Overlord et Bagration - par Jacques Sapir

  • Par arsin
  • Le 09/05/2014
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Par Jacques Sapir, sur son blog

Les célébrations du 69ème anniversaire de la Victoire sur l’Allemagne (9 mai) annoncent celles du 70ème anniversaire du débarquement de Normandie. L’attention des médias comme celle du public va donc être focalisée sur le rôle des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne et sur une bataille qui, si elle eut une importance considérable pour la France, doit être resituée dans son contexte de l’époque. Un livre récent de Jean Lopez, Opération BAGRATION – La revanche de Staline, permet de relativiser utilement les combats qui ont eu lieu sur les plages de Normandie. Ce livre s’inscrit d’ailleurs dans un ensemble dont 4 autres ouvrages ont été publiés. Ce travail de fond place Jean Lopez parmi les meilleurs spécialistes de l’Armée Rouge et des combats de 1941 à 1945.

Ce livre vient à point. Il contribue à rétablir la vérité sur les opérations de la seconde Guerre Mondiale. En effet, il faut rappeler que le débarquement en Normandie eut été impossible si la majorité de l’armée allemande n’avait été immobilisée face aux forces soviétiques. La victoire de Koursk (juillet 1943) et les offensives qui ont suivi ont rendu possible l’opération Overlord. Ceci est particulièrement vrai dans les chiffres : on estime ainsi qu’en 1944 que 50% du potentiel militaire de l’Allemagne est employé face à l’Armée Rouge alors qu’environ 25% seulement est déployé en France, en Belgique et aux Pays-Bas. Mais ceci est encore plus vrai pour la qualité des hommes. La guerre contre l’URSS a saigné l’armée nazie. La qualité des hommes, combattants et commandants, s’en ressent. Elle ne se relèvera pas, d’ailleurs, des coups qui lui seront infligés lors de Bagration.

L'importance de l'opération Bagration

Ce que l’on appelle l’opération Bagration recouvre en réalité trois offensives. L’attaque décisive fut celle qui frappa les Nazis en Biélorussie. Elle permit de déclencher, dans les semaines qui suivirent deux autres opérations, et ensemble elles provoquèrent l’effondrement des défenses allemandes à l’Est.

Il convient ici de rappeler quelques chiffres. L’offensive soviétique de fin juin 1944 pour la seule Biélorussie va détruire en 18 jours, du 23 juin au 10 juillet, pas moins de 28 divisions allemandes. Si on l’étend aux combats des opérations L’vov-Sandomir et Kovel-Lublin, qui se déroulent à la suite, les pertes allemandes se montent à 600 000 hommes. C’est un désastre sans précédent. Les pertes de l’Armée allemande sont plus importantes que ce qu’elle a subi à Stalingrad ou à Koursk. Il faut aussi rappeler que les pertes allemandes face à l’Union soviétique, du 21 juin 1941 jusqu’au 9 mai 1945 se montent à environ 1,2 millions par période de douze mois, contre 200 000 seulement face aux Français, aux Britanniques et aux Américains. Dans les 5 mois les plus meurtriers pour les troupes allemandes sur ce qu’elles appellent le « front de l’est », on trouve Août 1944, Juillet 1944 et Juin 1944.

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