La France en guerre au Mali : quelques opinions

  • Par arsin
  • Le 15/01/2013
  • Commentaires (3)

Quelques commentaires de Pablito Waal :

- les comparaisons entre les islamistes maliens et les islamistes syriens qui font partie de la révolution syrienne (qui ne se réduit pas aux islamistes) ne sont pas valables : en Syrie, les islamistes font partie d'un mouvement qui lutte contre une dictature installée depuis plus de 40 ans. Les révoltés syriens prétendent mettre en place une démocratie en cas de victoire. Au Mali, un gouvernement élu officiait jusqu'au putsch militaire de mars 2012, et les islamistes ne se battent pas pour restaurer la démocratie;

- il aurait bien entendu été souhaitable que les pays africains gèrent eux-mêmes la défense du Mali. En étaient-ils capables?

- la thèse de la France qui viserait l'Algérie au travers du Mali, parce que les élites françaises n'auraient jamais pardonné l'indépendance algérienne, thèse exprimée par l'un des articles ci-dessous, me séduit fort peu. Et ce, en premier lieu, parce que le présupposé historique est faux : l'Algérie n'a pas arraché son indépendance à la France : cette dernière a donné son indépendance à l'Algérie, parce que c'était la solution la plus avantageuse à bien des égards (économiques, militaires, ethniques...) pour notre pays.


 

Mali: la France fait (enfin) son devoir - par Nationaliste Jacobin

http://blog-nationaliste.blog4ever.com

[...] dans cet article, je ne m’acharnerai pas sur la gauche, une fois n’est pas coutume. Non, je veux au contraire saluer la décision de François Hollande d’engager nos troupes au Mali contre les islamistes d’Ansar Dine, du MUJAO (Mouvement pour l’Unicité et le Jihad en Afrique de l’Ouest) et d’Aqmi (Al-Qaïda au Maghreb Islamique). Et je dirai même : il n’est pas trop tôt, même s’il est évident que ce genre d’opération ne s’improvise pas. Je ne doute pas que nos services de renseignement préparent le terrain depuis des semaines, des mois sans doute. Il a fallu accomplir un colossal travail de repérage pour identifier les camps, les réserves, les bastions des groupes islamistes. Je voyais à la télévision nos soldats d’élite arrivés à Bamako. Naturellement, je salue leur courage. Mais je voudrais aussi avoir une pensée pour les hommes de l’ombre, ceux qui, inlassablement, quêtent les informations pour permettre à nos forces armées, le moment venu, de frapper fort et juste. La guerre moderne est une guerre du renseignement, surtout quand on affronte des formations irrégulières comme le sont les milices islamistes du Nord-Mali. A ces hommes de l’ombre, qui font une besogne dangereuse et ô combien primordiale, je veux dire ma gratitude de citoyen français pour leur action décisive dans la défense des intérêts de la France.

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Derrière l’enjeu malien : la France coloniale cherche à punir l’Algérie historique - par le Cercle des volontaires

http://www.cercledesvolontaires.fr/
«  La France historique salue l’Algérie indépendante » Valéry Giscard d’Estain. 
« Une page est tournée, l’Algérie est d’abord fille de son histoire, qu’elle ait surmonté l’épreuve coloniale et même défié l’éclipse, atteste, s’il en était besoin de cette volonté inextinguible de vivre sans laquelle les peuples sont menacés parfois de disparition » Houari Boumediene. 
Deux mois après le putsch militaire au Mali de mars 2012, les rebelles touaregs s’emparent du nord de ce pays, une région plus vaste que la France, et déclarent l’indépendance de l’Azawade*. Le Mali est coupé en deux. La junte militaire, qui n’est pas inféodée à la France, tente de négocier. Mais avec qui ?
Les rebelles appartiennent à des groupes aux liens complexes et nébuleux. Ils combattent côte à côte mais pour des objectifs différents. Ces groupes sont au nombre de quatre (1), et leur financement dépend en partie des rançons versées par les européens pour la libération des personnes prises en otage. La Suisse finance également ces mouvements : « le département fédéral des affaires étrangères suisse a participé à l’organisation et au financement d’une réunion politique des rebelles touaregs indépendants du MNLA les 25, 26 et 27 juillet 2012 à Ouagadougou ». (2)
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Mali : le grand écart de François Hollande - par le Cercle des volontaires
http://www.cercledesvolontaires.fr/
François Hollande a donné son feu vert à l’engagement de troupes françaises au Mali, suite aux troubles causés par les rebelles du nord du pays. Lors de son allocution télévisée diffusée hier, le président n’a pas été avar en langue de bois. Et il faut bien reconnaitre qu’il a fait le grand écart : même s’il ne le rappelle pas dans son speech, tous les français ont en tête l’alliance récente de l’armée française avec les jihadistes en Libye et en Syrie. Mais au Mali, les jihadistes ne sont plus nos amis. 
L’incohérence de notre politique étrangère devient patente, et grotesque ; c’est pourquoi j’ai réalisé cette parodie de l’allocution présidentielle. 
Voici la vrai allocution (lien vidéo) :
« Mesdames, Messieurs,...
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Mali : Hollande soutenu par une classe politique va-t-en guerre - par le journal Contrepoints
http://www.contrepoints.org/

Commentaire de Pablito Waal : sans parler des analyses assez simplistes de Mr. Le Honzec, il faudrait rappeler à cet amateur d'Histoire aux vues légèrement et idéologiquement biaisées que le second Empire Colonial français a commencé non avec Jules Ferry, mais avec la prise d'Alger en 1830, sous Charles X, grand socialiste devant l'éternel.

Le regard de René Le Honzec. 
L'intervention au Mali illustre le fardeau de l'ex-colonisateur, dont j'aime à rappeler l'origine socialiste avec Ferry le Tonkinois et son devoir envers les "races inférieures" (28 juillet 1885). Une fois de plus, les socialistes mettent leurs pas dans ceux de la Droite après avoir joué pendant des décennies les vierges effarouchées devant de basses réalités. Hollande se la joue françafrique à la demande générale, depuis les Africains en passant par les Anglo-saxons jusqu'aux siamois Fillon-Copé. 
Depuis l'indépendance des années 50, la France n'a eu de cesse de faire le coup-de-feu dans toutes ses ex-colonies, du Gabon au Tchad, de la Côte d'Ivoire à la Centrafrique avec des épisodes sanglants comme au Rwanda, qui, pourtant, n'était pas de notre pré-carré. Après le brillant épisode libyen qui a foutu le bordel des milliers de kilomètres à la ronde, nous voici rafalant des colonnes de ferrailles roulantes pour empêcher ce que l'on dénommait, au "bon vieux temps des colonies" [1], des rezzous. 
On ne s'est pas fait la Syrie parce que nous n'en avions pas les moyens militaires, sinon soyez assurés qu'on aurait encore une fois secouru les "bons" contre les "méchants" (demandez la définition à BHL, conseiller spécial de l’Élysée). À défaut, le Mali où nos Forces Spéciales devraient suffire avec l'appui-feu aérien. Contrairement à l'annonce des "observateurs" spécialisés, aucune arme sophistiquée, genre missile Manpads n'a été repérée. 
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L'intervention militaire au Mali est-elle justifiée ? - par le journal Contrepoints
http://www.contrepoints.org/
Dans la précipitation, François Hollande engage militairement la France au Mali. Faut-il saluer cette décision ?
Une tribune de Jean-Hugues Kabuiku. 
François Hollande a annoncé hier soir depuis l’Élysée l'intervention des forces militaires françaises au Mali. 
Après l’appel au secours de jeudi dernier et celui lancé hier le 11/01/13 par le président malien, François Hollande a engagé militairement la France. Sans consulter le parlement ? Sous prétexte que ce serait sous le cadre légal de l’ONU ?
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[Reprise] Il n’y a pas de guerre contre le terrorisme, par Noam Chomsky - sur le site d'Olivier Berruyer
http://www.les-crises.fr/
Tiens, nous sommes en guerre – une paille…
Comme d’habitude, guerre décidée par un homme seul, dans son bunker, sans vote du Parlement – j’imagine que c’est ce qu’on appelle une “République exemplaire”. “Moi Président, je ferai comme les autres”…
Alors, en guerre contre qui ?
“La France est en guerre contre le terrorisme. ” [Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense]
Lire la suite sur le site de Olivier Berruyer

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Commentaires (3)

1. nationalistejacobin (site web) 16/01/2013

"les comparaisons entre les islamistes maliens et les islamistes syriens qui font partie de la révolution syrienne (qui ne se réduit pas aux islamistes) ne sont pas valables"
Elles sont partiellement valables, car il existe quand même des points communs: qui soutient les milices islamistes? Le Qatar et l'Arabie Saoudite, dans un cas comme dans l'autre. Et en Syrie, comme au Mali, les groupes islamistes se sont greffés sur une rébellion. Et dans un cas comme dans l'autre, on a le sentiment que les islamistes, mieux armés, mieux entraînés, ont tendance à évincer leurs partenaires, de l'Armée Syrienne Libre (ASL) en Syrie, du MNLA touareg au Mali.

Après, il est clair que le Mali et la Syrie sont des pays très différents, que le régime en place n'est pas le même, comme vous le rappelez à juste titre. Mais il y a malgré tout des points communs.

2. arsin (site web) 16/01/2013

C'est surtout leur objectif qui est différent, ce qui peut changer considérablement le sens de leur combat. En Libye, pas plus qu'en Egypte ou en Tunisie qui ont échappé (pour l'instant) à la guerre civile, la dictature islamiste annoncée par certains n'a pas (encore) eu lieu. Au Mali, la victoire des islamistes sonnerait le glas de toute possibilité de retour à la démocratie, tandis qu'en Syrie, la victoire des rebelles ouvrirait une possibilité de démocratie, fut-elle avec un ou des partis islamistes puissants.

3. nationalistejacobin (site web) 16/01/2013

Oui, enfin l'objectif final des islamistes est le même un peu partout: un état islamiste, justement.

En Libye, j'avoue que je ne sais pas ce qui s'y passe. En Tunisie, ce n'est certes pas la dictature, mais le doyen d'une université est jugé après un différend survenu avec des étudiants salafistes qui avaient envahi et saccagé son bureau. Dans le même temps, les bandes salafistes détruisent consciencieusement les mausolées des saints musulmans locaux. J'ignore si c'est un avant-goût de la suite, mais je pense qu'on peut légitimement s'inquiéter. Quant à l'Egypte, la dictature islamiste n'est pas encore en place, en effet, mais M. Morsi y travaille je crois...

Quant à la Syrie, il y a les revendications des rebelles de l'ASL... et il y a les objectifs des islamistes. Ils ont le même ennemi, mais je ne suis pas convaincu qu'ils nourrissent les mêmes aspirations. D'ailleurs j'ai cru comprendre que les milices islamistes syriennes (qui comptent en fait beaucoup d'étrangers) en faisaient à leur tête, et n'obéissaient guère aux chefs de l'ASL.

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