Qu'est-ce que le keynésianisme ? - par L'Oeil de Brutus

  • Par arsin
  • Le 01/11/2013

Par L'Oeil de Brutus, sur son blog

Commentaire de Pablito Waal : un article salutaire, car on cite trop souvent le keynésianisme en n'en retenant que ce qui nous arrange momentanément...Par contre, je ne partage bien évidemment pas le dernier paragraphe (commençant par "Pour en sortir..."). Et ce pour des raisons déjà expliquées dans le site www.pourlecommunisme.com. Les "expérimentations marxistes" (qui, en Europe, mais aussi en Chine, Corée, Mongolie, etc...) n'étaient que des extensions de l'URSS (donc forcément à peu près le même modèle, à quelques variations près) pêchaient avant tout de ce qu'elles n'avaient pas réalisées la promesse prioritaire du marxisme : la prise du pouvoir par le prolétariat. L'URSS n'a pas même réussi à être...soviétique, les soviets ayant cessé d'avoir un contenu dès 1918, quatre ans avant que l'URSS ne prenne son nom. La raison historique en est fort simple, et tient essentiellement dans la guerre civile russe, initiée par les adversaires d'un régime qui avait toujours été minoritaire, et qui, après la guerre civile, ne pouvait jouer par les urnes le pouvoir durement gardé par les armes. Et l'absence de toute démocratie soviétique, fut-ce auprès de la seule classe ouvrière, condamnait l'économie aux gaspillages et aux détournements militaro-nomenklaturistes (cf. le site précité).

Ensuite, si Brutus a raison de dire que les libéraux reconnaissent le caractère "crisogène" du capitalisme réel (pas le "capitalisme pur" des libertariens ou des manuels d'économie), les raisons n'en sont pas forcément les mêmes que celles détaillées par Marx ou Keynes. L'Ecole de Vienne fait intervenir l'Etat et les Banques Centrales, créant des excès ou défaut de liquidité, dans le mécanisme des crises cycliques du capitalisme.

QU'EST-CE QUE LE KEYNESIANISME

John Maynard Keynes, 1883-1946

Effet de mode propagandiste ou simple conjoncture, fleurissent ces dernières semaines de multiples articles pour dénoncer les travers de la politique (supposée) keynésienne menée par M. Hollande[i]. Or, parler de keynésianisme pour définir la politique (ou plutôt la non-politique) de l’actuelle clique au pouvoir relève soit d’une profonde méconnaissance de la pensée de l’auteur de la Théorie générale, soit d’une patente mauvaise foi, soit, plus probablement, des deux.

Pour comprendre le fondement de la pensée keynésienne, il faut revenir quelque peu en amont de l’histoire de la pensée économique.

En effet, quelques décennies avant Keynes, Karl Marx démontre dans Le Capital le caractère profondément « crisogène » du capitalisme moderne. La concentration du capital générée par l’économie capitaliste induit obligatoirement un découplage de la production et de la consommation : une part importante de ce qui est prélevé pour rémunérer le capital s’accumulant dans les mains des « capitalistes » ne repart pas dans la consommation ; on se retrouve alors indubitablement, à un moment ou un autre, en situation de surproduction, entrainant alors un effondrement des prix et une crise économique. Le phénomène peut tout juste être compensée par un recours massif au crédit (public ou privé, peu importe), mais ceci ne fait que retarder l’échéance en transférant le mécanisme de bulle de la production vers le crédit (et plus globalement la finance), ce qui fait que la chute sera encore plus rude. C’est ce que nous avons connu en 2008.

Ce phénomène n’est, à ma connaissance, nié par aucun économiste majeur, même les plus libéraux. Seuls les remèdes (ou les non-remèdes …) qui sont préconisés à ce phénomène cycle de crise diffèrent.

Pour en sortir, Marx proposait une modification radicale des fondements économiques et sociaux des sociétés. Cette solution a montré son échec à travers toutes les expérimentations où elle a été menée[ii]. Le problème étant probablement que, ne tournant nullement dos au matérialisme de principe (et donc au consumérisme) qui fait l’essence même du libéralisme économique, le marxisme s’est avéré être bien plus un avatar du libéralisme qu’une réelle alternative.

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