Libérons-nous de la "libération fiscale" - article de l'Oeil de Brutus

  • Par arsin
  • Le 28/07/2013
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Propagande néolibérale : non, vous ne travaillez pas pour l'état jusqu'au 26 juillet, mais jusqu'au 13 janvier (ou jusqu'au 10 novembre) - par L'Oeil de Brutus

Commentaire de Pablito Waal : en plus des arguments de Brutus, il faudrait rappeler à ceux qui dissertent sur la "libération fiscale" que l'essentiel (au moins les deux tiers) des dépenses publiques ne servent pas à payer "l'Etat" (sous-entendu ses agents, donc en grande partie les fonctionnaires), mais de la redistribution sociale, principalement vers les retraités, malades, familles, invalides, chômeurs... Affirmer que l'on "travaille sept mois par an pour l'Etat" est un mensonge.

 

C’est depuis quelques années le nouveau dada de la doxa propagandiste néolibérale : évaluer la date du « jour de libération fiscale et social » (sic) à partir de laquelle vous ne « travaillez plus pour l’Etat » et par voie de conséquence à partir de quand vous pouvez, enfin, jouir librement des fruits de votre travail. S’en suivent alors les habituelles litanies sur le poids excessif de l’Etat dans notre pays, son incapacité à se réformer voire les tendances à l’assistanat des Français et donc les indispensables « réformes structurelles » qui s’agit de mettre en œuvre. Car celles-ci ne sauraient manquer d’accroître « nos libertés individuelles » et « libérer les moteurs de la croissance » afin que, tout à chacun, nous puissions « librement » travailler sans quota d’heures hebdomadaires, jusqu’à l’âge le plus avancé possible, sans contraintes salariales aussi aberrantes que peut l’être, par exemple, le SMIC, et le tout en payant le moins de taxes et impôts possible (tout en recevant, bien sûr, le moins « d’assistance sociale » possible).

 

La concentration médiatique étant ce qu’elle est, ce discours en est généralisé un peu partout. Ainsi, après avoir assisté à cette ritournelle en regardant rapidement les informations sur BFM-TV le soir, entendrez-vous la même voix suave vous susurrer les mêmes sornettes sur votre réveille-matin branché sur Europe 1 au sortir de votre nuit. Bien évidemment, ce discours bien rôdé s’exempte de toute critique, et même de toute explication pédagogique sur l’origine même de cette date.


Ce fameux« jour de libération fiscale et social » est calculé de manière très simple : il s’appuie sur le taux de prélèvement obligatoire par rapport au PIB (mais on ne vous explique jamais ce que sont les prélèvements obligatoires ni même les limites de pertinence du PIB en tant qu’indicateur économique[i]). En l’occurrence, en France, comme les prélèvements obligatoires représentent de l’ordre de 56% du PIB, cela suppose donc que vous travaillez 56% de votre temps pour l’Etat, soit 56 % des jours de l’année, ce qui nous amène 26 juillet. Un calcul d’une simplicité qui pourrait paraître désarmante. Sauf qu’il appelle de multiples remarques.

 

En tout premier lieu, et de manière évidente, le PIB n’est ni votre salaire, ni la somme des salaires versés sur une année[ii]. En France, la part des salaires rapportés au PIB étant de l’ordre de 65%, si nos propagandistes néolibéraux allaient jusqu’au bout de leur logique, ils parviendraient à la conclusion que vous travailler 56/65 = 86% du temps pour l’Etat, soit jusqu’au 10 novembre … Mais il faut avouer qu’une telle méthode de calcul mettrait également en lumière la forte décroissance de la part du PIB consacrée aux salaires, et son corollaire : l’augmentation de la part de richesses crée dans notre pays rémunérant le capital … 

Lire la suite sur le blog de L'Oeil de Brutus

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