La bouffonnerie historique de Jean Robin (I) - par Pablito Waal

  • Par arsin
  • Le 13/11/2012
  • Commentaires (9)

Par Pablito Waal, en tribune libre

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Il y aurait beaucoup de choses à dire sur le « journaliste » - éditeur Jean Robin.

On pourrait commencer par « c’est l’histoire d’un mec » qui prétend lutter contre la censure et pour la liberté d’expression, pour diffuser les livres « refusés pour de mauvaises raisons », pour affirmer qu’il n’y a pas de débat qui devrait être tabou. Bref, rien que de très louable. A tel point qu’on s’étonne qu’il travaille (presque) seul, et qu’il n’y ait pas d’autre plumitif du Net qui ait trouvé pertinent de coopérer sur le long terme avec lui (Robin s’illustrant plutôt par sa faculté à se brouiller rapidement avec ses collaborateurs, qu’ils s’appellent Bercoff, Petit, Lings…bah, tant qu’il reste Cassen, Tasin et Freysinger…). Le principal problème, c’est qu’il ne semble pas très bien maîtriser le concept de « censure » (1), ce qui est fâcheux quand on veut la combattre. Ainsi se dit-il censuré dès qu’un média, comme le Cercle des Volontaires, se désintéresse de lui.

C’est aussi l’histoire d’un mec plein de bonnes idées, telles que de lancer une application pour « Observer la loi » (2), ou assumer pleinement d’être un commensal d’Alain Soral (pour lequel l’auteur de ces lignes n’a aucune empathie) pour des raisons d’audience.

C’est aussi l’histoire d’un prolixe « journaliste ». Avec ou sans carte de presse, je m’en fous totalement. Un journaliste qui prétend faire non pas de l’évènementiel, mais de combattre des idées. Ce qui est son droit. Après tout, un journaliste peut être compétent tout en s’orientant contre l’Islam et « la gauche ». Après, c’est une question de méthode. Il avait par exemple affirmé que Marx et Engels auraient été, dans des textes de 1852, les initiateurs de l’idée de génocide (3). Ce faisant, il prouvait surtout qu’il n’avait pas lu les textes incriminés dans la lettre. Dommage pour un journaliste.

L’ambition de notre héros ne s’arrêtait pas là. Malgré les nombreuses initiatives de l’entrepreneur, il a trouvé le temps pour rédiger un ouvrage qui se veut fatal : un livre noir. Celui du communisme ayant déjà été commis, il fallait viser plus large : le livre noir de la gauche. Rien que ça. Par ce projet lancé en juin 2012, et achevé en octobre de la même année, Jean Robin s’improvise à la fois politologue et historien (quand on pense que les universités mettent des années à former des historiens et des politologues, on se dit que le service public de l’éducation c’est vraiment de la merde).

On pouvait craindre le pire. Rassurez-vous : c’est du lourd.

Jean Robin espère que ce « livre noir » connaîtra le destin du Livre Noir du Communisme. Pour ma part, j’estime que ce point est déjà atteint : comme le livre dirigé par Stéphane Courtois, le livre de Robin semble promis au mépris de toute personne ayant réfléchi quelque peu sur la question.

Encore que le Livre Noir du Communisme regroupait des historiens ayant travaillé pendant plusieurs années sur des régimes précis, le tout amalgamé par Courtois pour accabler un personnage historique flou et incohérent, « le Communisme ». Ainsi, on mettait ensemble le régime de Pol Pot et celui de Castro, malgré des mortalités politiques très différentes. Exit la rupture Mao-Krouchtchev, exit Chou Enlai et Peng Dehuai qui s’opposèrent au Grand Bond en Avant. On passait sous silence la rupture qu’a constitué la mort de Staline : le Livre Noir ne comporte d'ailleurs pas de chapitre sur l’URSS d’après 1953 (sans doute la thèse du Livre était-elle fragilisée par le fait que l’URSS ait pu survivre de 1953 à 1991 sans famines, sans purges de masse comparables à celles de 1936-1938, et avec un goulag nettement moins meurtrier). Et quoi de commun entre un régime aux frontières relativement ouvertes comme la Yougoslavie titiste, et la Corée du Nord autarcique ?

Bref, quelques petits rappels sur les idées et les faits historiques s’imposent.

Déjà, admettons que "la Gauche" et "la Droite" forment des catégories politiques. Historiquement, leurs définitions sont très variables. La Gauche du XIXème siècle comprenait des libéraux, la Droite s'axant principalement sur les partisans de l'Ancien Régime, tandis que les marxistes ne se réclamaient pas initialement de la Gauche.

Donc, d’un côté il y a des Grandes Idées ou familles d’idées, comme la Gauche, la Droite, le Socialisme, le Marxisme, le Libéralisme, le Nationalisme…qui sont des entités abstraites au sein desquelles peuvent se retrouver des positions très différentes. Car les familles d’idées et les idées de politiques concrètes sont deux choses distinctes. On peut être de Gauche et contre le protectionnisme, de Droite et non libéral. Il y a des gens globalement libéraux, mais qui ne le sont pas sur certains domaines. Et au bout du compte, il y a les politiques réellement appliquées, par des gouvernements, ayant une ligne plus ou moins cohérente. La réalité de ce monde est que les gouvernements piochent leurs politiques dans différentes familles d’idées, et font leur mix avec des politiques concrètes, dont ils changent parfois avec le temps (par exemple le régime mussolinien a commencé relativement libéral avant de tenter l’autarcie ; la régime national-« socialiste » allemand a réalisé des nationalisations…et des privatisations ).

Par cohérence, il ne me vient pas à l’idée de parler des « morts du libéralisme », non pas parce que je pense qu’il n’y aurait aucune politique d’inspiration libérale ou capitaliste qui ait pu mener à la mort de gens, mais parce que je sais que quasiment tous les gouvernements libéraux du monde mettent en œuvre un libéralisme limité (l’ultralibéralisme n’existe pas dans le monde réel), avec toujours un minimum de filet social qui évite la mort par dénuement d’une partie des citoyens. Etre contre le capitalisme ne me donne pas le moins envie du monde de traiter quelqu’un qui s’en déclare partisan de criminel : j’attends de voir ce qu’il fait concrètement.

Ci-dessous, un graphique simplifié donnant des exemples potentiels de liens entre des familles d’idées et des politiques, et l’action réelle de gouvernement historiques.

tableau-idees-politiques-1.png

Partant sur ces (bonnes) bases, l’idée d’un « Livre Noir » de « la Gauche », en tant que famille d’idées, perd d’entrée son sens. Et rien qu’à voir la couverture du livre, l’homme de gauche apprendra qu’être de gauche, c’est être solidaire de la pédophilie, de l’antisémitisme et du négationnisme. Les gens de gauche qui luttent contre ces deux méfaits vont apprécier. Ou même qu’il y aurait complicité avec le maoïsme (4). Et il serait totalement impertinent de se demander s’il y a plus ou moins de gens « à gauche » (ce qui suppose de déterminer ce qu’est, concrètement, la gauche) qui sont coupables, hostiles ou indolents face aux maux évoqués. En démocratie, chaque individu est responsable de ce qu’il fait, et lui seul. Il n’y a pas de culpabilité collective, et encore moins de culpabilité par proximité d’idées.

Mais quittons ces questions métaphysiques.

Le sire Robin a publié un extrait de son livre qui permet au lecteur non encore acheteur d'achever de se faire une opinion de l’œuvre brillamment rédigée en quatre mois. L’artiste reprend une chanson connue : le Front Populaire serait responsable de la défaite française de 1940, parce qu’il aurait préféré les congés payés et la semaine de 40 heures à la production d’avions. Une vieille antienne qu’on pourrait balayer d’une main par une référence au procès de Riom (5). Mais le Godwin n’est pas le genre de la maison (quoique le sujet devrait y pousser naturellement).

On y retrouve, comme dans le Livre Noir du Communisme – comme c’est étrange -, cette fallacieuse tendance à faire l’Histoire par les citations. On démontre que tel camp politique ou tel homme a fait ceci parce qu’il a dit ceci. Ainsi, sur le pacifisme de la SFIO et du PCF, leur refus d’armer la France, on apprend que Blum refusait toute initiative de représailles de la France et du Royaume-Uni après la réoccupation de la Rhénanie par l’Allemagne (en fait, ce furent surtout les britanniques qui ne voulurent pas d’une telle réaction, ce qui pesa plus dans l’inaction finale que Léon Blum…). Avant cela, Blum déclara en 1934 qu’il était pour la démolition de l’armée [française], et en 1936 qu’il souhaitait un désarmement volontaire de l’Allemagne. De Thorez, on apprend qu’il s’opposait à la défense nationale, qu’il voulait la désagrégation de l’armée et le défaitisme révolutionnaire, et ainsi de suite. Robin oublie juste de préciser que le PCF n’aura jamais de ministres dans les gouvernements des années 1930, même dans le Front Populaire. De la même manière, quand le journaliste écrit que « Léon Blum s’accommodera, en février 1939, de l’occupation de ce pays par les forces allemandes », il omet que Léon Blum n’était plus ministre à cette époque

Passons aux faits… et là, en dehors des déclarations, plus grand-chose. A part d’autres déclarations, prises sur Alfred Sauvy :

«  Le Front populaire a pris des responsabilités considérables : le nombre d’avions livrés à l’État en 1937 est de 450 contre 4320 en Allemagne. »

…et le général Pierre-Marie Gallois : « Surtout face à l’Allemagne préparant la Guerre, le bilan de ces années régies par le « Front populaire » a été désastreux : la production française a baissé, de l’ordre de 5 %, tandis que l’Allemagne doublait la sienne, l’investissement a été, en France, ralenti, le nombre de chômeurs doublé, passant de 400.000 en 1935 à près de 900.000 en 1937, les prix ont augmenté et il a fallu dévaluer le franc. […] En France, au cours de ces années décisives, l’effondrement de la production et, en ce qui nous concerne ici, le marasme des industries d’armement, l’industrie aéronautique étant hâtivement nationalisée, ont été dictés par un pacifisme virulent, totalement inopportun face au bellicisme ouvertement affiché par l’Allemagne. »

Avec ça, on a fait le tour de la question, non ?

Pas tout à fait.

Qui a gouverné la France dans les années 1930 ?

Lorsque l’on veut examiner la responsabilité de gouvernements sur des faits accomplis au cours d’une période, le minimum serait de savoir quels ont été ces gouvernements, et quand ils ont officié.

Président du conseil

Parti du président

Partis dominants parmi les ministres

Début

Fin

Assemblée élue en …

André Tardieu

AD

AD, RI

20/02/1932

03/06/1932

1928

Edouard Herriot

PRS

PRS,RI

03/06/1932

14/12/1932

1932

Joseph-Paul Boncour

RS

PRS,RS,AD,RI

18/12/1932

28/01/1933

1932

Edouard Daladier

PRS

PRS,RS,RI

31/01/1933

24/10/1933

1932

Albert Sarraut

PRS

PRS,RS,AD,RI

26/10/1933

24/11/1933

1932

Camille Chautemps

PRS

PRS,RS,RI

26/11/1933

27/01/1934

1932

Edouard Daladier

PRS

PRS,RS,AD

30/01/1934

07/02/1934

1932

Gaston Doumergue

PRS,AD,RI

09/02/1934

08/11/1934

1932

Pierre-Etienne Flandin

AD

PRS,FR,RI,AD

08/11/1934

31/05/1935

1932

Fernand Buisson

RS

PRS,RS,AD,RI,FR

01/06/1935

04/06/1935

1932

Pierre Laval

PRS,RS,AD,RI

07/06/1935

22/01/1936

1932

Albert Sarraut

PRS

PRS,USR,AD

24/01/1936

04/06/1936

1932

Léon Blum

SFIO

SFIO,PRS,USR

04/06/1936

21/06/1937

1936

Camille Chautemps

PRS

SFIO,PRS,USR

29/06/1937

14/01/1938

1936

Camille Chautemps

PRS

PRS,USR,JR

18/01/1938

10/03/1938

1936

Léon Blum

SFIO

SFIO,PRS,USR

13/03/1938

08/04/1938

1936

Edouard Daladier

PRS

PRS,USR,AD,RI

12/04/1938

13/05/1939

1936

Edouard Daladier

PRS

PRS,USR,AD,RI

13/05/1939

13/09/1939

1936

Edouard Daladier

PRS

PRS,USR,AD,FR

13/09/1939

20/03/1940

1936

Paul Reynaud

AD

PRS,USR,SFIO,AD

21/03/1940

16/06/1940

1936

 

Voyons quels sont les partis en question.

SFIO : Section Française de l’Internationale Socialiste, créée en 1905. Parti appelant à la réalisation d’une société socialiste, avec collectivisation des moyens de production, sans prise du pouvoir violente et instauration d’une dictature (rupture avec les partisans du bolchévisme en 1920).

Parti Radical Socialiste (PRS) : parti de centre gauche, fondé en 1901, ne réclamant que quelques nationalisations limitées aux grands monopoles, soutenant la propriété privée et individuelle pour le reste.

USR (Union Socialiste Républicaine) : partis de l’aile droite de la SFIO, unifiés en 1936.

RS  (Républicains Socialistes) : parti réformiste, refusant l’unification avec la SFIO, de 1911 à 1934, souhaitant concilier capital et travail.

AD (Alliance démocratique) : parti de centre-droit, de 1901 à 1940.

RI (Républicains Indépendants) : parti conservateur, en marge de la fédération républicaine.

FR (Fédération Républicaine) : parti de droite républicaine libérale (1903-1940).


En conclusion ce survol :

De 1932 à 1936, quand Hitler arrive au pouvoir en Allemagne, la France est gouvernée par des coalitions de centre-gauche tellement bolchéviques que des partis de droite (AD, RI), ne dédaignent pas de s’y ajouter dans les ministères. Ainsi, Albert Sarraut, le président du Conseil au moment où l’Allemagne réarme la Rhénanie (mars 1936) a beau émarger à la Gauche Démocratique, Radicale et Radicale-Socialiste (comme le remarque Jean Robin), il n’en préside pas moins un gouvernement centriste dont sont membres des gens de l’Alliance Démocratique (dont le ministre des Affaires étrangères : Pierre-Étienne Flandin), et pas un de la SFIO.

De même, à partir des élections de 1936, la SFIO ne sera au gouvernement que de juin 1936 à janvier 1938, puis en mars de la même année. Léon Blum ne sera Président du Conseil que quatorze mois au total, et la SFIO membre du gouvernement pendant vingt mois. A l’inverse, d’avril 1938 à mars 1940, soit vingt-trois mois, le centre-gauche, radical-socialiste, et le centre-droit reviennent aux affaires, notamment pendant Munich.

Du coup, imputer à la SFIO (et son allié d’alors le PCF) ou à Blum la responsabilité du supposé non-armement de la France dans les années 1930 est peu convainquant.

Et vous n’avez pas mal lu, j’ai bien parlé de « supposé » non-armement.

 

La France a-t-elle vraiment manqué d’équipements militaires en 1940 ?

 

Lorsque l’on veut porter une accusation contre un gouvernement, il ne suffit pas de dire qu’il était présent au moment des faits, comme nous venons de le tester…mais il faut également prouver que le crime ait eu lieu.

Car le « journaliste » improvisé historien est non seulement avare de faits pour étayer sa thèse, il désinforme purement et simplement. En Mai et Juin 1940, l’Armée française n’a pas été vaincue faute de matériel, ni même d’hommes, et ce en dépit de l’infériorité démographique que la France (41 millions d’habitants en 1940) face à l’Allemagne (69 millions d’habitants).

Quelques sources :

Forces en présences en mai 1940 :

Nation

nombre de divisions

nombre de canons

nombre de blindés

nombre d'avions

France

86

10 700

3 700

1 400

Royaume-Uni (corps expéditionnaire)

10

1 300

310

460

Belgique

22

1 400

280

250

Pays-Bas

9

700

1

175

Luxembourg

1

?

?

?

Pologne

2 (+2)

?

45

75

Total des armées alliées

145

14 100

4 156

2 285

Allemagne

141

7 000

2 550

4 020

 

On voit que, en dehors de l’aviation, il n’y avait pas d’infériorité matérielle alliée en 1940. Et même sur ce point, l’écart était en train de se réduire, puisque, selon Jacques Belle, l’industrie d’armement française produira davantage que l’allemande en 1940. Un échec de l’assaut allemand en mai-juin 1940 (ce qui aurait été parfaitement possible selon le même auteur)aurait permis de changer la donne dans le ciel.

D’autres sources, pour ceux qui ne font pas confiance à Wikipédia :


Thucydide - La défaite de 1940

Mais la France et son alliée ont les moyens de mener la guerre. Quelles sont, en effet, les forces en présence ? La France et la Grande-Bretagne font jeu égal avec les Allemands. Du côté allié, trois mille chars sont disponibles face aux 2440 allemands. Cent divisions alliées doivent se battre face aux cent-trente cinq divisions allemandes. Au total, cinq millions de Français et un million cinq cent mille Britanniques sont mobilisés contre trois millions cinq cent mille Allemands. En ce qui concerne les forces aériennes, par contre, les Alliés opposent 1450 avions aux 2590 appareils allemands, dont leurs 340 célèbres stukas. Mais les efforts de réarmement déployés par le Front populaire sont réels. La défaite française n’est pas annoncée sur ce plan-là. Quant au réarmement allemand, il s’est heurté à trois problèmes : le risque d’inflation, le manque de matières premières et l’insuffisante coordination de l’économie.

 

Présentation de Dominique Lormier, « Comme des lions - Mai-Juin 1940 , le sacrifice héroïque de l’armée française. »  Calmann-Lévy 2006, 326 pages. – par Roland Hureaux

« Certes notre armée avait une grave lacune : les transmissions, encore archaïques à côté de celles des Allemands,  et  une insuffisance bien connue, l’aviation : 1300 avions seulement  (auxquels il faut ajouter 1200 anglais qui, contrairement à ce qu’a dit la propagande de Vichy furent largement engagés),  contre les 4000 appareils de la Luftwaffe. Mais pour les chars, l’équilibre existe sur le papier : 3000 français contre 3000 allemands. Les nôtres sont en majorité  moins bons, notamment parce qu’ils ne comportent pas un poste de tir séparé de celui du conducteur  et qu’ils sont plus lents ; toutefois sur ces 3000 chars, les 600 Somua S 35 surclassent tous les chars allemands.

Autre grande faiblesse : l’artillerie antiaérienne et antichars. En revanche, notre artillerie ordinaire est très  efficace: c’était déjà le cas en 1914-1918,  école polytechnique oblige.

La légende réactionnaire de l’insuffisance des crédits  militaires votés par le  Front populaire est ainsi démentie, même si ces crédits, suffisants dans l’ensemble, eussent pu être bien mieux utilisés. »

 

Les mensonges de l'Histoire : En 1940, l'armée allemande était supérieure à l'armée française

« Enfin, en ce qui concerne les tanks, force est de constater que France et Allemagne disposaient d'un parc de véhicules équivalent. Toutefois, alors que l'on ne comptait que peu de modèles du côté du Reich, la France était équipée d'une multitude de véhicules, du plus ancien au plus moderne.

Ainsi, si les Renault F-17, datant de la première guerre mondiale, étaient complètement dépassés en 1940, l'armée française pouvait s'appuyer sur le Hotchkiss H-35 (produit à 1 000 exemplaires, il disposait d'un blindage de 35 mm et d'un canon de 37) et le Renault R-35 (800 exemplaires, blindage de 40 mm et canon de 37), ainsi que sur le B1 (500 exemplaires, blindage de 60 mm et canon de 75), et le Somua S-35 (430 exemplaires, blindage de 55 mm et canon de 47), considérés à l'époque comme les meilleurs chars français.

Côté allemand, la construction de blindés n'ayant démarré qu'à compter de 1933, l'on ne comptait que quatre modèles de tanks : le Panzer I (500 exemplaires, blindage de 13 mm et mitrailleuse et MG34), le Panzer II (1 000 exemplaires, blindage de 13 mm et canon de 20), le Panzer III (350 exemplaires, blindage de 50 mm et canon de 50), et le Panzer IV (300 exemplaires, blindage de 80 mm et canon de 75). » 


Une fois cela dite, creusons un peu plus l'action du Front Populaire quant à l'armement, en bien et en mal.


Le Front Populaire a-t-il, entre 1936 et 1938, relancé l’armement national ?

 

Dans une thèse de 1980, Robert Frankenstein contredit nettement Robin. Voyons d’abord les chiffres :

Page 746 de la thèse :

tableau-armement-1-1.png

 

Page 748 : « Au cours des années 1930, la situation change quelque peu. Pendant la grande crise, même si le poids des charges stériles est encore considérable (46%), ce sont les investissements économiques et sociaux de l’Etat qui s’accroissent le plus rapidement.

            Cet envol prometteur est cependant brisé en 1936-1937, paradoxalement à l’époque où le Front Populaire est au pouvoir. Alors que les dépenses publiques et sociales connaissent en francs constants une croissance notable en 1935 à l’époque de la grande déflation de P. Laval, elles déclinent au contraire sous Léon Blum, au moment même où les dépenses militaires suivent un décollage vigoureux. L’inflation, pourtant rapide en 1936-1938, ne réussit pas à entraver l’effort militaire tandis qu’elle a pu faire fondre le pouvoir d’achat des dépenses civiles, aussi bien celui des investissements que celui des « charges du passé ». Assurément, au plan du financement public, le Front Populaire a nettement plus fait pour le canon que pour le beurre. Certains mythes méritent ainsi d’être corrigés ».

Page 751 :

tableau-armement-2.png

On voit au passage que, en 1938, deuxième et dernière année de réel exercice du Front Populaire, le total des avions militaires produits a bel et bien augmenté.

Mais pourquoi le volume de production était-il si bas avant 1938 ?

Robert Frankestein reconnaît des critiques faites,  notamment par Albert Sauvy, à l’application de la loi des 40 heures (suspendue en 1938 dans l’armement). Mais ce n’était pas la cause de tous les maux :

Page 753 : « Au printemps 1938, ce sont les dirigeants de l’industrie aéronautique qui refusent l’allocation de cinq heures supplémentaires demandées par le second gouvernement L. Blum. Pour expliquer cette attitude, A. Sauvy – autre fil directeur de son œuvre – invoque le malthusianisme patronal. […] il convient de souligner dès maintenant que les industries se rendent alors parfaitement compte de la situation réelle de leurs entreprises : ils savent que les conditions ne sont pas prêtes techniquement pour le passage aux fabrications en série, car d’autres facteurs plus anciens et plus profonds entravant encore au printemps 1938 le processus de production."


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Commentaires (9)

1. JeanRobin (site web) 14/11/2012

Pablito Waal n'a pas lu mon livre, c'est donc lui le bouffon, qui parle de ce qu'il n'a pas lu. Se baser uniquement sur l'extrait que je publie n'est pas sérieux. Je ne me prétends pas historien, mais journaliste, qui peut citer des historiens notamment (si c'est encore permis par sieur Waal). Par ailleurs on ne juge pas un livre à sa couverture, tout comme on ne juge pas un être humain à sa couleur de peau. C'est la base. Enfin, Pablito Waal est communiste, normal qu'il se sente visé et par la livre noir de la gauche, et par la livre noir du communisme. Espérons qu'il acceptera la publication de ce commentaire de droit de réponse sur son site, mais rien n'est sûr car le communisme n'est pas pour la liberté d'expression. En tout cas moi j'ai fait la publicité de cet article pourtant injurieux : http://www.enquete-debat.fr/archives/la-bouffonnerie-historique-de-jean-robin-i-par-pablito-waal-39023

2. JLM 14/11/2012

Le communisme a un livre noir, très noir a écrire. Ce travail a été fait par d'autres.

3. arsin (site web) 14/11/2012

Et critiqué par d'autres : http://fr.calameo.com/read/00105465215044ee119f8
http://www.pourlecommunisme.com/
En rappelant que ce ne sont pas les faits qui posent problème. Aucune polémique n'éclate quand on publie une biographie de Staline ou Mao attestant de leurs crimes. C'est la manipulation

4. Aurélien 14/11/2012

Jean Robin s'insurge contre la prolifération des "mots-virus" sans même s'apercevoir qu'il en abuse lui-même. Chez lui, "gauche", "communisme", "marxisme" remplissent exactement la même fonction qu' "extrême-droite", "nauséabond" ou "lepenisme" dans le vocabulaire de ses détracteurs.

Merci pour cet article fouillé et précis, qui convaincra ceux qui seraient tentés de céder à la facilité robinienne, de faire vraiment de l'Histoire. Quant à convaincre Robin lui-même, j'ai peur que ce soit sans espoir. Le bougre reste campé sur ses positions caricaturales, quitte à tordre le réel dans tous les sens, et surtout s'en même s'en rendre compte! C'est, je crois, la définition même de la bêtise.

5. Aurélien 14/11/2012

"SANS même s'en rendre compte" *

6. ABDERRAHIM 14/11/2012

Bravo M. Waal pour cet article très détaillé. Je constate que le « commensal d’Alain Soral () pour des raisons d'audience », jean robin, dans son post ici ne répond en rien sur le fond (je n'aurais pas l'outrecuidance d'écrire que vous avez raison car je ne maitrise pas assez bien l'Histoire de la gauche, mais je constate que votre démonstration s’appuie sur des exemples précis, des références universiatires et des données étatiques). Par ailleurs M. Robin ne répond en rien sur le fond se contentant de nous faire du pilpoul de mauvais aloi comme d’hab. Je pense que vous lui avez donné une belle leçon d'humilité. Il en avait bien besoin le bougre!!!!
Par ailleurs, M. Robin se dit le chantre de la liberté d'expression alors que lui-même censure à tour de bras si on ose le critiquer sur son site. Comble de l'ironie, M. Robin ne signe plus ses articles de son nom depuis de nombreuses semaines, mais de son prénom uniquement, on se demande bien pourquoi d'ailleurs, aurait-il peur d'être poursuivi ? Bien sûr je lui en ai fait la remarque mais mon post n’a jamais été diffusé...Vous avez dit chantre de la liberté d’expression…mon cxx sur la commode

7. Mézigue 14/11/2012

@ Rédacteur de l'article. Votre effort est méritoire mais était-ce vraiment nécessaire. Qui peut bien prendre au sérieux ce qu'écrit Jean Robin ? Tout comme son ennemi personnel Alain Soral ce n'est qu'un bouffon : http://tatamoche.blogspot.fr/2012/04/des-bouffons-de-la-toile.html
C'est aussi effectivement un censeur ...

8. HerbeDeProvence (site web) 15/11/2012

oui bravo et merci pour cet article derrière lequel on sent qu'il y a du boulot. ça nous change un peu sur le net.

9. bernard (site web) 01/03/2013

Voici un site démontrant que Jean Robin est un imposteur : http://leclownjeanrobin.blogspot.fr

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