Le procès de Solférino - par L'Oeil de Brutus

  • Par arsin
  • Le 09/05/2013
  • Commentaires (3)

Commentaire de Pablito Waal : le raisonnement qui fonde l'analyse de l'Oeil de Brutus rencontre les mêmes problèmes que je rencontre chez les adversaires de l'austérité. Le premier, c'est que Brutus dit que les gouvernements français ont, depuis 40 ans, fait de la rigueur pendant les crises et du déficit pendant les périodes de croissance. C'est très discutable : Jospin a réduit les déficits pendant le "boom" des années 98-2000, et à l'inverse Sarkozy a fait de généreux déficits (en partie seulement dûs aux sauvetages bancaires et intereuropéens) à partir de 2008. Mais l'essentiel n'est pas là. Il est dans le fait que tous les pays développés connaissent une réduction de la croissance sur le long terme, que ce soit en Europe, Amérique du Nord ou Extrême-Orient. Et ceci est plus profond, plus anciens que les problématiques telles que l'euro, l'émergence des pays à bas coûts de production. Les relances budgétaires n'y changent quasiment rien : ainsi, les USA, avec leurs déficits à 8% du PIB, n'ont eu que 1% de croissance du PIB par tête en 2012... En vouloir absolument aux gouvernements PS-UMP pour ces faits qui les dépassent me semble abusif. En revanche, il est tout à fait clair qu'on puisse leur reprocher de ne pas mettre en place les investissements de long terme qui pourraient changer cette tendance (mais pas avant plusieurs décennies, je le crains...).

Le parti des 170.000 traîtres - par L'Oeil de Brutus

Les shadoks de la rigueur - par L'Oeil de Brutus

Le président des rentiers - par L'Oeil de Brutus

Le parti des 170.000 traîtres - par L'Oeil de Brutus

170 000. C’est le nombre d’adhérents revendiqués par le Parti socialiste. Ce parti qui aujourd’hui semble organiser une fronde contre l’austérité imposée par l’Union européenne et Mme Merkel. Alors même qu’il y a quelques mois il votait le traité qui organisait et institutionnalisait le carcan de cette même austérité. Ce même traité qui était un abandon de plus de notre souveraineté. De la souveraineté du peuple français. Comment peut-on oser crier contre la rigueur quand on a l’a soi-même inscrit dans le marbre des traités[i] ? Ce semblant de fronde est un outrage de plus à l’intelligence des Français. Nul besoin de chercher des coupables à Bruxelles ou à Berlin. Le premier des coupables est au cœur de Paris, sise au 55, rue du faubourg Saint-Honoré.

Lire la suite sur le blog de l'Oeil de Brutus

Les shadoks de la rigueur - par L'Oeil de Brutus

Refusant d’admettre la réalité telle qu’elle est, François Hollande et le gouvernement Ayrault, tels les Shadocks, continuent à faire tourner la pompe de la rigueur malgré l’impasse dans laquelle elle nous mène et au mépris des fondamentaux économiques les plus élémentaires que Keynes (qui devrait pourtant être la référence économique pour un gouvernement qui se prétend « de gauche ») avait déjà mis en exergue il y a près d’un siècle et dont les expériences de politique de rigueur des années 1930 ont déjà démontré l'impasse (en particulier celle du chancelier Brüning juste avant l’arrivée au pouvoir de … Hitler).

Le problème de la rigueur n’est en fait pas comment elle est appliquée mais quand.

Lire la suite sur le blog de l'Oeil de Brutus

Le président des rentiers - par L'Oeil de Brutus

La mesure est demeurée relativement discrète et peu relayée par les médias : à l’issue des « assises de l’entreprenariat », François Hollande a décidé de relever le plafond des PEA (plan d’épargne en actions) de 132 000 à 225 000 euros[i]. On notera au passage, que décidemment, en se faisant le messager des annonces fiscales de petit comptable bricoleur, l’hôte de l’Elysée, le fameux « président normal », n’a toujours pas saisi la hauteur nécessaire à l’exercice de sa fonction. Il demeure bel et bien un petit président de conseil général.

Lire la suite sur le blog de l'Oeil de Brutus

AntiAusteriteAccroitdéficit AntiAusteriteBaissecroissance chômage déficit dette récession rigueur croissance traître PS Ayrault Hollande austérité

Commentaires (3)

1. L'Oeil de Brutus (site web) 14/05/2013

Je vous rejoins bien sur le fait qu'on ne peut pas dire que les gouvernements successifs de ces 40 dernières années ont systématiquement fait l'inverse du rôle contracyclique définit par Keynes. C'est effectivement plus complexe que cela, mais c'est tout de même globalement le schéma général qui a été produit : quand le budget de l'Etat est en bonne forme, on distribue les dividendes de la croissance ; dès que la situation économique se détériore, on ressert les budgets.
Les 2 exemples que vous donnez sont justement révélateurs :
- Le gouvernement Jospin n'a jamais fait de la réduction des déficits l'un de ses objectifs majeurs. Il a simplement bénéficié d'une conjoncture économique très favorable qui a accru les recettes fiscales et donc diminué les déficits. La nuance est de taille ! Sous ce gouvernement, les dépenses de l'Etat ont continué à augmenter, les recettes aussi ; alors que si l'on confère à l'Etat un rôle contracyclique, son poids économique doit diminuer pendant les périodes économiques favorables.
- Nicolas Sarkozy a voulu impulser une politique de relance keynésienne (certes très désordonnée) en croyant que la crise serait courte. Mais dès 2010, les impôts augmentent fortement par de multiples mesures et mesurettes. En fait, dès 2010 on est dans une politique que je qualifierai de "rigueur molle" (et hypocrite, et électoraliste ...).

Je ne partage pas votre constat pessimiste de croissance molle inéluctable. Dans le modèle néolibéral qui domine actuellement, c'est certes effectivement le cas. Mais il y a des solutions très simples pour nous en sortir très rapidement. Encore faut-il le courage politique de les appliquer. Encore faudrait-il aussi commencer à parler d'une autre forme de croissance.

Dans tous les cas, merci grandement pour votre commentaire et vos nombreux relais.

bien amicalement.

2. arsin (site web) 18/05/2013

Bonjour,
navré du retard pris à vous répondre.
Pour ce qui concerne Jospin, il a fait ce que font quasiment tous les gouvernements qui veulent réduire le poids du secteur public : même Thatcher n'a pas réduit les dépenses publiques en son temps, mais a profité de la croissance que connaissait son pays de 1984 à 1988 pour baisser leur part du PIB. Réduire dans l'absolu les dépenses publiques est très difficile, comme la Grèce en fait l'expérience.
Mais le plus important concerne la croissance. Je ne parle pas de "croissance molle inéluctable", mais d'un trend long qui nous amène vers la croissance zéro sur plusieurs décennies. J'y consacrerai un article dans quelques jours. Le fait est que les croissances des PIB par tête (en PPA) se réduisent tendanciellement dans TOUS les pays développés depuis au moins 40 ans (exception peut-être des cités-états et paradis fiscaux...). Aucun pays n'a trouvé de solution radicale, que ce soit les "modèles" thatchéro-reaganiens ou les "miracles" est-asiatiques (la Chine elle-même commence à décélérer, pour autant que ses statistiques soient crédibles). Ce phénomène est antérieur tant à l'émergence de la Chine que de l'euro ou de la mondialisation financière et des vagues de démantèlement de l'Etat-producteur par les privatisations.
Ca ne veut pas dire que cette situation sera définitive. Le vrai problème me semble plus lié aux révolutions technologiques, qui pourraient se produire au cours de ce siècle, mais qui ne sont pas encore là. D'où ma réflexion finale sur le fait que la priorité devrait être des investissements publics massifs de R&D, et c'est leur absence que l'on peut reprocher à l'UMPS, plus que l'évolution des taux de croissance en soi.

Je vous préviendrai la prochaine fois que je commenterai vos articles en les partageant.
Bien amicalement.

3. L'Oeil de Brutus (site web) 20/05/2013

Je vous rejoins complètement sur la nécessité des investissements en R&D.
Mais je pense qu'au-delà, c'est notre façon même de voir la croissance qu'il faut à terme revoir. Beaucoup d'économistes se sont efforcés de trouver un indicateur plus pertinent que le PIB, mais aucun n'a réussi à mettre en place quelque chose qui puisse faire consensus car ils ont souvent donné des usines à gaz. il faut dire que le PIB a l'avantage d'être très simple : on somme les valeurs ajoutés (VA) et c'est tout (après il peut y avoir plusieurs modes de calcul mais cela importe peu), et tant pis si dans la VA vous comptes celles liées à la spéculation ou à la pollution.
Ou alors il faudrait peut être réussir à faire comprendre à nos concitoyens que finalement, le PIB, et donc la croissance, ce n'est pas si important que ça ... : ce n'est qu'un indicateur parmi d'autres, et certainement pas le plus pertinent.

Ajouter un commentaire

Vous utilisez un logiciel de type AdBlock, qui bloque le service de captchas publicitaires utilisé sur ce site. Pour pouvoir envoyer votre message, désactivez Adblock.

RETOUR A L'ACCUEIL

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site

×