La Guerre du Nord vue par les Russes - par Nationaliste Jacobin

  • Par arsin
  • Le 25/07/2014
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Par Nationaliste Jacobin, sur son blog

Je livre ici un dernier article avant de partir deux semaines découvrir le patrimoine, l’histoire et les paysages de notre beau pays. Aussi, je quitte un instant l’actualité française pour évoquer un événement majeur de l’histoire de l’Europe orientale, récemment porté à l’écran par le cinéma russe.

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Certains pays oublient leur grandeur passée. Il fut un temps où la Suède était autre chose que ce qu’elle est devenue. Autre chose qu’un pays neutre, sans ambition, sans volonté de peser sur le cours des événements. Autre chose qu’un pays dont les seules gloires sont d’avoir des élites très féminisées et de se demander s’il ne faudrait pas forcer les petits garçons à faire pipi assis dans un souci d’égalité des sexes [1]. La Suède est exactement ce que certains, eurolâtres en tête, voudraient que la France devienne : un pays qui renie son histoire, qui se préoccupe uniquement du droit des femmes, de l’accueil des immigrés et de la gestion du multiculturalisme. Un pays sage qui a compris qu’il était « trop petit », « pas assez peuplé » pour faire entendre sa voix, pour jouer sa propre partition. La Suède et le Danemark sont morts en tant que « grandes nations ». Les habitants de ces pays sont très heureux, mais leurs états ont quitté l’histoire. Pourtant ces pays ont joué un rôle important dans le passé : puissances militaires, commerciales, coloniales même, leur destin nous rappelle que la force d’un pays ne se mesure pas uniquement à sa superficie ni à son poids démographique (les pays scandinaves ont toujours été sous-peuplés). Il a existé une Suède impériale qui, au XVII° siècle, fit de la Baltique un « lac suédois » et disputa la suprématie en Europe orientale à la Russie. C’est ce choc entre Suédois et Russes qu’évoque le film Fantassins, seuls en première ligne, un film russe de 2007 d’Oleg Ryaskov dont le titre original russe est Le Serviteur du souverain. Ce long métrage propose pour l’essentiel une reconstitution de la bataille de Poltava, affrontement décisif qui opposa le roi de Suède Charles XII et le tsar de Russie Pierre le Grand le 8 juillet 1709, à l’est de l’actuelle Ukraine. Mais revenons d’abord sur les origines de la puissance suédoise à l’époque moderne.

C’est en s’immisçant dans la Guerre de Trente ans, qui dévasta les pays allemands entre 1618 et 1648, que la Suède fit une entrée fracassante dans la cour des grands durant la première moitié du XVII° siècle. Ce pays nordique, froid et peu peuplé, disposait de deux ressources très importantes : le fer et le bois, lesquels permettent de fabriquer canons, fusils, navires de guerre. Le roi Gustave II Adolphe (1611-1632), excellent militaire et fin diplomate, fut l’artisan de la puissance suédoise. Luthérien, il intervient en 1630 aux côté des Allemands du nord protestants (et avec le soutien de la France de Louis XIII). Son armée, très bien équipée avec une artillerie mobile du dernier cri et remarquablement entraînée, fit des merveilles. Gustave-Adolphe périt au champ d’honneur en 1632 lors de la bataille de Lützen, mais deux années ont suffi à faire de la Suède la première puissance de l’Europe du nord et du monde protestant. Le roi ne laisse qu’une fille, la fameuse Christine de Suède qui, plus tard, se convertit au catholicisme et finit ses jours à Rome, mais son chancelier, Oxenstierna, poursuit sa politique. Je laisse de côté les détails de l’expansion suédoise ultérieure, mais elle se poursuit tout au long du siècle. A l’avènement du jeune Charles XII en 1697 (il a 16 ans), on peut parler sans exagération d’un « empire suédois », lequel comprend l’actuelle Suède bien sûr, mais aussi la Finlande, l’Estonie, une partie de la Lettonie, l’Ingrie et la Carélie (aujourd’hui en Russie) et en Allemagne du nord la Poméranie ainsi que les anciens évêchés de Brême et Verden. Autrement dit la Suède exerce son hégémonie sur tout le pourtour de la Baltique et, grâce à ses territoires allemands, bénéficie d’un droit de regard sur les affaires du Saint Empire. Sa thalassocratie lui permet de contrôler le commerce de la Baltique, très important puisque le bois et le fer suédois sont très recherchés (la France est une cliente assidue).

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