Le Président, le “contrat de responsabilité”, et la déflation - par Jacques Sapir

  • Par arsin
  • Le 17/01/2014
  • Commentaires (0)

Par Jacques Sapir, sur son blog

Pour ceux qui se sentent d'attaque pour lire un article scientifique, voir aussi ce papier sur l'investissement, le profit, la demande et la monnaie.

 G2-OMT InflaBis

Contrairement à ce que certains veulent nous faire croire, la crise budgétaire est loin de s'éloigner, comme le montre l'évolution des taux réels sur les obligations d'Etat.

Source : INSEE

Les promesses d’abaissement des charges faites par François Hollande lors de sa conférence de presse du 14 janvier ont été bien accueillies par le patronat. C’est assez normal, mais cela montre aussi un raisonnement à courte vue. Si, pour financer ces baisses de charges, le gouvernement réduit les dépenses publiques, dans un contexte où l’économie est déjà fortement déprimée, ceci risque d’avoir des conséquences désastreuses sur l’économie française.

On sait que de nombreux économistes ont sous-estimé le multiplicateur des dépenses publiques dans les pays occidentaux. Ce multiplicateur, appelé aussi fiscal multiplier, a été re-estimé par le FMI, mais aussi par un certain nombre d’économistes dans le contexte dépressif que l’on connaît aujourd’hui. Les valeurs qui ont été calculées sont très largement supérieures à celles qui furent postulées dans des travaux datant de 2010 et 2011. On sait que ce multiplicateur est compris entre 1,7 et 2,1 pour des pays comme l’Italie et l’Espagne, et qu’il est probablement égal à 1,4 en France, quand les estimations du début des années 2000 le mettaient à 0,5. Cela signifie donc que si vous réduisez, ou augmentez, vos dépenses publiques (soit par une réduction réelle soit par une hausse des impôts pour le premier cas, ou par un accroissement des dépenses ou une baisse des impôts dans le second cas) la production sera diminuée (ou accrue) de 1,4. Or, on sait que le taux des prélèvements est des 45% en France. Donc, si vous réduisez de 1 la dépense budgétaire, le déficit en prélèvements sera de 1,4 x 0,45 = 0,63. La réduction nette ne sera donc que de 0,37 et non de 1. Cet effet sera d’ailleurs plus ou moins important selon que ce seront les dépenses d’investissement qui seront les victimes de ces coupes, ou les dépenses de fonctionnement. Mais, même dans le cas de coupes n’affectant que les dépenses de fonctionnement, il est clair que l’on aura affaire à un multiplicateur des dépenses publiques largement supérieur à 1. Surtout, on ne prend pas la mesure du risque de déflation qui menace aujourd’hui une partie de l’Europe.

Lire la suite sur le blog de Jacques Sapir

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