de celle de Fillon. 
Alors maintenant que va-t-il se passer ? Difficile à dire en réalité tant tout peut arriver. A priori, selon moi, deux scénarios sont possibles. Le premier est une déchirure de l'UMP avec un départ des fillonistes qui aboutirait à la fin du parti. Le second, tout au contraire, consisterait en une "happy end" avec un accord entre les deux parties et un éventuel maintien de Jean-François Copé à la présidence. 
Pour moi, c'est cette deuxième option qui a ma faveur car je considère que Copé est clairement un meilleur chef de parti et est, je crois, plus capable de mener l'opposition à François Hollande. Malgré ses défauts, je préfère nettement Copé à Fillon car je trouve ce dernier plus fourbe, plus malhonnête dans ses prises de position. En outre, j'ai peu d'estime pour cet homme qui a trahi l'héritage de ses mentors et de ses idéaux (gaullisme social, Séguin). En revanche, sur le plan purement politique, je pense que Fillon sera un meilleur candidat pour l'élection présidentielle du fait de son tempérament et de son image de modéré qui permettrait ainsi de ratisser plus large, notamment vers le centre. 
Pour en finir pour aujourd'hui avec cette lutte interne pour le pouvoir, il me semble nécessaire d'en tirer quelques enseignements généraux. En premier lieu, il ressort de cette élection que l'UMP ne dispose pas aujourd'hui d'un leader incontesté et incontestable capable de mener le parti à la victoire, preuve que l'absence de Nicolas Sarkozy, finalement un des grands gagnants de cette histoire, crée un réel vide. 
Ensuite, il est clair que cette situation laissera des traces à l'UMP, au moins à court et moyen terme, et fait parallèlement le jeu des autres partis de l'échiquier politique avec notamment l'UDI et le FN qui sont susceptibles d'accueillir les déçus des deux camps. Sans parler du PS et du gouvernement qui doivent se réjouir de la déliquescence de l'opposition de droite tant ils ont à faire avec les opposants de gauche. 
Enfin, et c'est peut-être le plus grave, il s'agit là d'un nouvel évènement qui vient entacher un peu plus l'image des hommes politiques aux yeux des Français. Celui-ci aggravera donc encore davantage la méfiance et le rejet de nos concitoyens vis-à-vis de la politique. 
Bref, plus que la déchirure entre candidats de droite, le réel problème de cette situation est qu'elle traduit à merveille un état de fait qui perdure depuis des années : le peuple est copé de ses dirigeants politiques. Espérons simplement que cela ne soit pas définitif . . . 

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