Premiers constats sur les législatives - par Pablito Waal

  • Par arsin
  • Le 10/06/2012
  • Commentaires (4)

Par Pablito Waal, tribune personnelle

Addendum : félicitons notre partenaire Yohann Duval, qui a obtenu plus de 400 voix dans la 5ème circonscription de la Seine-Maritime, où le candidat du PS a failli passer au premier tour.

François Hollande semble destiné à disposer d'une majorité, mais assez courte si l'on s'en tient au seul PS. Ci-dessous, la projection Ipsos de ce soir.

On peut remarquer brièvement :

1) que 3 électeurs sur 7 ne sont pas allés voter, et la moitié si l'on compte les non-inscrits. La 5ème République s'enfonce dans son agonie, le taux de participation ne se maintenant qu'à l'élection la plus médiatisée, les autres institutions (députation nationale et européenne) étant délaissées.

2) que, fallut-il s'en rappeler, la moitié des français qui s'expriment votent à droite (FN compris). Et que c'est le rejet de Sarkozy qui a fait élire Hollande et rien d'autre. Du coup, on s'oriente vers une courte majorité PS à l'Assemblée, ce qui pourrait rendre le pays difficilement gouvernable en période de crise. Le plus probable est que l'on se retrouve avec un consensus de fait entre le PS et l'UMP ("unité nationale" sur le style... grec) sur les principales questions économiques, ce qui achèvera de clarifier la situation...Et de rendre 2017 encore plus explosive.

3) que la vague Bleue Marine s'est brisée sur les rochers à moins de 14% des suffrages exprimés. Non, suivre la PME Le Pen ne sert à rien.

4) que la baudruche du mélenchonisme se dégonfle. 6.8% des suffrages exprimés, dans un contexte plutôt favorable pour le Front de Gauche et la "gauche" dans son ensemble (victoire de Hollande, score relativement honorable de Mélenchon le 22 avril), ce n'est pas beaucoup mieux que les 4.3% du PCF seul en 2007, après une présidentielle catastrophique pour Buffet (1.93% des exprimés) et pour la "gauche" dans son ensemble (défaite nette de Royal, pression du vote utile pour le PS pour conserver des députés). Le Petit Timonier, comme dirait Descartes, est humilié à Hénin-Beaumont, confirmant la prévision d'un précédent article, et décrédibilisant la ligne "antifââââssssiste" de l'ex-sénateur de l'Essonne.

Conclusion: le système politique apparaît de plus en plus fragile. La base électorale du pouvoir en place (PS-UMP) s'érode (70% de 50% de participants réels, et moitié moins pour le PS, qui risque d'avoir une majorité absolue à lui seul). L'unité nationale (qui sera loin de faire l'unité, et n'aura rien de national) pour sauver la zone Euro et l'Union Européenne n'aura qu'un maigre cache-sexe avec l'affrontement PS-UMP, qui aura de fait fort peu mobilisé les français.

Ce système-là, il nous appartient de le faire sauter. Et l'ARSIN peut vous dire comment.

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Commentaires (4)

1. Nationaliste jacobin 13/06/2012

"Ce système là, il nous appartient de le faire sauter. Et l'ARSIN peut vous dire comment".
Ce n'est pas tellement "comment" qui importe, mais plutôt "pour mettre quoi à la place". Parce que si, comme je le pense, l'ARSIN est attachée à la démocratie, le système qu'elle proposera aura nécessairement recours à des élections. Et il faudra bien que les gens se déplacent pour voter...

Pourquoi toujours accuser le "système"? Et si le problème venait des citoyens? Et s'il fallait plutôt blâmer le manque de civisme? Pour ces législatives, dans chaque circonscription, il y avait de nombreux candidats, qui ont imprimé des professions de foi dont chaque électeur a pu prendre connaissance. Le système électoral n'est verrouillé que parce que les citoyens l'acceptent. Il faut en déduire qu'ils s'en accommodent...

L'abstention ne signifie pas forcément désintérêt ou lassitude. Des électeurs de droite ont pu se démobiliser après l'échec de leur champion. Des électeurs de gauche ont pu rester chez eux, considérant (à tort à mon avis) que l'essentiel était fait. On peut changer le système, mais on ne changera pas les gens. Ou alors, on entre dans un engrenage terrible. Ceux qui ne veulent pas aller voter parce que la politique les horripile, un nouveau système ne les fera pas se déplacer.

En revanche, on a peut-être besoin de formations politiques qui portent un autre message. DLR a présenté 300 candidats. Le résultat n'est pas extraordinaire, mais suffisant pour obtenir des financements publiques pour les prochaines échéances. Et Dupont-Aignan a quelque chance de passer au second tour dans sa circonscription de l'Essonne, où l'UMP avait pourtant présenté quelqu'un contre lui. Où étaient les candidats de l'UPR? Qu'attend notre ami Asselineau pour briguer la bénédiction du suffrage universel?

2. arsin (site web) 14/06/2012

Je ne suis absolument pas dans la posture du "peuple victime", qui ne serait en rien responsable de sa situation. Et c'est pour cela que proclamer que la France ne serait pas une démocratie, même au sens minimal du terme, me semble faux et dangereux, même si cela a l'avantage d'exonérer la majorité du peuple de ses responsabilités.
Pour DLR, ne nous leurrons pas. Aucun parti politique n'a émergé depuis 40 ans (émerger au sens de sortir durablement de quelques %) à l'exception des Verts (qui sont rapidement devenus un satellite du PS et sous sa perfusion) et du FN (propulsé par Mitterrand). Sinon, toutes les autres forces (Modem, MRC, Mélenchon) se sont vite dégonflées. L'effort de Dupont-Aignan pour montrer que sa famille politique existe est louable mais je ne crois vraiment pas qu'il arrivera à la magistrature suprême.
Ensuite, pourquoi me renvoyer à Asselineau? Bien que membre de l'UPR, je suis loin d'en être fanatique, je ne crois pas non plus que l'ex-vice-major de l'ENA deviendra président, ou pourra même un jour avoir ses 500 signatures. Les solutions sont autres, et j'en parlerais bientôt à ceux qui le voudront, puis ouvertement sur le blog.

Pablito Waal

3. Nationaliste jacobin 14/06/2012

"A l'exception des Verts et du FN"
Ce n'est pas si mal, tout de même... Pour un système verrouillé.

Je crois que vous vous méprenez en disant que Mitterrand a "propulsé" le FN. Il l'a tout au plus aidé à un moment où la conjoncture commençait à être favorable pour un parti de ce genre. La réalité est que Le Pen et le FN ont progressivement occupé un vide, celui laissé par la droite et la gauche qui ont abandonné les idées de patrie, de nation, de continuité de l'Etat, de fierté nationale. Mais le FN aurait sans doute percé tôt ou tard, avec ou sans Mitterrand...

"Pourquoi me renvoyer à Asselineau?"
Ce n'était pas une apostrophe personnelle. Mais je me demandais ce que les membres de l'ARSIN qui sont aussi à l'UPR peuvent penser de la stratégie d'un parti qui ne présente pas de candidat. Ce que fait NDA n'est pas seulement louable, mais utile: même si le poids de DLR reste modeste, ce parti pourra toujours peser un peu plus que l'UPR. Ajoutons que les petits partis influencent souvent les gros bien plus qu'on ne le croie. Il n'y a qu'à voir comment les Verts ont imposé une bonne partie de leur idéologie "sociétale" au PS. Les petites formations ont souvent un rôle idéologique non-négligeable.

Je pense qu'Asselineau peut réunir les 500 signatures. Mais a-t-il vraiment envie de concourir? On a parfois l'impression qu'il cherche plutôt à peser de l'extérieur, sur les autres partis. D'autres fois, il manifeste un côté un peu sectariste, la stratégie du "Pur" comme je l'ai écrit ailleurs. Je ne sais trop que penser de cet homme, qui n'est pas sans valeur, loin de là.

4. arsin (site web) 18/06/2012

"A l'exception des Verts et du FN"...C'est très peu, comparé au nombre d'initiatives politiques en France (où il existe des dizaines de partis politiques). D'autant que les Verts, qui avaient réussi des scores à deux chiffres en 1989, avant de devenir un satellite du PS, n'ont connu qu'une seule fois une "résurrection" (en 2009, aux européennes, élections qui leur sont favorables).

Pour le FN, bien sûr que la raison première de sa progression est l'existence d'un électorat sensible à ses idées. Mais, en politique, ça ne suffit pas. Il faut aussi l'arme médiatique, sans quoi se lancer en politique revient à vouloir gagner le Paris-Dakar à pied. Je ne suis donc pas du tout sûr que le FN aurait de toute façon fini par éclater (mais là, on est dans l'histoire-fiction, sur laquelle on ne peut rien trancher). Ou alors aurait-ce été une autre formation de droite nationaliste qui aurait pris sa place.

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