Politique Industrielle et Privatisations - par Jacques Sapir

  • Par arsin
  • Le 27/06/2014
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Par Jacques Sapir, sur son blog

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La notion de politique industrielle, qui avait été au cœur des politiques économiques en Europe et au Japon dans les années 50 et 60, a été très fortement attaquée dans les années 1980-1995. Un certain nombre d’échecs spectaculaires – et couteux – principalement dans ses pays d’Amérique Latine survenant dans la période des années 1970-1980 explique sans cependant le justifier ce changement de paradigme. Par ailleurs, l’internationalisation financière – ce que l’on appelle de manière journalistique la mondialisation – a créé de nouvelles contraintes pour les pays qui ont accepté de se plier à ses règles. Les marchés financiers internationaux sont incapables d’avoir la longueur d’horizon que nécessite une politique industrielle. Cette dernière ne se valide que sur des périodes de 10 à 15 ans quand les financiers internationaux raisonnent en mois, voire sur un ou deux ans. Pour les économistes libéraux, dans ces conditions, la meilleure politique industrielle consiste à ne pas en avoir.

Paradoxalement, ce tournant libéral n’a pas signifié un abandon des interventions publiques. Ces dernières se sont restructurées suivant des modalités complètement différentes. Ainsi, dans le cadre de la CEE puis de l’Union Européenne, la politique industrielle n’est abordée qu’à travers la notion de concurrence et de lutte contre les monopoles et positions dominantes. La puissance publique est ici interventionniste, mais pour “créer” les conditions parfaites du marché de la théorie néo-classique. Si les monopoles et positions dominantes peuvent avoir des effets néfastes que personne ne conteste, il est des situations assez nombreuses où ces monopoles sont inévitables pour des raisons d’efficacité économique. L’idée que la concurrence est une solution à tous les problèmes de coordination et d’allocation des ressources est un mythe. Les travaux théoriques en micro-économie ont démontré depuis fort longtemps les limites de la concurrence. La comparaison des trajectoires historiques de développement entre les pays ne valide pas non plus l’idée qu’une approche libérale serait plus efficace qu’une approche dirigiste, du moins quand il s’agit de construire, ou de reconstruire, une industrie.

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