Les raisons d'une rechute - par Jacques Sapir

  • Par arsin
  • Le 26/11/2013
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Par Jacques Sapir, sur son blog

 G1-Croissance

Lecture : en 2013, les facteurs qui poussent à la croissance (histogrammes au-dessus de zéro) se réduisent à la consommation et à la dilapidation des stocks. L'investissement est en recul et surtout le commerce extérieur ralentissent la croissance.

Source : INSEE : « Au troisième trimestre 2013, le PIB baisse légèrement »

URL : http://www.insee.fr/fr/themes/info-rapide.asp?id=26&date=20131114

La nouvelle dégradation de la situation économique – la France a enregistré un recul de son PIB de -0,1% au troisième trimestre de 2013 – a pris le gouvernement français à contre-pied. En effet, ce dernier escomptait une poursuite de l’amélioration de la situation économique sur la base des résultats qui avaient été enregistrés au 2ème trimestre. La rechute enregistrée au 3ème trimestre vient sonner le glas de ces espérances.

On le constate dans les faits, l’économie française n’est pas sortie de la stagnation dans laquelle elle se débat depuis maintenant près de deux ans. De ce point de vue, l’analyse des facteurs contribuant à la croissance du PIB est extrêmement éclairante. La croissance n’est tirée de l’avant que par le mouvement des stocks. Mais, il est clair que ce mouvement, qui compense des fortes baisses de fin 2011 et 2012, ne va pas se maintenir au 4ème trimestre.

La consommation des ménages reste atone, et ce pour deux raisons : les revenus sont ponctionnés par la hausse des prélèvements fiscaux, et ils le seront encore plus avec la hausse de la TVA au début de 2014, et les inquiétudes suscitées par la politique du gouvernement dans le domaine des retraites pousse les ménages à maintenir leur épargne. À cela s’ajoutent deux facteurs qui tirent le PIB à la baisse, le solde du commerce extérieur (qui est en partie responsable des mauvais résultats du 3ème trimestre) et l’investissement.

L’évolution du solde du commerce extérieur était prévisible, car plusieurs facteurs pèsent sur ce dernier. Il y a en premier lieu le taux de change de l’Euro face au Dollar, qui pénalise particulièrement l’économie française, car celle-ci commerce beaucoup hors de la zone Euro. Nous sommes l’un des pays les moins intégrés dans cette zone. Mais, il faut voir dans la dégradation de ces résultats les effets des politiques de dévaluation interne auxquelles ont été obligés de se soumettre certains de nos voisins comme l’Espagne, le Portugal et même, dans une certaine mesure, l’Italie. La baisse des coûts salariaux, obtenus de manière très brutale par une politique aux résultats effrayants en matière d’emploi (Espagne et Portugal) et de croissance (pour l’ensemble de ces pays), a amélioré leur compétitivité à notre détriment. Cela serait tolérable si nous pouvions, à notre tour, améliorer notre compétitivité par rapport à l’Allemagne, dont les excédents commerciaux déstabilisent l’économie européenne, mais aussi aux pays dont les monnaies sont indexées, plus ou moins, sur le Dollar. Si nous nous livrons, nous aussi, à un exercice de dévaluation interne, comme le veut l’opposition (car telle est bien la recette proposée par MM. Fillon, Copé et Le Maire de l’UMP) nous devons nous attendre à une chute du PIB car la consommation s’effondrera et à une explosion du chômage, qui pourrait rapidement monter à 16%-18% de la population active. Le futur semble donc se réduire à cette alternative : une lente dégradation avec la politique actuelle du pouvoir socialiste ou une très prévisible catastrophe avec la politique proposée par l’opposition.

Lire la suite sur le blog de Jacques Sapir

austérité euro opposition politique France croissance récession chômage

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