Nous sommes tous des salariés PSA ! - par Tomgu

  • Par arsin
  • Le 15/07/2012
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Par Tomgu, sur son blog

http://lactualite.over-blog.com


La fermeture tant redoutée de l'usine d'Aulnay en Seine-Saint-Denis (3 000 salariés) est prévue courant 2014. Rennes va perdre 1 400 nouveaux salariés. Hors production, ce sont 3 600 postes qui vont être supprimés, dont 1 400 dans la recherche et le développement. Au total, environ un emploi sur dix dans l'activité automobile de PSA en France va disparaître. PSA tente désormais d'expliquer ses décisions basées sur des prévisions d'une baisse durable du marché européen, où le constructeur vend 60 % de ses véhicules.

Source : lepoint.fr

C'est finalement sans grande surprise que le groupe PSA a annoncé hier son intention de supprimer 8 000 postes en France, notamment par le biais de la fermeture du site d'Aulnay. Bien évidemment, il faut ajouter à cette addition l'ensemble des emplois indirects qui seront touchés, en particulier parmi les sous-traitants du constructeur automobile.

 

Alors bien sûr toute la classe politique s'est indignée suite à cette annonce. De même, les syndicats ont crié au scandale et ont rivalisé d'imagination pour qualifier l'évènement : "crime social", "séisme" ... Bref chacun s'est laissé aller à la surenchère. Dans la continuité, et de manière assez logique je dois dire, le gouvernement a avancé quelques mesures  pour ne pas sembler inactif avec en particulier l'évocation d'un nouveau plan de soutien à la filière automobile.

 

Si le comportement du groupe PSA n'est pas socialement tolérable, il n'en reste pas moins que les réactions du PS et de l'UMP ne sont pas plus acceptables. En effet, il ne s'agit là que de postures, que de comportements de façade. Mais en vérité, comme Nicolas Sarkozy en son temps, François Hollande ne fait qu'aligner des mots sans que les actes ne suivent. Il est bien loin le temps de la primaire où Arnaud Montebourg, aujourd'hui ministre du redressement productif, se posait en chantre de la démondialisation.

 

Dans ce domaine, comme dans d'autre d'ailleurs, le gouvernement socialiste s'inscrit dans la continuité de ses prédécesseurs. Si les personnalités ont changé, les méthodes sont restées les mêmes : aides aux entreprises sans contrepartie, poursuite des politiques d'austérité, persistance du dogmatisme européen ... Bien que ces solutions aient échouées depuis des décennies, les sociaux-démocrates du PS persistent immuablement dans la même voie, provoquant désillusion et amertume chez les électeurs de gauche.

 

Durant la campagne François Hollande avait pour slogan "le changement c'est maintenant". Si de sensibles évolutions se sont faites sentir sur la forme, il apparaît clairement que le fond n'a que peu varié depuis le 6 mai. Comme beaucoup, dont moi-même, l'avaient pressenti, le président Hollande n'a aucunement la volonté de remettre en question le système actuel. Il n'y a qu'à examiner l'issue du dernier sommet européen pour s'en rendre compte.

 

De manière paradoxale, et en dépit de sa non mise en oeuvre, le changement promis par François Hollande est on ne peut plus nécessaire. Mais c'est d'un profond changement que notre pays a besoin, pas de légères transformations. C'est toute notre organisation économique et financière qu'il faut changer avec l'intérêt général pour seul objectif. Mais cela nécessite au préalable un changement de mentalités de nos dirigeants.

 

Pendant de trop nombreuses années, nos gouvernants se sont laissés confisquer le pouvoir. Peu à peu, les politiques se sont vu déposséder de leurs prérogatives au profit de la sphère économique et financière. En outre, et cela est peut-être encore plus grave, les peuples se sont vus progressivement dessaisir de leur souveraineté par des instances supranationales non élues. C'est donc de ce système où la démocratie est la grande perdante qu'il convient de s'extirper au plus vite.

 

Alors comment faire pour ne pas que ces objectifs restent des voeux pieux ?

Personnellement je crois que tout part de la volonté politique. Nos gouvernants successifs, de manière plus ou moins active et consciente, ont fait des choix qui nous ont conduits à cette situation. Je pense donc que ce sera de la Politique que viendra la solution. Autrement dit, c'est par l'Etat et ses pouvoirs que nous pourrons mettre fin à ces années d'égarement. Le politique doit donc rapidement reprendre la main sur l'économique et redevenir la pierre angulaire de notre système.

 

Mais soyons plus précis encore et venons-en aux mesures concrètes pour bien comprendre de quoi il s'agit.

En premier lieu, il me semble indispensable que le droit national prime à nouveau sur le droit communautaire. En clair, cela signifie que le droit français, contrairement à aujourd'hui, sera plus important que le droit européen. Ainsi, l'Union Européenne ne pourra plus imposer quoi que ce soit à notre pays.

Ensuite, l'Etat doit retrouver sa force d'intervention en matière économique. L'investissement dans les services publics, les nationalisations ou encore la réforme de la fiscalité en seront les principaux moyens.

Enfin, notre nation doit recouvrer sa pleine et entière souveraineté en termes de politiques monétaires, budgétaires et commerciales. Cela passera notamment par la mise en place de mesures protectionnistes (droits de douanes, quotas d'importation ...), le financement direct par la Banque de France ou également la sortie de l'euro.

 

Bien évidemment, ces mesures ne se feront pas en un jour. Pis, il est possible que celles-ci ne soient même jamais mises en oeuvre tant elles vont à l'encontre de l'ordre établi et de la pensée unique. Je crois pourtant que la situation actuelle n'est plus tenable pour les membres de l'UE. Malgré les échecs des politiques de rigueur, les dirigeants européens persistent dans l'austérité alors même que c'est tout l'inverse qu'il faut faire.

 

Depuis la crise économique et financière de 2008, les États ont multiplié les plans de sauvetage pour l'Irlande, la Grèce, l'Espagne ... En réalité, il ne s'agissait que de faire payer aux peuples les dérives de la finance. Une fois de plus, une fois de trop, les banques et les spéculateurs se tirent sans grand dommage d'une situation dont ils sont à l'origine. En outre, il apparaît que l'austérité est un véritable cercle vicieux qui s'auto entretient. En coupant dans les dépenses publiques, les États font une croix sur la consommation des ménages et l'activité des entreprises donc sur leurs recettes fiscales, ce qui nécessite alors davantage d'économies. Cela n'est donc clairement plus possible et il est donc grand temps de faire place au changement.

 

Pour finir, j'aimerais avoir une pensée pour l'ensemble des salariés PSA sacrifiés sur l'autel du profit et de la mondialisation. Je tiens également à exprimer à ces personnes ainsi qu'à leur famille tout mon soutien dans cette épreuve difficile. Il ne s'agit là que d'un acte purement symbolique mais je crois qu'il est important que tous nos concitoyens soient solidaires car, d'une manière ou d'une autre, nous sommes tous des salariés PSA.

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