Leçons du premier tour - par Yohann Duval

  • Par arsin
  • Le 26/04/2012
  • Commentaires (0)

par Yohann Duval, sur son blog

http://duvalyohann.over-blog.fr

Les Français ont rendu leur verdict : les deux favoris, François Hollande et Nicolas Sarkozy, seront bel et bien présents au second tour. Difficile pour autant d'affirmer que ce scrutin aura été sans surprise : contrairement aux prévisions, les citoyens se sont rendus en masse aux urnes et c'est aux partis en marge du "cercle de la raison" cher à Alain Minc qu'ils ont accordé plus de confiance que prévu.

 

premiertour-copie-1.JPG

 

 

Participation massive

 

Alors que tous nos éditocrates se lamentaient devant une campagne "ennuyeuse" ou "pas inspirante", les Français ont prouvé leur intérêt pour le fait politique et les débats. Obsédés par leur lutte pour le bipartisme et persuadés que la multiplication des candidats est une chose fondamentalement mauvaise, les analystes n'ont pas vu que nos compatriotes attendaient avec impatience cette occasion de s'exprimer.

 

Et ils l'ont fait, en masse. Avec plus de 80% de participation, les citoyens viennent de prouver que le petit milieu journalistique parisien n'est plus du tout en phase avec le peuple dans son ensemble. Oui, cette campagne était intéressante. Oui, d'autres voix ont pu se faire entendre et c'était une bonne chose, quoi que l'on puisse penser des idées défendues. Oui, certains candidats se sont fait un nom et auront un rôle à jouer à l'avenir. Il s'agit là d'une excellente nouvelle pour la démocratie, et cela n'aurait pas été possible si l'offre politique n'avait pas été aussi variée.

 

Rejet du sarkozysme

 

Cette participation massive a d'abord servi à envoyer un message fort : celui du rejet de la politique de casse sociale et de division des Français menée par le président de la République depuis 2007. S'il peut toujours s'appuyer sur un quarteron de fidèles, le reste des électeurs n'a pas pardonné à celui qui a abaissé la France, qui a mis notre pays à la remorque d'intérêts qui ne sont pas les nôtres, qui a fait prospérer la misère et le chômage, et qui a fait exploser les inégalités.

 

Adoubé par seulement 27% de l'électorat, le candidat de l'UMP a échoué à devancer son principal rival au soir du premier tour. Du jamais vu pour un président sortant dans l'histoire de la Vème République. Et surtout un mauvais augure, que l'état major du parti a bien entendu tenu à relativiser, en affirmant que le résultat était plus serré que prévu. Pour les ministres en sursis, jusqu'ici, tout va bien. Mais l'important n'est pas la chute, c'est l'atterrissage.

 

Désarroi face à la mondialisation... et l'européisme

 

Ce premier tour aura également été l'occasion de constater que la mondialisation et le rapport à l'Europe sont deux sujets déterminants pour les Français. Les candidats les plus ouvertement européistes ont été les plus décevants (Eva Joly et François Bayrou). On notera d'ailleurs que le discours du Béarnais n'a eu d'écho qu'à un moment précis : lorsque celui-ci s'est emparé d'une thématique purement nationale (le fameux "made in France"), à mille lieues des préoccupations habituelles des centristes.

 

De leur côté, les nonistes de 2005 ont été soit à la hauteur des prévisions (Nicolas Dupont-Aignan), soit largement au-dessus des résultats précédents (Marine Le Pen fait passer le Front National de 10.44 à 17.9% tandis que Jean-Luc Mélenchon ressuscite l'extrême-gauche "de gouvernement" : de 1.93 à 11.11%). Ce vote pour des candidats aux solutions hétérodoxes, hors du "cercle de la raison", montre l'échec des stratégies de diabolisation et doit évidemment entraîner une remise en question totale de certains dogmes (euro, libre-échange).

 

Respecter, écouter, agir

 

Plutôt que de considérer que certains électeurs sont des "gros cons", pour reprendre l'expression d'une bobo en manque de reconnaissance, sachons entendre ce qu'ils nous disent et agissons en conséquence : oui, la mondialisation et la concurrence déloyale de certains pays posent de nombreux problèmes à notre modèle social et à l'unité de notre nation.

 

Dès lors, il est nécessaire de réagir et de ne plus se limiter aux solutions libérales proposées par l'Union Européenne, véritable instrument de torture des peuples, qui ont mené notre pays au bord du gouffre. Et si c'était en renouant avec une politique patriotique, républicaine et sociale que l'on parvenait - enfin ! - à rendre l'espoir à nos concitoyens ?

Ajouter un commentaire

Vous utilisez un logiciel de type AdBlock, qui bloque le service de captchas publicitaires utilisé sur ce site. Pour pouvoir envoyer votre message, désactivez Adblock.

RETOUR A L'ACCUEIL

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site