Le "modèle allemand" : ils en ont parlé - articles de J.Sapir, Y.Duval, Contrepoints, Tomgu et Brutus

  • Par arsin
  • Le 17/05/2013
  • Commentaires (0)
Le débat sur l’Allemagne - par Jacques Sapir
Par Jacques Sapir, sur son blog
http://russeurope.hypotheses.org/
La question de la politique allemande divise fortement le PS et, au-delà, une large partie de la gauche réelle. Elle est aussi révélatrice de la structuration de l’imaginaire d’une bonne partie des élites françaises depuis le désastre de 1940, à lire les réactions d’un Copé ou d’un Fillon. À l’UMP, parti « attrape-tout » de la Droite française, sous les proclamations d’un attachement au gaullisme, on sent bien que Munich et Vichy sont toujours bien présents. Cette « question » de l’Allemagne sert de révélateur à un état d’esprit constant dans la classe dirigeante. C’est en cela que ce débat, ou ce qui en tient lieu, est intéressant. Mais, comme toujours, sous l’écume des mots se cache un véritable débat. 
Où le PS, et quelques autres, se ridiculisent
Ce débat a pris l’apparence d’une attaque contre la politique de Mme Merkel en Allemagne. Mais, un débat s’est invité dans le débat ! Le PS a ouvertement rompu avec les propres règles de démocratie interne qu’il avait fixées. La direction de ce parti refuse le droit d’expression à son aile gauche1. Cela n’étonnera personne ; dans l’expression « social-démocrate » nous avons deux mensonges pour le prix d’un. Le PS n’est plus un parti « social », dans la mesure où il accepte tous les reniements et il n’est certainement plus un parti « démocrate » pour la raison que, pour faire accepter ces dits reniements, il doit renoncer à la démocratie dans ses propres rangs. Ayant fait les frais des pratiques de ce parti dans le passé, je n’en suis nullement surpris. Je suis par contre étonné que d’aucuns puissent être encore surpris par les pratiques qui sont somme toute habituelles du PS. 
Revenons au principal du débat, ou à ce qu’il devrait être. Le texte initial de la majorité du PS stigmatisait fortement l’Allemagne et Mme Merkel. Suite à une intervention de la Présidence de la République et de l’Hôtel Matignon, c’est une version très affadie qui a en définitive été adoptée. On jugera sur pièce. Cependant, la proposition de l’aile gauche du PS, n’est pas, elle non plus, précise. Elle propose un « traité social européen », une « suspension du pacte de stabilité », un « plan de relance » à l’échelle européenne et le refinancement massif des dettes publiques par la Banque Centrale Européenne. On a du mal à comprendre pourquoi un tel texte a été censuré. Ces propositions sont celles qui sont traditionnellement mises en avant par le PS depuis des années avec le succès que l’on sait ! De manière symptomatique, les auteurs de ce texte ne font aucun effort pour chiffrer leurs propositions. L’eussent-ils fait qu’ils s’apercevraient qu’elles sont irrecevables pour l’Allemagne (et des pays comme l’Autriche ou la Finlande). C’est bien gentil quand on fait partie d’une collectivité de dire « il faut faire ceci ou cela » mais si l’on ne regarde pas les montants, le poids de ceux-ci sur d’autres membres de la collectivité, on n’a guère de chance de voir son projet appliqué. Dès lors, la seule fonction de ces propositions ne peut être que de se laver les mains et de garder une conscience propre, en sachant que jamais ces propositions n’aboutiront. Les centaines de milliers de chômeurs qui sont venus rejoindre les millions déjà existants apprécieront. 
Lire la suite sur le site de Jacques Sapir
Ni germanophobie, ni germanomanie : défendons nos intérêts !  - par Yohann Duval
Par Yohann Duval, sur son blog
http://duvalyohann.over-blog.fr/
Il y a quelques jours, la polémique sur un texte élaboré par le Parti Socialiste faisait rage : en dénonçant "l'intransigeance égoïste d'Angela Merkel", quelques socialistes n'avaient pas hésité à pointer du doigt de manière totalement hypocrite la politique d'austérité imposée par Bruxelles et Berlin, alors même qu'ils soutiennent l'action d'un gouvernement qui l'applique dans notre pays. 
merkel. jpg
Peut-être espéraient-ils faire oublier le fait qu'ils ont approuvé tous les traités signés depuis 30 ans, ceux qui nous ont privé de toute capacité d'action ? Peut-être espéraient-ils cacher un instant le bilan de la politique menée par François Hollande depuis son élection, à savoir une hausse continue du chômage et un dérapage budgétaire ?
Quoi qu'il en soit, ces écrits ont vite été interprétés par l'opposition comme le témoignage d'une "germanophobie" latente. Les condamnations ont été quasiment unanimes et, le ridicule ne tuant pas, Jean-Louis Borloo a même été jusqu'à rédiger une lettre dans laquelle il présentait "solennellement" des excuses à la chancelière. 
Lire la suite sur le site de Yohann Duval
Crise de l'Euro : l'Allemagne paiera ? - par le journal Contrepoints
Par le journal Contrepoints, sur leur site
http://www.contrepoints.org/
Malheur aux vainqueurs dans la crise de l'Euro : offensive anti-allemande en France et en Europe. 
Un article de l'Aleps. 
Le bâtiment du Reichstag à Berlin
Non contents de leurs succès économiques, les Allemands ont eu l’impudeur de battre les Espagnols, et la finale de la Ligue Européenne de football opposera Munich à Dusseldorf : quelle honte ! Quelle honte aussi d’afficher une croissance au-dessus de la moyenne de l’Euroland, et un chômage en dessous. Quelle honte enfin d’avoir voté un budget en équilibre, voire en excédent. 

Lire la suite sur le site de le journal Contrepoints

L'Allemagne, ce modèle bidon - par L'Oeil de Brutus

Par L'Oeil de Brutus, sur son blog

« Il n'y a pas de modèles il n'y a qu'un modèle : il est allemand »i s’exclame Alain Minc, ne faisant que reprendre là la rhétorique habituelle des chiens de garde du néolibéralisme. Sans même s’attaquer au dogmatisme pédant, à la limite de la puérilité, de cette affirmation, il est extrêmement simple de démontrer comment elle ne résiste pas à l’épreuve des faits (mais l’une des caractéristiques majeures des idéologues est de mépriser les faits dès lors qu’ils ne confirment par leurs croyances aveugles).

Car le fameux « modèle allemand » que l’on nous cesse de nous vendre n’est qu’un leurre. La croissance actuelle de l’Allemagne n’est que de quelques dixièmes de points supérieure à la notre (2012 et perspectives 2013)ii, ne faisant en cela que rattraper l’énorme baffe qu’elle s’est prise en 2009 (bien plus que la France)iii : sur les dix dernières années, la croissance allemande n’est pas supérieure à la croissance françaiseiv. Si on s’intéresse à la question du chômage, le marché du travail allemand ne voit arriver que 280 000 jeunes tous les ans, la France 750 000v. Dès lors, il apparaît évident que les problématiques de l’emploi ne sont nullement comparables d’un pays à l’autre. Qui plus est, contraindre des gens à travailler pour 1 euro de l’heure, tel que c’est le cas en Allemagne, cela n’est pas de l’encouragement au retour à l’emploi mais confine à l’esclavagevi. Enfin, et surtout, avec le contexte démographique qui est le sien, dans même pas 20 ans, l’Allemagne (qui sera alors moins peuplée que la France) sera un pays de vieux rentiers autochtones qui payent des immigrés turcs au lance-pierre. Dernier point et non des moindres : le niveau d’endettement de l’Allemagne est à peine inférieur à la Francevii (et encore il est possible que l’Allemagne masque une bonne partie de ses comptesviii) et la situation de ses banques n’est guère reluisanteix.

Lire la suite sur le blog de L'Oeil de Brutus

Confrontation avec l'Allemagne : plus qu'un droit, un devoir ! - par Tomgu

Une fois n'est pas coutume, l'européisme béat a une nouvelle fois frappé dos dirigeants politiques. Dernier épisode en date, la fuite dans la presse d'un texte rédigé par le PS dans le cadre de sa future convention sur l'Europe.

Tout est ainsi parti d'un document de travail du PS qui s'est "malencontreusement" retrouvé dans les médias. En soi cela n'a rien d'exceptionnel et arrive de manière très fréquente. En revanche, c'est le contenu même de ce document qui pose problème dans la mesure où il se révèle être une charge violente contre Angela Merkel et sa politique : "intransigeance égoïste de la chancelière Merkel", "bras de fer avec la chancelière de l'austérité et les conservateurs européens"

UMP et membres du gouvernement se sont alors empressés de réagir à ce non-évènement qui se résume ni plus ni moins à dire ses quatre vérités à la chancelière. Ainsi, la droite a sorti le panzerschreck en blâmant des propos irresponsables et honteux qui remettent en cause le fondement même de l'amitié franco-allemande. Celle-ci a d'ailleurs été rapidement rejointe par plusieurs ministres dont Manuel Valls qui se sont mis à hurler avec les loups.

Lire la suite sur le blog de Tomgu

Merkel Hollande France chômage rigueur économie Minc modèle SortieEuroExportation ProAusteriteCroissancelongterme euro Allemagne

Ajouter un commentaire

Vous utilisez un logiciel de type AdBlock, qui bloque le service de captchas publicitaires utilisé sur ce site. Pour pouvoir envoyer votre message, désactivez Adblock.

RETOUR A L'ACCUEIL

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site