Monétarisme, culte du veau d’or et néo-paganisme - par Joe Liqueur

  • Par arsin
  • Le 08/07/2013
  • Commentaires (0)

Par Joe Liqueur, sur son blog

Commentaire de Pablito Waal : l'article de Joe Liqueur est intéressant par son début et par sa fin. Oui, il est atterrant d'entendre la litanie libérale du "secteur privé qui SEUL produit des richesses" (voire même, chez Charles Gave, L'ENTREPRENEUR SEUL créerait ladite richesse, 90% des actifs étant des parasites de fait). Oui, la critique de l'écologisme ici faite est pertinente. Mais la façon dont l'auteur élude le problème monétaire passe difficilement. Il faut bien avoir de l'argent avant d'embaucher des salariés, dans le secteur public ou privé, car le propre du salariat est que les premiers traitements précèdent généralement les résultats, et il faut ensuite avoir un flux récurrent pour continuer à payer les salariés. Dans le cas des fonctionnaires, il faut être certain que leur création de richesses sera bien visible dans le PIB national pour être sûr d'avoir suffisemment de richesses à ponctionner pour rémunérer ces nouveaux actifs. Pour Joe Liqueur qui met ses espoirs dans une économie planifiée, il y a peu de doutes. Pour ma part, je suis plus sceptique sur la possibilité de rendre rapidement efficaces (et rentables, osons le mot) plusieurs millions de nouvelles recrues de la machine étatique. 

Faut reconnaître que le paysage martien est un peu aride. Au premier plan,
la sonde Curiosity. Images haute définition ici.  ©NASA/JPL Caltech/MSSS

Comment arriver au plein emploi et ramener le taux de chômage à son niveau frictionnel ? Avec le droit au travail, cela ne vous a pas échappé, je propose essentiellement d’embaucher des fonctionnaires. La question qui revient alors souvent est la suivante : comment va-t-on payer tous ces parasites fonctionnaires ? Où on va trouver l’argent ? Eh bien comme je l’ai déjà expliqué souvent, cette question est absurde. Et la réponse est évidente : on va les payer avec leur travail, avec ce qu’ils produisent par leur travail. Ou alors, on part du principe que ces nouveaux fonctionnaires ne produiraient rien – et/ou que, comme disait Coluche, ceux qui arriveraient en retard croiseraient ceux qui partiraient en avance… Ce que fait justement Edouard Tétreau dans un article d’une rare bêtise. Je cite (c’est moi qui souligne les passages en gras) :

« Nous devons peut-être tout à la puissance publique, mais il apparaît que, chaque jour, la puissance publique doit toujours un peu plus au secteur privé. C’est lui qui porte l’essentiel de la charge. Pas les 16 millions de foyers fiscaux qui ne paient aucun impôt sur le revenu. Ni les millions de fonctionnaires, retraités, chômeurs et personnes légitimement assistées, qui travaillent, vivent et survivent grâce à la richesse créée par le secteur privé et ponctionnée par l’Etat. »


Vous avez bien lu : les millions-de-fonctionnaires « travaillent » et peut-être même « vivent et survivent », les bougres de feignasses, « grâce à la richesse créée par le secteur privé et ponctionnée par l’Etat » (c'est moi qui souligne toujours). On croit ainsi comprendre qu’ils ne produisent aucune richesse. Le jour où le citoyen Tétreau devra payer une milice privée pour se protéger des voyous, payer des mercenaires pour se protéger des envahisseurs, payer des écoles privées à 10 000 $/an pour instruire ses enfants, etc., il adoptera sans doute un point de vue différent. Si on paye les fonctionnaires, c’est justement parce qu’ils produisent quelque chose. Et si on finance leurs salaires en payant des impôts, c’est justement parce qu’ensuite l’école est gratuite, la défense nationale est gratuite, la police est gratuite, etc.. Cette vision d’un Etat qui vivrait au crochet du secteur privé est hélas commune à droite, et elle est d’une stupidité abyssale. En vérite, il n’y a pas d’un côté un secteur privé qui produit toute la richesse et un Etat qui « ponctionne » une partie de cette richesse pour se financer. Il y a, de part et d’autre, des travailleurs qui produisent de la richesse. En payant des impôts, les entreprises comme les personnes physiques ne font que payer des services dont elles ont besoin. Et ce mode de paiement donne la possibilité de réduire au passage les inégalités. Comme le signalait Eric Laurent dans son livre Le scandale des délocalisations (Plon, 2011, et chez Pocket en septembre 2013), un certain nombre de patrons adeptes du dumping salarial l’ont compris à leurs dépens après avoir délocalisé leur production dans les pays pauvres. Certes ils avaient trouvé une main-d’œuvre pas chère ; mais ils se sont aperçus qu’ils devaient construire eux-mêmes les routes, les ports, le réseau électrique, le réseau de comunication, ou encore que le système judiciaire local était incapable de régler leurs différents commerciaux. Du coup, même avec des salaires au ras des pâquerettes, l’aventure finissait par coûter cher. Mais passons.

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