Les cadavres dans le placard

  • Par arsin
  • Le 28/04/2017
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Ou : des mauvaises raisons de voter contre Le Pen.

Cadavre dans le placard

 

Depuis dimanche dernier, on voit fleurir les prises de positions pour Emmanuel Macron, pour Marine Le Pen (nettement moins, disons-le), voire pour l’abstention.

C’est tout à fait normal en démocratie, mais ça ne justifie pas tous les arguments.

Pour la deuxième fois en 15 ans, le Front National est au second tour de l’élection présidentielle. Et inévitablement, on récolte, de la part de ceux qui n’ont pas voté Macron au premier tour, mais qui veulent quand même voter « contre Le Pen » au second, les habituels « rappels historiques sur ce qu’est le Front National ».

A savoir que ce parti a été, incontestablement, fondé par d’anciens collaborateurs vichystes, voire des ultra-collabos qui ont participé à la Légion des Volontaires Français (LVF) ou la Division SS Charlemagne, mais aussi des anciens de l’OAS, etc…

Et il s’en suivrait que « au nom des heures les plus sombres de notre histoire », il faut voter contre Le Pen.

Que l’on s’entende bien : il y a plusieurs motivations qui rendent tout à fait compréhensible la décision de ne pas voter Le Pen ou de préférer son adversaire.

Si vous êtes partisans de l’Union Européenne et de l’Euro.

Si vous n’accordez aucune importance à l’identité ethnique de la France, voire même que pour vous le « métissage » ou le « multiculturalisme » seraient l’avenir.

Si vous pensez que la France est dépassée, et qu’elle doit se fondre dans cette patrie nouvelle que serait l’Europe.

Si vous êtes libre-échangiste et généralement libéral en économie.

Si vous pensez que le programme social de Marine Le Pen serait en réalité pire que celui d’Emmanuel Macron.

Si vous pensez que, quelque soit l’aspect “social” des deux programmes, celui de Le Pen aurait les pires conséquences économiques, et que les plus faibles en pâtiraient.

Si vous refusez la « préférence » (ou aujourd’hui « priorité ») nationale (mais dans ce cas, soyez cohérent, demandez son abolition dans la fonction publique).

Si, tout simplement, vous trouvez le programme du FN peu sérieux, mal chiffré et étayé.

Si vous pensez que le Front National n’a pas les compétences, en termes de personnel, pour appliquer un quelconque programme et gouverner la France.

Toutes ces raisons sont sources de légitimes débats.

Mais pas les arguments sur l’OAS, Vichy et les fondateurs du FN.

Pour des raisons évidentes : nous ne sommes plus pendant la Seconde Guerre Mondiale, la France n’est plus occupée. Peu de gens parlent d’un « problème juif » - à l’exception de gens comme Alain Soral qui ont justement quitté le FN faute d’y avoir trouvé une place, et ne le soutiennent qu’au nom de « l’anti-système ». Et non, les polémiques sur l’Islam aujourd’hui ne sont en rien les rééditions de l’antisémitisme des années 1930 – antisémitisme qui était moins religieux que « racial » ou biologique. Dans la critique de l’Islam, aujourd’hui, on trouve de tout : des gens qui sont en fait anti-Arabes ou Pakis, mais aussi des gens qui critiquent bien une religion en tant qu’idéologie. Et parfois, les critiques les plus virulentes viennent de gens qui sont eux-mêmes d’origine africaine ou moyen-orientale et qui ont fait leur apostasie.

Il va de soi que nous ne sommes plus à l’époque de l’Algérie Française. La France n’a aujourd’hui plus de colonies (non, les territoires de l’Outre-Mer ne sont pas des colonies, sauf dans la tête de Philippe Poutou). Et l’Algérie Française est un sujet bien plus complexe qu’elle n’apparaît dans l’esprit d’Emmanuel Macron.

Mais surtout, l’objet de ce long statut, est que, parmi les quatre « grandes » candidatures de cette présidentielle », toutes relèvent de familles politiques (la gauche radicale, le centre-gauche, la droite classique « gaulliste », la droite nationaliste) qui ont un « passé sombre ».

Le but de cet article ne sera pas de faire du renvoi “dos-à-dos”, ni de justifier une faute par une autre commise par un concurrent. Mais d’interpeller sur la pertinence des indignations et autres “jamais ça!” quand il s’agit de sujets anciens et que l’on peut trouver des faits également embarrassants ailleurs.

On a déjà parlé du FN, et de nombreux autres articles vous renseigneront (et certains le feront bien).

 

Voyons ce qu’il en est de la famille politique de Mélenchon. Le principal parti politique à l’avoir soutenu est le PCF, et le principal journal fut L’Humanité.

Je préviens tout de suite : j’ai été membre du PCF pendant plus de 5 ans (2005-2011). Et il ne s’agit pas de faire de l’anticommunisme bas de plafond. A celui qui me dirait « Comment peut-on être communiste avec tout ce qui s’est passé à l’Est », je réponds qu’on peut être communiste en raison de ce qui s’est passé en France. La France a eu, en effet, jusqu’à un tiers de son économie socialisée (administrations et entreprises publiques) avant les privatisations de 1986. Personne n’en est mort, il n’y a pas eu de famine ni de déportation, et ce secteur public n’a pas empêché la France de connaître une des plus forte progression de son niveau de vie en Europe de l’Ouest de 1945 à 1975, quand il ne l’a pas stimulée par de grands projets dont, n’en déplaise à Mélenchon (parce que cela inclut notre parc électronucléaire), nous bénéficions toujours.

Mais il y a des faits : le PCF a aussi passé des décennies – l’essentiel de son existence, et sa raison même de la scission avec la IIème Internationale au Congrès de Tours en 1920 – à suivre l’URSS. En s’aveuglant volontairement sur la réalité du régime soviétique, de ses crimes, en niant ceux-ci ou en les justifiant. On se souviendra de l’éternelle une du 6 mars 1953 en hommage à Staline décédé la veille. Le rôle du PCF dans l’épuration sauvage (1944-1945), qui a fait 8000 à 9000 morts, et pas que des collabos avérés, reste à clarifier – même s’il n’y a manifestement pas eu de plan du Parti pour tuer des gens.

Plus grave encore, en 2015, le PCF et l’Humanité, par un mélange de réminiscences staliniennes et de tiers-mondisme crétin, faisait toujours l’apologie du régime vietnamien. Cette année-là, « l’Huma » publiait une autre une, en couleur, célébrant les 40 ans de la chute de Saïgon/Ho Chi Minh-ville, en y voyant la « libération » du Vietnam. Les mots sont importants : le régime de Hanoi a unifié le Vietnam et en a fait un état souverain, combattant des ingérences française puis américaine particulièrement brutales et surtout fort mal pensées. L’intervention US, outre de s’être acharnée à défendre un régime sud-vietnamien vermoulu, a en effet favorisé la chute du Laos et du Cambodge, réalisant par là la « chute des dominos » que les USA prétendaient empêcher en Asie du Sud-Est. Le camp occidental aurait mieux fait d’abandonner le Sud-Vietnam – voire de ne jamais le créer – et de défendre les deux autres états de l’ex-Indochine française.

Mais on ne peut absolument pas dire que le régime de Hanoi a « libéré » le Vietnam. Ou alors, il faudra expliquer cette « liberté » aux centaines de milliers de Vietnamiens qui sont passés par des camps de rééducation, à ceux qui y sont morts, aux dizaines de milliers d’exécutés, aux centaines de milliers qui ont fui le pays par tous les moyens, et à ceux qui ont disparu en mer. Voilà qui représente un bilan supérieur, en nombre de morts, aux œuvres de Vichy, dans un pays (le Vietnam « libéré ») qui n’avait justement plus pour excuse d’être sous occupation étrangère.

On pourrait aussi parler des œuvres de Castro à Jean-Luc, quand il aura séché ses larmes pour le Lider Maximo. Que la situation de Cuba soit particulièrement difficile du fait de la confrontation avec les USA, c’est une chose. Que de nombreuses réalisations positives aient eu lieu à Cuba, c’est aussi une chose, mais il y en aurait eu bien plus si Castro avait choisi un modèle économique plus efficace (l’île a totalement raté sa croissance dans les années 1960, sans parler des années 1990), qui aurait permis de financer encore plus de progrès. Mais là encore, cela ne permet pas d’oublier les centaines d’exécutions – au moins – qui ont eu lieu en temps de paix, sur des opposants désarmés.

 

Passons au camp de la gauche « sociale, démocrate, républicaine ». Dont le principal héritier est…Emmanuel Macron – Benoit Hamon ayant surtout été là pour enterrer l’aile gauche du parti.

Après la sortie des communistes du gouvernement français en 1947, la Quatrième République (1946-1958) a été principalement dirigée par deux formations : la SFIO (issue de la IIème Internationale, ancêtre du PS) et le MRP (centre, ancêtre de l’UDF), auxquelles on peut ajouter le PRS (Parti des Radicaux Socialistes, ancêtre officieux du PRG actuel). La gauche SFIO a entamé la guerre d’Algérie sous Guy Mollet, et François Mitterrand a été ministre de l’Intérieur pendant cette guerre. Au moins 300 000 personnes, dont une moitié de civils, le reste de combattants FLN et 24 000 soldats français en sont morts.

Pour faire une petite parenthèse : comme je l’ai écrit dans un précédent article, la colonisation ou éventuellement la mise sous protectorat de l’Algérie par une puissance européenne au XIXème siècle était inévitable. Parce que le rapport de force est la base des relations entre les Etats, et que la puissance des Européens face au reste du monde ne laissait aucun doute sur le fait qu’ils allaient le dominer. A d’autres époques, les Califats Islamiques arabes, les Mongols, les Turcs ou l’Empire Japonais n’ont pas fait preuve de plus de pudeur. Et toutes les nations du monde se sont construites par la violence conquérante et l’assimilation des territoires annexés. Les USA et la Russie sont, actuellement, des empires coloniaux qui ont réussi, aux contraires des empires britanniques ou français qui ont disparu, non parce qu’ils étaient plus « immoraux » que les autres, mais plus incohérents et moins viables.

Dans le cas de l’Algérie Française, la plus grande source de violences au XXème siècle a été due à l’obstination de la France à croire qu’elle pouvait faire de ce territoire une terre française, départementalisée, et à terme peuplée uniquement de citoyens français. Et quand je dis « la France », je parle bien de la nation française, car, entre 1945 et 1962, de Sétif à Evian, la France, contrairement à l’époque de la rafle du Vel d’Hiv, était une nation souveraine et non occupée, donc responsable des actes de son gouvernement.

Le fait est que l’Algérie était ethniquement inassimilable à la France, trop peuplée et féconde pour l’être, qu’Européens et Arabo-Berbères ne pouvaient réellement fusionner en un seul peuple, et cela fut matérialisé par le statut de l’Indigénat, le Double-Collège électoral après 1945, la République maintenant officiellement l’objectif de l’assimilation à long terme. Si la France avait suivi une logique clairement ethniciste (admettant que les Algériens, dans leur ensemble, étaient inassimilables), l’Algérie eut été un protectorat – ou plusieurs -, et son accession à l’indépendance eut été plus rapide et beaucoup moins violente, comme en Tunisie ou au Maroc en 1956. Fin de la parenthèse.

En refusant d’envisager plus tôt la fin de l’Algérie Française, Mollet, Mitterrand, et tous les gouvernements SFIO-MRP de la Quatrième République ont pris une immense responsabilité sur le dénouement extrêmement violent de cet épisode de l’Histoire de France. Dans cette histoire, le sous-lieutenant Jean-Marie Le Pen n’a été qu’un exécutant. Et les tueurs de l’OAS, aussi méprisables qu’ils soient, n’ont pas causé le conflit, sinon par leur entêtement pied-noir à croire au récit de l’Algérie Française multiculturelle et unie que la République leur a toujours soutenu, jusqu’à Evian.

Ecartée du pouvoir pour 23 ans après 1958, la gauche socialiste/sociale-démocrate y reviendra sous Mitterrand. Qui aura l’occasion de reprendre la suite des relations douteuses élaborées dans les années 1960, aux débuts de la Françafrique, avec des régimes particulièrement peu recommandables. L’apocalypse étant atteint avec le génocide rwandais de 1994. Il ne s’agit pas de reprendre toute la propagande anti-française du régime de Kagamé ou d’associations comme Survie. La France n’a pas commandité le génocide, ni ne l’a commis. Mais elle aurait au moins, certainement, pu l’empêcher dès le premier des trois mois (le génocide a duré d’avril à juin 1994). L’ONU avait d’ailleurs lancé une opération (Amaryllis) en avril…mais seulement pour évacuer des ressortissants étrangers et ensuite retirer son contingent de casques bleus. La France était le pays le mieux renseigné, et avec le plus de moyens pour agir rapidement dans cette région du monde. Quelques milliers de soldats de métier à Kigali auraient pu mettre à terre le régime improvisé du GIR (Gouvernement Intérimaire de la République) rwandais, qui accomplit le génocide après la mort du président Habyarimana le 6 avril 1994. François Mitterrand et son adjuvant Hubert Védrine ne l’ont pas fait, et ont laissé un million de personnes mourir. L’opération « Turquoise », démarrant fin juin 1994, arrivera beaucoup trop tard, sauvera trop peu de gens, et permettra, intentionnellement ou non (je reste très prudent), la fuite de génocidaires – je ne mets pas ici en cause l’action des soldats français, mais le commandement politique de cette opération. En sus, l’inaction mitterrandienne a permis l’arrivée au pouvoir du FPR de Paul Kagamé, qui, certes, a mis fin au génocide contre les Tutsis, mais a, en 1996-1997, largement contribué à provoquer la guerre du Zaïre/Congo, qui dura des années – dure toujours, d’une certaine manière – et fit des millions de morts supplémentaires.

La gauche sociale-démocrate a en réalité toujours soutenu toutes les erreurs et fourvoiements des différentes républiques françaises, à commencer par les plus mortifères. Par l’obstination à penser qu’on pouvait réaliser une France multiculturelle en assimilant l’Algérie, par les relations douteuses dans la Françafrique, et, aujourd’hui – même si cela fait beaucoup moins de morts, sauf en Grèce – par sa foi en la « construction européenne ».

Voilà pour la gauche « républicaine, sociale, démocrate ».

 

Finissons avec la droite « républicaine, gaulliste, libérale »…représentée par François Fillon (et dont est issu également Nicolas Dupont-Aignan). J’y inclus le centre-droit, et la présidence Giscard – dont les héritiers se retrouveront en partie chez Macron.

On peut avoir toute l’admiration que l’on veut pour Charles De Gaulle en tant que chef de la France Libre, et en tant que reconstructeur de l’indépendance française après 1958, tout comme pour son rôle fondateur dans la Cinquième République, dont les principes initiaux avaient une certaine cohérence. Pour ma part, j’approuve surtout sa décision de doter la France de l’arme nucléaire.

Mais, comme pour ce qui précède, il y a des faits. Dès le jour de la capitulation de l’Allemagne nazie, le 8 mai 1945, se produit en Algérie le massacre de Sétif et Guelma. Certes, celui-ci est initié par une manifestation nationaliste algérienne dégénérant en tuerie d’une centaine d’Européens. Mais la réponse de l’armée française se fait quasiment au centuple : 3000 à 8000 morts, voire au-delà (mais beaucoup moins que les 45 000 annoncés par le FLN). A ce moment, la France est dirigée par le Gouvernement Provisoire de la République Française, présidé par Charles De Gaulle, qui demande le 11 mai l’intervention de l’armée. Que cette intervention ait été normale en soi face à des meurtres (sur des Pieds-Noirs en l’occurrence) n’enlève que le chef de la France Libre a une responsabilité sur l’ampleur de la répression. Et celle-ci aura un effet déterminant sur la montée du FLN (qui n’était pas à l’origine de la manifestation algérienne du 8 mai 1945) comme force prépondérante de l’indépendantisme algérien armé.

De Gaulle devra donc terminer, en 1958-1962, la guerre que Sétif et Guelma auront commencé à enflammer. S’il n’est pas responsable de ce que la Quatrième République a manqué de faire en douze ans (à savoir préparer l’indépendance de l’Algérie, en un ou plusieurs états), et que nul ne sait comment la guerre d’Algérie aurait évolué – voire si elle aurait commencé – si De Gaulle avait dirigé durablement la France des années quarante et cinquante, il est responsable d’avoir abandonné l’intégralité du territoire au FLN en 1962. Et ce sans nécessité militaire, car l’armée française, faute d’éliminer complètement l’Armée de Libération Nationale (ALN, armée du FLN), l’avait sérieusement réduite en 1960-1961. Avec le territoire, furent abandonnés plusieurs dizaines de milliers de harkis et plusieurs milliers de Pieds-noirs tués, par exemple à Oran en juillet 1962.

De Gaulle a aussi « réussi » la décolonisation sans guerre de l’Afrique noire. Ou presque : l’armée française interviendra au Cameroun contre l’insurrection Bamiléké en 1960. Les états africains post-français, aux frontières bancales et sans consistances nationales (facteur déterminant du développement), enchaîneront dictatures et coups d’Etat, de Gnassingbé Eyadéma à Jean-Bedel Bokassa en passant par Moussa Traoré et Denis Sassou Nguesso, sans oublier le très généreux Omar Bongo.

Jacques Chirac puis Nicolas Sarkozy entraîneront également la France dans le conflit afghan et libyen. Dans chacun des deux cas, la cause initiale était juste : les Talibans étaient bien une force oppressive et militairement précaire, menaçant l’Asie Centrale et les minorités ethniques du Nord de l’Afghanistan. Mouammar Kadhafi était lui aussi un despote contre lequel une partie de la population libyenne s’est soulevée, même si l’ampleur de la répression pratiquée en février-mars 2011 a été largement exagérée. Le problème est que le conflit afghan est insoluble sur le long terme, parce qu’il est moins un conflit entre « musulmans modérés » et « extrémistes talibans », qu’un conflit ethnique : pashtounes (l’ethnie du sud et de l’ouest de l’Afghanistan, représentant la moitié du pays et dont les Talibans sont l’expression militaire principale) versus autres ethnies (Hazaras, Tadjiks, Ouzbeks…). Le régime afghan soutenu par l’OTAN, installé en 2001 à Kaboul, n’a rien d’une démocratie libérale sur le plan religieux : c’est au contraire une république islamique. L’effort de guerre français (ou de l’OTAN en général) n’a aucun espoir de rétablir la paix (absente depuis les années 1970) dans ce pays, où le nation building a échoué comme en Irak. En Libye, Nicolas Sarkozy a refusé les solutions diplomatiques offertes par le régime de Tripoli au printemps 2011, poussé la guerre jusqu’à l’assassinat du Guide (ce pour quoi on ne pleurera pas), mais laissé immédiatement le nouvel état libyen sans assistance, sans force armée professionnelle. La suite était prévisible : le basculement du pouvoir militaire entre les milices, puis la guerre civile. Il faut rappeler que ces deux conflits ont fait leur lot de bombardements, de morts civiles, mais aussi de pertes militaires françaises. Et à chaque fois : pourquoi, au final ?

J’en oublie certainement, mais les placards des trois grandes familles politiques françaises ayant participé à des gouvernements (ce qui fut le cas des communistes) ne sont pas reluisants – et j’ai tendance à dire que le plus rempli et le plus répugnant est celui de la gauche PS.

Qu’aurait fait le FN s’il avait été aux responsabilités ? Quel FN, de quel époque ?...vous répondrai-je. Sans doute pas beaucoup mieux. Peut-être pire.

Est-ce que tout ce qui précède est une raison de préférer le FN ? Nullement. Mais si vous devez rejeter le parti de Marine Le Pen, faites-le pour son programme actuel, ou parce que vous estimez que son équipe n’a pas les compétences pour gouverner. Et rappelez-vous qu’il faut une majorité parlementaire pour cela. Du coup, déblatérer sur tous les groupuscules de tarés – antisémites, nazis, mais moins les fondamentalistes chrétiens ces temps-ci - qui ont gravité, et gravitent encore, autour de la Présidente du Front n’a pas grand intérêt politique : que pèseraient ces gens dans des accords de gouvernement, dans des alliances pour les élections législatives ? Rien, et ils en seraient encore plus réduits à s’autocensurer pour ne pas être purgés. Prendre prétexte de l’existence de ces gens pour déclarer le vote Le Pen impensable, c’est leur donner une importance qu’ils n’auront jamais au sein de la société française. C’est presque aussi pertinent que de rejeter un candidat parce que, dans sa vie privée, celui-ci s’adonne à des superstitions, des rites obscurs, croit aux pseudosciences – ce qui arrive fréquemment parmi les élites.

La vraie question est toujours : qu’est-ce qui sera fait, politiquement ?

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