La Bulgarie des origines à nos jours (2) - par Nationaliste Jacobin

  • Par arsin
  • Le 08/11/2013
  • Commentaires (0)

Par Nationaliste Jacobin, sur son blog

Suite du premier volet publié ici

II/ Le premier empire bulgare (681-1018)

Bulgaria_Samuil_raster.png
Empire bulgare de Samuel à son apogée (dernières années du X° siècle); source: Wikipédia

Je ne reviens pas sur l’origine des Proto-Bulgares, longuement évoquée dans l’article précédent. Au milieu du VII° siècle, Koubrat, khagan (ou khan, selon les sources, « khagan » signifiant apparemment « grand khan ») des Bulgares, régnait sur les plaines de l’Ukraine méridionale et les littoraux de la Mer d’Azov. Selon certaines sources, Koubrat aurait été baptisé, mais cette conversion fut pour le moment sans conséquence : les Proto-Bulgares demeuraient païens. Cela indique cependant que des contacts avaient déjà été établis avec Byzance. Peu après 650, Koubrat mourut. Sans doute sous la pression des puissants Khazars de l’est, les Proto-Bulgares se scindèrent en plusieurs groupes.

L’un de ces groupes remonte le cours de la Volga et fonde une nouvelle Bulgarie qui disparaîtra au XIII° siècle sous les coups des Mongols de la Horde d’or. Deux groupes se dirigèrent vers le sud-ouest, vers la vallée du Danube. Les Bulgares ne sont ni les premiers, ni les derniers nomades de la steppe eurasienne à venir s’échouer dans la région qui s’étend de la Pannonie aux bouches du Danube. Les Huns et les Avars avant eux avaient connu un sort analogue, les Petchénègues et les Coumans après eux. Les Bulgares ont cependant une spécificité, qu’ils ne partagent qu’avec les Magyars : ils parvinrent à fonder un état durable, socle qui permit à terme la genèse d’une nation à laquelle ils donnèrent leur nom. Mais, alors que les Magyars conservent leur langue finno-ougrienne qu’ils imposèrent aux populations locales qu’ils soumirent, les Proto-Bulgares furent absorbés linguistiquement par les Slaves. Les deux groupes de Bulgares qui firent irruption dans les Balkans étaient dirigés par Kouber et Asparoukh, probablement de la même famille et peut-être tous deux fils de Koubrat, donc frères. Kouber amena son groupe en Macédoine et s’y installa. A cette époque, le basileus de Constantinople ne contrôle plus grand-chose dans les Balkans envahis par les Slaves, hormis la Thrace et les villes côtières bien fortifiées comme Thessalonique. En Orient comme en Italie, la menace arabe occupe la pensée et les troupes de l’empereur même si, on le verra, ce qui se passe dans les Balkans ne lui est pas indifférent, dans la mesure où la sécurité de la capitale se joue dans cette région. Kouber poussa l’ambition jusqu’à assaillir Thessalonique, mais il essuya un cinglant revers. Le Bulgare avait vu trop grand : les murailles de la ville et son accès à la mer la rendaient invulnérables pour une armée mobile de cavaliers, peu rompue à la poliorcétique (art des sièges) et dépourvue de soutien naval. La royauté de Kouber ne survécut pas semble-t-il à cet échec, et elle s’effaça au profit d’Asparoukh et sa lignée.

Asparoukh s’était d’abord installé avec son groupe dans les futures régions de Moldavie et Valachie, et au sud-ouest de l’Ukraine. Peut-être la situation au sud du Danube lui parut-elle propice pour un chef sachant allier audace et ambition. Les Slaves étaient divisés en tribus rivales (les Sklavinies) et ne représentaient pas un réel danger pour les Byzantins. Cependant ils n’étaient pas non plus un obstacle sérieux pour les Proto-Bulgares, sans doute peu nombreux, mais bien organisés et dotés d’une incontestable supériorité militaire, avec leurs cavaliers et leurs archers. D’ailleurs, au VI° siècle, Slaves et Proto-Bulgares s’étaient déjà associés pour des raids contre l’empire de Justinien, sous le commandement des seconds. Dans les années 670, Asparoukh se décida à franchir son Rubicon, c’est-à-dire le Danube. L’histoire du sud-est européen en sera profondément bouleversée. Le khan bulgare occupa la Mésie (entre Danube et Monts du Balkan, région nord de la Bulgarie actuelle) sans grande difficulté. Il vassalisa probablement les tribus slaves locales. Une fois solidement implanté en Mésie, Asparoukh put guerroyer à loisir contre les Byzantins en Thrace et en Macédoine, où il agit peut-être de concert avec son « frère » Kouber. A partir de 679, le basileus Constantin IV décida de régler le problème bulgare en prenant la tête d’une puissante armée byzantine. A Andrinople, les Bulgares furent vaincus et durent abandonner la Thrace. Constantin IV voulut pousser son avantage et marcha vers les bouches du Danube. Mal lui en prit, car les Bulgares infligèrent une série de revers aux troupes impériales. Les Byzantins acceptèrent de traiter, la Thrace étant sauve. En 681, la Mésie fut officiellement concédée aux Bulgares, sauf le port d’Odessos (future Varna). C’est une constante de la politique byzantine de tenir les ennemis à distance de la mer, car qui tient la mer détient toujours un avantage. Pour la Bulgarie moderne, ce traité de 681, assorti d’un tribut versé au khan, est la date de fondation du pays, et est célébrée comme telle. Toutefois, la Mésie n’était au VII° siècle qu’une portion du territoire sous domination bulgare, ce dernier s’étendant au nord du Danube, jusqu’au Dniestr. Mais Asparoukh installa sa capitale à Pliska en Mésie, faisant de cette province le centre de son pouvoir et de son peuple. Jusqu’à la fin de sa vie, Asparoukh combattit les Byzantins, les Avars et les Khazars. Il mourut vers 700. Indéniablement, son règne avait jeté les bases d’un état bulgare.

Lire la suite sur le blog de Nationaliste Jacobin

ukraine khagan mer origine invasion slave Samuel Empire byzantin hiustoire Bulgarie

Ajouter un commentaire

Vous utilisez un logiciel de type AdBlock, qui bloque le service de captchas publicitaires utilisé sur ce site. Pour pouvoir envoyer votre message, désactivez Adblock.

RETOUR A L'ACCUEIL

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site