Pourquoi les cheminots ont perdu et les intermittents vont gagner... - par Descartes

  • Par arsin
  • Le 25/06/2014
  • Commentaires (0)

Par Descartes, sur son blog

http://www.lefigaro.fr/medias/2012/09/10/a0494756-fb67-11e1-8991-47fce3614a0c-493x328.jpg

Inutilité du commentaire.

Le « dialogue social » avec lequel le pouvoir a cherché – et largement réussi – à endormir les syndicats commence maintenant à atteindre ses limites. Le mécontentement devant une politique qui ne laisse pas de perspectives s’est d’abord manifesté par une résignation maussade, puis par un vote de rejet dans les urnes. Et maintenant, les conflits commencent.

Mais tous les conflits ne se valent pas. Les deux grands conflits en cours, celui des cheminots et celui des intermittents, sont deux exemples admirables pour observer comment notre petit monde politico-médiatique réagit de manière singulièrement différente selon que les conflits. Pour les cheminots, c’est le langage du rejet : on condamne une CGT décidément trop « ringarde » et « passéiste » pour accepter « la réforme » ; on affiche un mépris de bon ton pour des cheminots décidément trop bêtes et crispés pour comprendre que la réforme a été conçue dans leur intérêt et que le statut du cheminot – juré, craché – n’est nullement menacé ; on se désole publiquement sur les « usagers pris en otage » et, figure imposée, on invoque le « modèle allemand » de la Deutsche Bahn, dont on ne sait pas très bien comment il fonctionne mais qui doit être merveilleux puisqu’il est allemand.

Pour les intermittents, ce n’est pas du tout la même chanson. Là, pas de dénonciation de « prise en otage », de syndicats crispés sur leurs avantages, de lamentation sur « ces travailleurs qui ne comprennent pas la réforme ». Au contraire, les stars médiatiques, les ministres et les journalistes sont du côté des grévistes, se vantent publiquement de « comprendre » la justesse de leurs revendications, et se cachent derrière les syndicats de salariés sur le mode « vous comprenez, ils ont signé, alors on ne peut pas ne pas étendre l’accord ». Même le « modèle allemand » n’a pas la côte. Alors que Le Monde prêche d’habitude sur le thème « nous sommes les seuls à faire ainsi en Europe, c’est pas normal », cette fois ci on arrive à la conclusion inverse. Le grand journal du soir titre en effet – et en une, s’il vous plait : « Intermittents : une exception française à réinventer ». Autant il est essentiel pour le grand quotidien des classes moyennes de « réformer » la SNCF sur le modèle de la Deutsche Bahn et des directives bruxelloises, autant il est indispensable de « réinventer » une « exception française » pour les intermittents. Les cheminots sont des infâmes privilégies défendant les intérêts catégoriels, les intermittents sont des pauvres victimes de la précarité qu’il est essentiel de protéger au nom de la « culture ». Surprenant, n’est ce pas ?

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