Nicolas Dupont-Aignan n'est pas Marine Le Pen ! - par Tomgu

  • Par arsin
  • Le 13/04/2012
  • Commentaires (0)

Par Tomgu, sur son blog

http://lactualite.over-blog.com

 

Hier soir, France 2 organisait une version spéciale présidentielle de l'émission des paroles et des actes durant laquelle cinq candidats (Nicolas Dupont-Aignan, Eva Joly, François Hollande, Marine Le Pen, Philippe Poutou) ont eu un peu plus de 15 minutes pour s'exprimer. Une nouvelle émission se tiendra ce soir avec les cinq autres candidats (Nicolas Sarkozy, Jacques Cheminade, Jean-Luc Mélenchon, Nathalie Arthaud, François Bayrou).

 

A environ dix jours du premier tour, il était grand temps que le service public organise une telle émission. De fait, comment tolérer que les cinq candidats dits principaux (Mélenchon, Le Pen, Sarkozy, Bayrou, Hollande) aient eu une soirée dédiée de deux heures alors que les autres n'ont eu que des cacahuètes ? Est-ce cela la démocratie ? Je ne le crois pas.

 

Même si France 2 a fait un pas dans le bon sens, il n'en reste pas moins que cela ne fut pas satisfaisant, en raison notamment du format de l'émission. D'une part, les candidats ont eu seulement un quart d'heure pour s'exprimer. Si cela est largement suffisant pour ceux que l'on entend partout depuis des mois, je trouve cette durée un peu courte pour les autres que les Français connaissent moins. D'autre part, j'ai trouvé que la comparaison entre tous les candidats était difficile. De fait, il s'agissait d'un "grand oral" avec des questions différentes selon l'interlocuteur et non d'un vrai débat.

 

A la décharge de France Télévision, je tiens à signaler que ce sont le PS et l'UMP qui ont refusé une confrontation à dix. Etrange que de fuir le débat lorsque l'on prétend aux plus hautes fonctions. Pire, il semblerait qu'un débat aura finalement lieu dans l'émission Mots Croisés. Mais là encore, l'UMPS fait preuve d'un grand courage et François Hollande et Nicolas Sarkozy ne daigneront pas faire le déplacement puisqu'ils enverront un de leurs représentants.

 

Mais passons.

A l'origine, j'avais l'intention de consacrer deux articles à cette émission, commentant brièvement l'intervention des dix candidats. Au final, j'ai choisi d'y renoncer pour deux raisons. La première est que les prestations m'ont paru assez médiocres et sans surprise dans l'ensemble et ne méritent donc pas de s'y attarder. La seconde est que cela risquait d'être redondant avec mon article de la semaine prochaine dans lequel je m'exprimerai sur mon choix pour le premier tour de l'élection présidentielle.

 

L'émission d'hier m'a malgré tout donné l'envie d'écrire. Pas spécialement sur les prestations de chacun mais sur un point en particulier. Je souhaite parler du mépris dont font preuve les médias à l'égard de Nicolas Dupont-Aignan. Comme à chaque interview, les journalistes répètent inlassablement les questions auxquelles ils obtiennent toujours les mêmes réponses.

 

Hier encore David Pujadas n'a pas dérogé à la règle. Effectivement, celui-ci a attaqué directement par interroger le candidat sur les sondages puis sur des points de convergence avec Nicolas Sarkozy ou Marine Le Pen. Implicitement, cela revenait à demander au député-maire pourquoi il se présentait puisqu'il était bas dans les sondages et, en gros, qu'il avait le même programme que d'autres.

 

J'ai donc envie de clarifier les choses une bonne fois pour toute car j'en ai assez des raccourcis journalistiques qui visent à décrédibiliser un homme et ses idées. Tout d'abord, il est vrai que Nicolas Dupont-Aignan est plutôt bas dans les sondages. C'est un fait. Mais peut-on vraiment avoir confiance dans les sondages ? Je ne le crois pas. Rappelez-vous de Balladur en 1995, de Jospin en 2002 ou du référendum en 2005. Faux, faux et encore faux. Les instituts de sondage se sont à chaque fois trompés. Mieux, lors des élections précédentes dans lesquelles Debout la République était présent (européennes et régionales), les sondages lui accordaient moins de 1 %. Or aux européennes DLR a réalisé un score supérieur à 2 %. Et aux régionales de 2010 en Ile-de-France, la liste a fait plus de 4 % devant le Modem et le NPA. Donc attention aux sondages qui doivent être pris avec précaution.

 

Intéressons-nous maintenant à la question de la légitimité de la candidature. En quoi celle de Nicolas Dupont-Aignan serait-elle moins légitime que les autres ? Que je sache il a obtenu ses 500 signatures (environ 750 au bout du compte). Si on suit cette logique, pourquoi est-ce que Bayrou se présente alors qu'il a déjà échoué deux fois ? Et Eva Joly ? Celle-ci ne s'est lancée que récemment en politique, et ses sondages sont catastrophiques ...

Pour information, Nicolas Dupont-Aignan est le maire le mieux élu de France, il est député depuis 15 ans et bénéficie donc d'une expérience de terrain. Certes son parti est jeune et encore peu développé mais celui-ci fut présent aux dernières élections européennes et régionales.

 

Terminons-en avec les amalgames incessants avec Marine Le Pen et le Front National. Commençons par dire qu'à chaque fois, les journalistes parlent de Le Pen lorsqu'il est question de Dupont-Aignan, estimant que celui-ci dit la même chose. Il est vrai que les deux candidats ont des positions communes, sur l'euro ou l'UE par exemple. Le nier serait faire preuve de mauvaise foi. Mais pourquoi ne jamais rappeler que des convergences existent également avec Arnaud Montebourg, Jean-Pierre Chevènement ou Jean-Luc Mélenchon, si ce n'est pour chercher à discréditer le candidat ?

 

Par ailleurs, il n'en demeure pas moins que des divergences profondes existent entre DLR et le FN. Depuis sa création, le Front National a fait la démonstration de son caractère extrême et xénophobe. Malgré un léger virage pris depuis la prise de pouvoir de Marine Le Pen, les vieilles rengaines perdurent. A en croire ces gens là, l'immigration et les musulmans seraient les seuls problèmes du pays. La candidate en a d'ailleurs parfaitement donné l'exemple hier. Malgré les discours et les belles paroles, le FN reste un parti qui surfe sur les peurs et les vils instincts des gens. Preuve encore récemment avec l'affaire Merah où tout et n'importe quoi a été raconté pour encourager la division des Français et la méfiance vis-à-vis des étrangers.

Peut-être que la dirigeante actuelle est quelque peu différente, peut-être que les nouveaux venus sont sincères mais je ne peux m'empêcher de penser que d'autres sont encore là. Et c'est bien ces personnes qui entourent aussi la candidate. Je pense notamment à Jean-Marie Le Pen ou à Bruno Gollnisch. Mais on se rend rapidement compte que ce ne sont pas les seuls dès lors que l'on creuse un peu et que l'on discute avec les militants. Il existe d'ailleurs beaucoup d'enquêtes à ce sujet ...

 

Quel que soit le vote de chacun, cela m'est égal. Seulement, je souhaite que chacun fasse preuve d'honnêteté intellectuelle. En lisant les programmes, en écoutant les interventions des deux candidats. Alors que Marine Le Pen et ses acolytes sont dans le rejet de l'autre, en particulier s'il est d'origine étrangère, Nicolas Dupont-Aignan et ses amis s'engagent dans une démarche de rassemblement, dans la pure tradition gaulliste.

 

Mais une fois encore, peu importe le bulletin glissé dans l'urne. L'essentiel est de le faire en toute connaissance de cause. Car comme l'a très justement dit Jean-Luc Mélenchon, si vus laissez vos convictions à l'entrée du bureau de vote, il ne faudra pas s'étonner de ne plus les retrouver à la sortie.

Union souveraineté euro France

Ajouter un commentaire

Vous utilisez un logiciel de type AdBlock, qui bloque le service de captchas publicitaires utilisé sur ce site. Pour pouvoir envoyer votre message, désactivez Adblock.

RETOUR A L'ACCUEIL

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site

×