Mes prédictions pour le 22 avril - par Pablito Waal

  • Par arsin
  • Le 20/04/2012
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Tribune libre et personnelle de Pablito Waal

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Les prédictions électorales sont un art difficile.  Même les journalistes les plus en vue du Web, comme Guy Birenbaum, s’y sont brûlé les doigts. Les économistes d’ElectionScope ont récemment prédit une victoire serrée de Nicolas Sarkozy au second tour, hypothèse qui semble improbable d’après les sondages actuels.

 

De mon côté, je fais quelques constats :

-          D’abord l’abstention est annoncée comme devant battre un nouveau record, probablement plus de 30% après les 28% de 2002 ;

-          La surprise de cette campagne, Jean-Luc Mélenchon, enregistre un tassement dans les sondages, donné désormais entre 13 et 15 % des intentions de vote, voire 12%, alors qu’il fut annoncé jusqu’à 16 ou 17% ;

-          Marine Le Pen, de son côté, opère un timide redressement ;

-          L’écart entre Hollande et Sarkozy, au premier et surtout au second tour, ne s’est pas vraiment résorbé.

Ainsi, sauf grosse surprise dimanche, la trajectoire prévisible de la campagne ne semble pas devoir être déviée. Nous nous dirigeons bien vers un « 1997 bis », soit une victoire de la « gauche » obtenue non par le glissement d’une majorité des électeurs vers la gauche, certainement pas, mais par la démobilisation de l’électorat de droite, déçu de Sarkozy et peu emballés par Le Pen.

Mais l’essentiel n’est pas là.

L’essentiel, c’est que le point de vue que j’avais déjà défendu sur ce site, et qui est le constat de départ de l’ARSIN, c’est que l’action militante n’aura pas changé grand-chose au cours de cette campagne. En témoigne, et en témoignera Dimanche, le peu de changement de rapport de forces entre familles politiques.

A l’appui de cette assertion, les résultats des trois dernières présidentielles, et les estimations que, en se basant sur les sondages, on peut faire sur les résultats de Dimanche prochain :

 (scores en % des suffrages exprimés)

Année 1995 2002 2007 2012
Participation (% des inscrits) 78,0% 72,0% 80,0% 70,0%
Gauche Radicale 14,0% 13,5% 9,0% 15,0%
Sociaux-démocrates 26,0% 28,5% 27,0% 30,0%
Centre-droit 19,0% 14,0% 19,0% 10,0%
Droite 26,0% 23,0% 34,0% 29,0%
Droite nationaliste 15,0% 20,0% 11,0% 16,0%

 

Pour désigner les familles politiques, j’ai refusé les termes « extrême-droite » et « extrême-gauche », qui ne veulent rien dire (on n’est jamais « extrême » que par rapport à quelqu’un d’autre ; par rapport à moi, Bayrou est un extrême-européïste). La notion de « sociale-démocratie » désigne ici tous les partis de gauche qui ne se réclament pas, de près ou de loin, de façon crédible ou non, du communisme ou  ne sont pas alliés directement avec un parti qui s’en réclame. Donc toute la « gauche » hors du PCF, PG, LO, LCR, POI… Le centre, correspondant à des candidats ayant été membres de l’UDF (Bayrou, Boutin…), est désigné plus justement « centre-droit » (car,  comme la notion d’extrême, le centre est toujours relatif).

Pour plus de précisions sur le classement des candidats :

Classements des candidats 1995 2002 2007 2012
Gauche Radicale Laguiller, Hue Gluckstein, Besancenot, Laguiller, Hue Bové, Schivardi, Buffet, Besancenot, Laguiller Poutou, Arthaud, Mélenchon
Sociaux-démocrates Jospin, Voynet Jospin, Taubira, Chevènement, Mamère Royal, Voynet Hollande, Joly
Centre-droit Balladur Bayrou, Lepage, Boutin Bayrou Bayrou
Droite Chirac, De Villiers Chirac, Madelin Sarkozy, De Villiers Sarkozy, Dupont-Aignan
Droite nationaliste Le Pen Le Pen, Mégret Le Pen Le Pen

 

Cheminade est inclassable, en 1995 comme en 2012…mais son score s’annonce négligeable.

Maintenant, ce qui compte vraiment, les scores en proportion des inscrits. Dès dimanche soir, je publierai ceux de 2012.

Année 1995 2002 2007 2012
Gauche Radicale 10,9% 9,7% 7,2% 10,5%
Sociaux-démocrates 20,3% 20,5% 21,6% 21,0%
Centre-droit 14,8% 10,1% 15,2% 7,0%
Droite 20,3% 16,6% 27,2% 20,3%
Droite nationaliste 11,7% 14,4% 8,8% 11,2%

 

Le poids des sociaux-démocrates semble promis à une régularité certaine. Celui de la gauche radicale, tout comme celui du couple « Droite + Centre-droit » retrouveront probablement leur niveau de 2002. On peut dire la même chose de l’ensemble « Centre-Droit+Droite+Droite nationaliste » qui, après avoir totalisé 46% des inscrits en 1995, 41% en 2002, puis 51% en 2007, reviendra probablement aux alentours de 40%. La percée de Bayrou et le score élevé de Sarkozy en 2007 avaient surtout témoigné d’un fort recul de l’abstention, l’effet inverse semble promis pour cette année. On peut voir que l'électorat de droite, relativement majoritaire en France, se mobilise surtout lors des élections marquant la fin d'une longue présidence (14 ans de Mitterrand, 12 ans de Chirac). La fidélité partisane est nettement plus forte à gauche.

Sauf surprise encore, ou si les scores les plus hauts qui sont prêtés au candidat du Front de Gauche se réalisent, la « Blitzkrieg » électorale de Mélenchon aura été une illusion : la gauche radicale restera autour de 10% des inscrits, score qu'elle fait depuis l'effondrement électoral du PCF dans les années 1980 et en 1993. Il faut dire que Jean-Luc aura tout simplement réussi à réunifier son camp, aura bénéficié d’une abstention frappant surtout la droite, augmentant en apparence les performances de la gauche. Et surtout, il n’aura pas eu à affronter la menace du vote utile, le risque de voir Marine Le Pen éliminer Hollande n’ayant jamais été crédible depuis la fin de 2011.

Pour formaliser mes prédictions, disons que je m’attends :

-          A une gauche radicale (Mélenchon + Poutou +Arthaud) autour de 10% des inscrits (un intervalle de 8 à 12%) ;

-          A un score de Hollande + Joly entre 19 et 23% des inscrits ;

-          A un Bayrou entre 6 et 8% des inscrits ;

-          A un Sarkozy entre 18 et 22%. Je pense que l’écart sera important vis-à-vis de Marine Le Pen, en faveur de l’ancien président. Les électeurs de droite sont déçus du quinquennat, mais voudront éviter l’éventualité d’un second tour Hollande-Le Pen ou Hollande-Mélenchon ;

-          Marine Le Pen entre 10 et 14% des inscrits.

Je pense aussi que Nicolas Dupont-Aignan, qui monte légèrement en cette fin de campagne, fera entre 1 et 2% des inscrits, et plutôt 2 que 1.

 

Même si je me trompe, l’essentiel à retenir sera que le travail accompli par des dizaines de milliers de militants chevronnés des différents candidats, entre ceux qui collent régulièrement des affiches et ceux qui seront juste allés une ou deux fois à un rassemblement…n’aura pas servi à grand-chose, pour parler poliment. Les partis n’évoluent pas plus vite que la société, il n’y a aucune raison de penser que quelques mois d’activisme feront bouger plus rapidement les lignes politiques.

A moins qu’on se mette à agir autrement, avec l’ARSIN

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