Le lordo-antilibéralisme est un gauchisme - par Joe Liqueur

  • Par arsin
  • Le 05/05/2014
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Par Joe Liqueur, sur son blog

Commentaire de Pablito Waal : Un article contrastant avec celui précédemment publié, par Jacques Sapir. Je ne partage pas les opinions de Joe Liqueur sur l'immigration (voir ici un article en deux parties dont le propos m'est plus acceptable).

Lea_Crespi_TeleramaFrédéric Lordon ne veut pas (trop) se fâcher avec les alter-machin.
Y parviendra-t-il ? ©Léa Crespi pour Télérama

Evidemment, il y a beaucoup de bonnes choses dans le dernier livre de Frédéric Lordon (La Malfaçon, Les liens qui libèrent, 2014). J’ai appris plein de nouveaux mots… ce qui justifierait « par soi », comme dirait notre camarade, la lecture de cet ouvrage dont l’ambition littéraire est sans doute respectable à défaut d’être justifiée. Les développements de l’auteur au sujet des institutions étatiques françaises, qui ont le mérite d’exister contrairement à celles d’un hypothétique Etat européen, ou à propos du parti « socialiste » qui est devenu un parti de droite voire plus à droite que l’UMP, ou encore du spectre qui hante la France et qui est celui d’une alliance – ou au moins d’un compromis – entre le Front national parvenu au pouvoir et le grand capital (voir mon dernier billet), tout cela rejoint parfaitement les idées que j’exprime sur ce blog depuis maintenant quelques années. Mais il y a aussi des choses moins bonnes dans La Malfaçon. Et d’abord, il y a du gauchisme. De grosses louches de gauchisme. Des pelletées de gauchisme qu’on pourrait ensevelir la tour Montparnasse avec. Du gauchisme épais, visqueux et pontifiant, où le fond du discours lordonien rejoint sa forme – que, pour la part, je persiste à trouver quelque peu indigeste.

La monnaie commune

Commençons par ce truc qui me paraît franchement abscons : la proposition de « monnaie commune », que Lordon a au moins le mérite de présenter avec un honnête souci de précision. Mais boudiou de boudiou qu’est-ce que c’est que cette putain d’usine à gaz ?! Et surtout on ne voit pas bien en quoi cette « monnaie commune » rétablirait pleinement la souveraineté des Etats (Lordon admet du reste cette difficulté), puisque les réajustements de change internes seraient soumis à des règles définies par avance (en fonction des excédents ou déficits commerciaux), et puisque c’est une certaine « BCE » (encore ce machin) qui piloterait de manière quasi-indépendante la politique de change externe d’un € (encore cette chose)… qui resterait convertible sur les marchés par-dessus le (un contrôle des mouvements de capitaux externes n’étant envisagé qu’en dernier recours). Ça me paraît quand même très curieux comme approche, après 200 pages consacrées à la défense de la souveraineté populaire française, et à exposer le caractère très hypothétique d’une souveraineté populaire européenne. Tout ça pour ça… Voilà qui ressemble un peu à de l’ordo-antilibéralisme - ou disons, du lordo-antilibéralisme. Je penche plutôt, décidément, pour que l’on revienne et que l’on en reste à une monnaie nationale – le franc, et pas le « €-Fr », qu’est-ce que c’est que cette horreur ? – de souveraineté pleine et entière, et dont la convertibilité serait limitée.

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