La Grande-Bretagne, ou l’austérité à crédit - par Laurent Pinsolle

  • Par arsin
  • Le 17/07/2013
  • Commentaires (0)

Par Laurent Pinsolle, sur son blog

Commentaire de Pablito Waal : après 13 ans de travaillisme qui a fait augmenter d'environ dix points de PIB les dépenses publiques britanniques, et laissé un déficit flirtant lui aussi avec les 10%, David Cameron tente de revenir sur les traces de Thatcher et Major...Sans doute avec le même succès : en taillant dans la consommation, il va défavoriser la croissance à court terme, ce qui pourrait être un choix assumé s'il y avait une politique d'investissement à long terme - ce qui n'est malheureusement pas le cas, comme le note justement L.Pinsolle. Ce qui résulterait en une stabilité (ou progression modérée) des impôts, un blocage voire une réduction des dépenses de fonctionnement (ce sur quoi est déjà engagé le gouvernement Cameron depuis son annonce de la suppression programmée d'un demi-million d'emplois publics), mais un renforcement de la formation de capital, donc une faible baisse des dépenses. Un tel programme ne plairait ni à la base du parti tory, ni aux électeurs de gauche. La France est, avec plus de présence étatique, et un gouvernement plus indéterminé (c'est peu de le dire), dans la même situation.

 

Londres mène des politiques originales depuis 2008. Après avoir laissé filer les déficits et s’être appuyé sur la politique monétaire ultra-accomodante de la banque centrale, les conservateurs, au pouvoir depuis 2010, mènent une austérité sévère, au bilan très mitigé, comme le rapporte The Economist.
 
Verre à moitié vide ou à moitié plein
La situation outre-Manche est assez complexe. Points positifs, alors que la zone euro a probablement connu son 7ème trimestre consécutif de récession et après une 2ème récession, l’activité a rebondi modestement au premier trimstre (1,2% en rythme annuel) et les indicateurs avancés poussent à l’optimisme. En outre, les entreprises privées ont réussi à créer pas moins de 1,6 millions d’emplois depuis mi-2009, ce qui permet au pays d’afficher un nombre total d’emplois supérieur de 500 000 au pic d’avant la crise, une situation que peuvent envier la grande majorité des pays européens.

Cependant, la situation n’est pas aussi rose qu’elle en a l’air, comme le rapporte The Economist. En effet, le PIB reste près de 4% inférieur à son niveau de début 2009, une des plus mauvaises performances des grands pays dits développés. Le pays a cumulé la crise la plus violente depuis la Seconde Guerre Mondiale et la reprise la plus lente. Au rythme actuel, le PIB par habitant retrouvera son niveau d’avant-crise en 2020 ! Pire, malgré la dépréciation de 25% de la livre depuis 2007, le pays n’exporte pas davantage et son déficit commercial s’est maintenu à un niveau important.

 
 

AntiAusteriteBaissecroissance britannique Cameron austérité consommation croissance investissement

Ajouter un commentaire

Vous utilisez un logiciel de type AdBlock, qui bloque le service de captchas publicitaires utilisé sur ce site. Pour pouvoir envoyer votre message, désactivez Adblock.

RETOUR A L'ACCUEIL

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site