Pourquoi nous devons refuser le MES et le TSCG - par Yohann Duval

  • Par arsin
  • Le 11/05/2012
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Par Yohann Duval, sur son blog

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Commentaire de Pablito Waal : 2011, le déficit public français fut de 5.2% du PIB. Pour ramener le déficit au niveau, non pas de 0,5% comme l'impose le TSCG, mais à celui-ci de la croissance (1-1.5%), il faudrait donc un plan de rigueur de 4 points du PIB, que rien n'oblige à faire sur un an, comme ce fut infligé à la Grèce. La situation de la France et de la Grèce ne sont donc pas encore comparables.

Beaucoup de choses ont été décidées par le duo Merkel-Sarkozy ces derniers mois. L'objectif, pour les dirigeants des deux plus grandes puissances de la zone euro, était de tenter de corriger les vices de conception de la monnaie unique. Pour institutionnaliser la politique d'austérité et la généraliser au continent entier, ils ont utilisé deux armes : le MES et le TSCG.


 

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Manifestation contre l'austérité devant le Parlement Grec

 

Qu'est-ce que le MES ?

 

Fin Février, l'Assemblée Nationale a adopté le Mécanisme Européen de Stabilité (MES), dans une indifférence médiatique quasiment totale. Aucun débat, aucune consultation du peuple : ni vu, ni connu, ce mécanisme, supposé régler tous les problèmes de la zone euro (comme le Fonds Européen de Stabilité Financière avant lui, avec le "succès" que l'on sait) risque pourtant de livrer davantage la France aux technocrates incapables qui l'ont menée au bord du gouffre et de contraindre notre peuple à une austérité à perpétuité.

 

Quel est le contenu de ce nouveau texte ? Sans la moindre légitimité démocratique, il impose aux nations du continent une forme de "solidarité forcée" par la création d'une sorte de FMI à l'européenne : pour donner un exemple, la France doit ainsi immédiatement injecter, "de manière irrévocable et inconditionnelle", la somme 16,3 milliards d'euros. Somme colossale à laquelle s'ajoute une garantie de plus de 140 milliards d'euros, que l'institution établie pour gérer ce monstre de papier - opaque, non élue et composée d'employés jouissant d'une totale immunité - peut prélever à sa guise sans que notre Parlement puisse y redire quoi que ce soit. Voter en faveur du MES, c'est donner le pouvoir à cette institution de réclamer de l'argent aux Français, sans qu'ils puissent s'y opposer... et cela, dans les 7 jours, sous peine de sanctions.

 

Jean-Pierre Chevènement avait manifesté une grande hostilité à ce texte lors de son examen au Sénat.

 

"Le transfert, en toute illégalité, à des autorités européennes et internationales qui ne sont soumises à aucun contrôle démocratique, de pouvoirs qui relèvent par nature de la souveraineté populaire s’apparente à un véritable coup d’État."

 

Sans surprise, la droite sarkozyste a massivement soutenu le mécanisme. Le Parti Socialiste s'est quant à lui abstenu, à quelques exceptions près. Considéré par ses partisans comme le "premier pas vers une Europe fédérale avec son propre Trésor public et un budget conséquent", le MES méritait indéniablement un débat beaucoup plus approfondi.

 

Et le TSCG ?

 

De son côté, le traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance dans l’Union économique et monétaire (TSCG, pour simplifier, ou plus communément "pacte budgétaire") est un traité disciplinaire, qui consiste d'abord à établir de manière totalement illégitime une "règle d'or" au niveau européen : le déficit public structurel serait ainsi limité à 0,5% du P.I.B. Le traité contient également une clause de désendettement : l'objectif est de faire revenir les pays signataires à un endettement équivalent à 60% du P.I.B. d'ici 20 ans. Plutôt que de remettre en cause le dogme de la monnaie unique ou de revoir la façon dont fonctionne la zone euro, nos élites préfèrent s'adonner à véritable exercice d'auto-flagellation qui n'aura pour seules conséquences que l'augmentation du taux de chômage et la paupérisation des citoyens.

 

Que se passerait-il, en effet, si un pays ne pouvait pas respecter ces engagements ? En cas de déficit excessif, la Commission et le Conseil européens auraient la possibilité de s'ingérer dans les affaires du Parlement de l'État "délinquant" pour le punir. Pour clouer cette nation au pilori, un "programme de réformes structurelles", comparable à celui mené en Grèce, pourrait alors être appliqué : baisse des salaires, destruction de la fonction publique, privatisations... une cure drastique d'austérité euro-libérale à laquelle les dirigeants ne pourraient que se plier. Cerise sur le gâteau, des sanctions financières seraient décidées (de manière quasi-automatique). On demanderait ainsi à des pays déjà en difficulté de verser 0,1% de leur P.I.B. À titre d'exemple, l'amende éventuelle pour la France s'élèverait dans ce cas à 2 milliards d'euros.

 

L'intrusion des institutions européennes dans les affaires nationales serait une atteinte majeure à la souveraineté budgétaire de chaque État. Le TSCG permettrait en effet à quelques technocrates de décider de la diminution, voire de la suppression, de dépenses qu'ils considèrent comme inutiles. Dans le cas de la France, le budget de la défense et les sommes allouées à la dissuasion nucléaire pourraient ainsi être touchés par la ratification de ce traité, sans que les Français puissent avoir leur mot à dire à ce sujet. Il s'agit là d'une régression démocratique indéniable, un pur cauchemar pour les peuples d'Europe qui se voient dépossédés de leur capacité à décider de leur avenir.

 

Qui plus est, cette stratégie visant à imposer l'austérité partout sur le continent est proprement suicidaire : l'effort à fournir est démesuré et ne peut que plonger le continent dans une récession prolongée. Dans un discours lucide au Sénat, le président d'honneur du MRC estimait qu'il faudrait notamment réduire de 5,5 points le déficit des administrations publiques Françaises d'ici 2016, c'est à dire de plus de 110 milliards d'euros. Une politique similaire menée dans toute l'Europe aurait des conséquences terribles.

 

"Le TSCG est plus qu’un traité de rigueur, c’est un traité de mortification. Il nous condamne à réduire de 110 milliards le déficit des administrations publiques. Il nous enferme dans une austérité à perpétuité. Une telle politique ne saurait qu’enfoncer encore un peu plus l’Europe dans le déclin."

 

Le visage de l'Union Européenne (et de la zone euro en particulier) serait profondément modifié par ce traité. Des décisions particulièrement intrusives pourraient être prises, sans aucune considération pour la souveraineté nationale des États en difficulté. Des nations entières pourraient être reléguées au statut de simple protectorat, de manière quasi-automatique. L'exemple Grec nous a montré la monstruosité et l'imbécilité de telles décisions, qui font le lit des partis les plus extrémistes.

 

Comme pour le MES, la droite sarkozyste soutient fermement le texte. Le Parti Socialiste ne s'y oppose, pour l'heure, pas fondamentalement : il ne propose qu'une renégociation pour "ajouter un volet de croissance et d'emploi". De notre côté, nous considérons que ce projet de traité est purement et simplement inacceptable.

 

Un scrutin pour se faire entendre

 

Les élections législatives donneront aux Français l'occasion de peser sur les décisions de François Hollande et de son futur gouvernement. Pour sortir de la logique de l'austérité, il faudra soutenir les candidats prêts à remettre en cause les dogmes défendus par cette Europe libérale et anti-démocratique, qui s'éloigne de plus en plus de l'intérêt des populations. Au sein de la gauche, vous pourrez compter sur les efforts des candidats du Mouvement Républicain et Citoyen, dont je fais partie, pour faire entendre la voix de ceux qui veulent une autre Europe, respectueuse de ses nations et des décisions de ses citoyens.

 


 

Pour suivre le fil de ma campagne pour les législatives : http://www.duval2012.fr/

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