Question de méthode - par Pablito Waal

  • Par arsin
  • Le 31/07/2012
  • Commentaires (2)

Par Pablito Waal

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L’ARSIN est une association de fait visant à promouvoir le débat entre blogueurs. Nous avons entamé ce travail depuis un an, avec nos maigres moyens, mais cela pourrait changer rapidement, dans la mesure où nous projetons l’organisation de débats filmés dans un avenir proche.

Pour la première fois, l’ARSIN a perdu un de ses partenaires, Boreas, du blog Vers la Révolution. Ce n’est ni scandaleux ni dramatique. Ce qui motive cet article, en revanche, c’est que cette rupture m’interroge sur la forme (jugez-en vous-mêmes… ) et sur le fond.

Cependant, les discussions entre blogueurs restent pour l’instant notre principale activité, et Boreas vient d’y mettre fin. L’origine ? Un article où il postait une concaténation de plusieurs vidéos en une, qui avaient toutes plus ou moins le même sujet. Enfin, selon Boreas. Car dans ledit montage, on trouve un peu de tout : un reportage qui dit que l’on survaccine les populations et les enfants en premier lieu, un qui dit que les vaccins génèrent l’autisme infantile, un autre qui s’attaque aux OGM, aux pesticides, à l’agro-industrie… enfin bref, des sujets qui touchent de près ou de loin à la santé humaine.

Pas de quoi se scandaliser, puisque la santé est un sujet où l’on peut trouver de nombreuses polémiques parfaitement rationnelles, même si peu médiatisées :

-          Par exemple, le fait que les laboratoires communiquent sur des maladies récemment découvertes ou mises en lumières, qui ne sont parfois que des extrapolations de symptômes beaucoup plus banals, pour vendre de « nouveaux » (en fait pas tant que ça) remèdes . Ce procédé avait justement fait l’objet d’un reportage de France2, inclus dans les vidéos de Boreas;

-          La surconsommation de médicaments, notamment en France, l’un des pays où les prix unitaires sont parmi les plus bas des pays industrialisés. Cette surconsommation, et surtout le mélange de médicaments différents, causant de nombreux décès annuels (à chiffrer en milliers) ;

-          Le rôle des pesticides, de l’aluminium, de la pollution atmosphériques, voire de certains médicaments dans les pathologies les plus fréquentes en  notre époque (cancers, maladies neurodégénératives au premier rang desquels Alzheimer).

Et plein d’autres sujets encore. En tant qu’administrateur de l’ARSIN, personnellement, il ne me dérange pas du tout de publier des articles allant contre l’opinion dominante des scientifiques et des institutions, pourvu qu’ils se circonscrivent à un domaine précis dans lequel l’auteur ou l’intervenant a quelques compétences. Ainsi, j’avais posté un article avec une vidéo, prise justement sur le blog de Boreas, où l’agronome Claude Bourguignon, en rupture avec l’INRA, pourfendait l’agriculture industrielle générant selon lui la mort des sols fertiles. Et je l’avais fait tout en précisant que nous ne sommes pas nous-mêmes capables de statuer sur la véracité des propos. Après tout, nous ne sommes pas une référence scientifique ni une revue à comité de lecture, nous avons plus de marge pour publier quelque chose, quitte à reconnaître une erreur par la suite.

Mais ce n’est pas l’angle d’attaque que Boreas avait choisi pour son article et sa fusion de vidéos. Pour lui, comme l’indique le titre de l’article, c’est l’ensemble de la médecine moderne qui est une arnaque. Enfin, pas tout à fait, comme il me le dit en réponse d’un premier commentaire, il y aurait peut-être de vrais progrès accomplis en chirurgie réparatrice (là où le résultat est le plus palpable, alors qu’on peut toujours, si on veut faire du scepticisme absolu, douter du lien entre un traitement et une guérison dans les autres domaines de la médecine). Mais pour le reste, rien. Et il me cite à l’appui une bibliographie qui paraîtra impressionnante. Surtout pour le néophyte qui ignorait qu’il existait sur le Net une constellation de sites de médecine « dissidente », « naturelle », « alternative »…En fait pas vraiment une surprise pour l’auteur de ces lignes (qui, au passage, tolère tout à fait le droit, pour les adultes lucides et consentants, de se soigner comme ils l’entendent).

Mais le problème est que les documents en question, notamment les deux premiers cités dans sa première réponse…ne soutiennent pas du tout la thèse de Boreas. L’un s’inscrit contre l’abus de vaccins, et notamment la dangerosité de l’aluminium dont ils seraient les vecteurs dans l’organisme. Mais l’auteur, lui-même médecin, ne traite que ce sujet là. L’autre, qui s’intitule « Des enfants sains sans médecins » a un titre trompeur : les conclusions de cet ouvrage ne disent nullement qu’il faille se passer de médecins, de pédiatres, mais dénonce les abus de la profession, et pointe la responsabilité première des parents sur la santé de leurs enfants.

Arrêtons-nous là et faisons un point sur la méthode par laquelle Boreas approche son sujet, qui, à mon avis, est un exemple de ce qu’il ne faut pas faire si l’on veut justement faire de la pédagogie sur le Net.

-          D’abord, il présente des vidéos où de nombreux sujets sont abordés, où des experts (qui ne font pas forcément l’unanimité dans leur profession, mais le spectateur ne peut le savoir) donnent leurs avis, où de simples quidams font part de leurs souffrance…Bref, de nombreuses affirmations sont juxtaposées, sans que le lecteur de base, qui n’aurait qu’un bac ou une culture générale moyenne, même avec un esprit critique développé, puisse juger sur le fond ;

-          Ensuite, il répond aux questions en accroissant encore le périmètre des affirmations censées prouver sa thèse, en convoquant de nouveaux documents pas spécialement minces, et qui nécessiteraient encore l’avis d’un expert.

Nous sommes donc dans la situation « matrixienne » (1), où le Néo-phyte découvre le « monde réel », et l’immensité sans fin du mensonge qu’il est sommé de constater, sans pouvoir exercer le moins du monde son esprit critique, puisque la première chose que l’on exige de lui, c’est qu’il admette que sa vision du monde est complètement dépassée et fausse.

Ce n’est pas tout à fait la méthode que je souhaite promouvoir avec l’ARSIN. Dans les débats internes qui ont pu être rédigés (ici ou ), on a :

-          Divisé le sujet en différentes sous-parties ;

-          Fourni quelques sources accessibles à tous et critiquables par le plus grand-nombre de gens (il est vrai que les débats cités n’étaient pas scientifiques);

-          Cherché une différence de point de vue, des réfutations (ou «debunking» pour les anglophones) et l’on publie les deux versions, si chacune est a minima crédible.         

J’avais donc fait une seconde réponse à Boreas, en précisant quelques faits simples (l’espérance de vie augmente, nous vivons tendanciellement plus vieux et en meilleure santé). Et je fais référence au rasoir d’Occam (en rester à l’explication la plus simple et cohérente avec les faits) : quand bien même la médecine moderne serait une « arnaque », au moins n’a-t-elle pas empêché cette progression. Et j’ai ajouté quelques articles critiques envers les anti-vaccins, notamment contre l’un des reportages associant vaccins et autisme présent dans le montage de Boreas. Ces articles venaient tous de l’AFIS (Association Française pour l’Information Scientifique). Cette association regroupe des scientifiques qui travaillent à réfuter ce qu’ils considèrent comme étant de la désinformation vis-à-vis des sciences. En bref, s’attaquer à tout ce qui est médecines alternatives, paranormal, antinucléaire, conspirationnistes (du moins lorsque les problématiques touchent à la science). Du point de vue de leurs adversaires, c’est un ramassis d’ignobles scientistes productivistes à la solde des multinationales et des gouvernements. Mais je ne les ai pas cités pour les approuver, puisque je confesse dans mon commentaire que je n’ai pas les compétences pour dire qui a raison ou pas entre les scientifiques anti-vaccins ou pro-vaccins. Je voulais juste prouver à Boreas qu’il existe des argumentations dans les deux sens, et que ce n’est pas un article d’un blog non scientifique qui éteindra la polémique.

La réponse de Boreas fut une confirmation des vices de méthodes exposés plus haut. Un modèle du genre, même.

J’y ai droit :

-          Aux quasi-injures (tu es ignorant, manipulé par une propagande scientiste, j’hésite à te tabasser rhétoriquement mais j’essaie d’être magnanime) ;

-          Aux attaques contre les personnes :  Boreas cite un membre de l’AFIS, André Aurengo, en citant une page sur un sujet n’ayant rien à voir (l’électrosensibilité) chargeant l’homme en question. Aurengo n’est l’auteur d’aucun des articles que j’avais cité. Mais comme j’ai cité l’AFIS, et qu’il est membre de l’AFIS, donc je dois être solidaire et même responsable de actes et paroles d’Aurengo. C’est une variante de l’attaque ad hominem (attaque à l’homme), l’attaque à l’association (ad consociationem ? Les latinistes me corrigeront) ;

-          A l’argument traditionnel du « les experts ne sont pas indépendants » : l’argument n°1 … et souvent le seul des critiques de la science « officielle ». Rassurez-vous : je ne dis pas que les conflits d’intérêts ne sont pas un problème, et que les expertises peuvent être confiées sans souci à des salariés ou quasi-salariés de compagnies qui ont certains intérêts en jeu. Mais lorsque cet argument du conflit d’intérêt mène à ne pas aborder du tout le débat scientifique, on est dans l’abus. En quoi un rapport sur les OGM produit par un salarié direct de Monsanto ne pourrait-il pas être scientifiquement valide ?

-          A des vérités matraquées :

  • la hausse de l’espérance de vie serait une « tarte à la crème » des scientistes, cette statistique ne serait qu’une conséquence de la baisse de la mortalité infantile, elle-même obtenue seulement grâce aux progrès de l’hygiène (l’infortuné Semmelweis cité à l’appui ; manque de bol, Boreas semble ignorer que si Semmelweis a été tant méprisé en son temps, c’était aussi parce que le fond scientifique expliquant la transmission de maladies par des germes, microbes, virus n’était pas encore exposé ; Pasteur et consorts le feront plus tard ; n’est-ce pas là un progrès de la médecine ?).
  • Même si l’espérance de vie augmente, un autre indicateur, l’espérance de vie en bonne santé, serait lui en baisse ;
  • Les cancers exploseraient  (grand hit chez les écologistes également, qui voient dans ce « fait » la preuve que les pesticides ou les radiations nucléaires sont partout et nous empoisonnent) ;
  • …ainsi que l’autisme infantile, ce qui est bien sûr la conséquence des vaccins (cheval de bataille très couru en Amérique du Nord).

 

Arrêtons-nous là. Boreas m’accuse d’ignorer ces faits (et pour ce qui est de l’autisme infantile, c’est vrai). Mais, prévoyant une réponse de ma part (qui n’est jamais venue, et ne viendra pas sur son blog, puisque je respecte sa volonté de ne plus discuter), il me dit également qu’il rejettera toute explication « tarabiscotée », car elle viendrait de chercheurs (style AFIS) forcément payés par l’industrie et les Etats (cf. supra).

Et bien désolé, vous aurez quand même droit à mes explications tarabiscotées (grillées, beurrées, tombées du bon ou du mauvais côté, c’est selon vos goûts). Mais, puisque l’on parle de méthode, prenons ces quelques affirmations de Boreas comme exemple de la méthode que j’exposais plus haut : 1) circonscrire le sujet du débat ; 2) commencer par la discussion sur des faits que chacun peut vérifier. Commençons.

Les affirmations de Boreas ont pour point commun d’être toutes des demi-vérités. Il y a une part de vrai dans chaque, mais une part seulement. Et le propre des discours qui semblent tout remettre en cause, vous (ré)apprendre la vie et qu’on vous mentait sur tout, c’est qu’ils sont bâtis sur des demies-vérités. C’est ce qui les rend crédibles (« Ouais, mais attends, même si t’es pas d’accord avec tout, il dit quand même des trucs vrais … »). Sauf que des demies-vérités cumulées ne font pas un discours à moitié juste. Les vérités, demies-vérités ou contre-vérités ont plutôt un fonctionnement multiplicatif : une demie-vérité fois une demie-vérité fois une autre etc… donnent un discours dont la teneur en vérité est proche de zéro.

 

Affirmation n°1 : la hausse de l’espérance de vie depuis le début de l’ère industrielle n’est due qu’à la mortalité infantile, elle-même due aux progrès de l’hygiène et non aux vaccins ou autres « progrès » de la médecine.

 

Expliquons d’abord de quoi il s’agit : l’espérance de vie à l’âge X (à la naissance si X=0) en l’an N est un calcul du nombre d’années qu’il reste à vivre, en moyenne, à une personne atteignant l’âge X en l’an N si l’on suppose qu’à l’avenir, les taux de mortalité à chaque âge resteront les mêmes que ceux enregistrés en l’an N. Toute baisse de la mortalité, à n’importe quel âge, améliore l’espérance de vie (mais arithmétiquement plus s’il s’agit d’une tranche d’âge jeune). C’est donc une statistique hypothétique, contrairement à la durée de vie des générations déjà éteintes, où l’on ne fait que constater des faits.

D’abord, une remarque. Mathématiquement, si la hausse de l’espérance de vie s’expliquait juste par la moindre mortalité des enfants, alors la population devrait rajeunir et non vieillir. Seule une chute de la natalité pourrait expliquer le vieillissement de la population tout en ayant une moindre mortalité des mineurs. Or la hausse de l’espérance de vie et le vieillissement des populations industrialisées a précédé de loin la chute des taux de fécondités européens (dans les années 70).

Sans même remonter aux débuts des hauts fourneaux, il suffit de regarder quelques statistiques disponibles via l’INSEE sur la mortalité par âge pour se rendre compte de l’ineptie de cette affirmation :

 

variation-mortalite-1.pngLecture : entre 1975 et 2009, le taux de mortalité (en décès pour mille personnes dans une année) a régressé de 60 points pour les plus de 90 ans.

 

On voit que, depuis les années 70 (où les progrès hygiéniques étaient déjà largement accomplis), toutes les tranches d’âges en France ont vu leur mortalité baisser, sauf celles (1-45 ans) qui avaient un taux de mortalité déjà proche de zéro. 

Aucun progrès médical, hein ?

 

Affirmation n°2 : l’espérance de vie en bonne santé diminue.

 

On a expliqué plus haut ce qu’est la statistique de l’espérance de vie. Et qu’il s’agit d’une construction hypothétique. Mais l’espérance de vie à cet avantage de se baser sur la survenance d’un fait objectif et incontestable : la mort. Et surtout, un fait binaire : on est mort, ou pas.

L’espérance de vie en bonne santé est un indicateur assez différent, qui se veut être un indicateur de la qualité de la vie qu’il vous reste. Elle repose sur des enquêtes auprès de la population, où l’on demande à des gens d’âge différents s’ils sont frappés de certains désagréments de santé (handicap, maladie plus ou moins lourde, ou tout simplement effets de la vieillesse) qui les limitent dans leur vie de tous les jours. Les sondés peuvent répondre qu’ils sont plus ou moins gravement limités, et leur réponse comporte forcément une part de subjectivité. Grâce à cela, on élabore des statistiques sur le nombre moyen d’années qu’il vous reste, si vous atteignez l’âge X en l’an N, à vivre « en bonne santé ».

Les résultats nationaux peuvent être influencés par des facteurs culturels, ce qui fait que des pays aux espérances de vie et taux de mortalité assez proches auront des espérance de vie en bonne santé fortement divergentes. Ainsi, les espagnols, qui vivent plus vieux que les britanniques, se jugent plus précocement « limités » que ces derniers.

Pour ce qui est de l’évolution de l’indice, en Europe de l’Ouest, on peut observer, avec les chiffres de l’INSEE, deux périodes :

variation-evbs.png

 

-          De 1995 à 2003 : hausse continue dans quasiment tous les pays d’Europe de l’Ouest ;

-          Des changements de série, de mesure en 2004-2006, au niveau européen (il y a une harmonisation des statistiques devant permettre les comparaisons – même si cela reste difficile pour les raisons déjà citées).

-          Puis, de 2006 à 2010, en partant d’indicateurs plus bas que ceux de 2003, une baisse dans certains pays (Allemagne, Italie, Espagne, France), qui tient parfois à un ou deux ans, tandis que d’autres pays (Royaume-Uni, Belgique, Suède) progressent encore.

Conclusion : l’espérance de vie en bonne santé est un indicateur qui doit être pris avec précaution, qui souffre des subjectivités variables d’un pays à l’autre, et dont la mesure a été modifiée au cours des années 2000. La baisse de cet indicateur est un phénomène récent, pour lequel il vaudrait mieux prendre du recul avant d’en tirer des conclusions.

 

Affirmation n°3 : les cancers explosent. Ce qui prouve (au choix, ou les deux si voulu) : que la médecine échoue / que nous sommes empoisonnés de partout.

 

Petite remarque : plus on est vieux, plus on risque d’avoir un cancer. Les populations des pays développés vieillissent (la proportion de personnes âgées y augmente, et l’âge moyen aussi), et ce parce que l’espérance de vie augmente, et pas seulement parce que les enfants ne meurent plus.

L’incidence (nombre de nouveaux cas d’une maladie par an et par 1000, 10 000 ou 100 000 personnes) et la prévalence (proportion d’une population ayant la maladie, peu importe depuis quand) des cancers en France augmentent depuis plusieurs décennies, l’Inserm le reconnaît tout à fait. Une partie de cette évolution s’explique justement par le vieillissement de la population. Mais pas seulement. Parmi les autres facteurs, il peut y avoir une meilleure prise en charge et de meilleurs diagnostics sur les patients. C’est bête, mais c’est comme ça : quand un phénomène existe dans la nature, et que l’on commence à l’étudier et à le comprendre…et bien on le voit mieux. Dans les sociétés humaines aussi : plus on envoie de policiers enquêter sur le terrain, plus on enregistre de faits de délinquance jusque là ignorés, et donc les statistiques montent.

Mais les cancérologues, comme le dit l’Inserm, admettent tout à fait la possibilité d’un effet de facteurs environnementaux, dus à la pollution, atmosphérique, en milieu professionnels, liés aux pesticides…Ces voies sont l’objet de recherche, on ne peut les exclure.

Donc y a-t-il en France de plus en plus de cancers, même une fois le vieillissement de la population pris en compte ? Oui. Mais en quoi est-ce la faute de la médecine ?

Et surtout, et c’est là que l’affirmation de Boreas est une demie-vérité, c’est qu’il oublie que si la présence du cancer (incidence et prévalence), la probabilité pour chacun d’en contracter un a augmenté, en revanche, le risque d’en mourir diminue nettement.

Un rapport de 2010 dirigé par le cancérologue Maurice Tubiana le montre : à structure inchangée de population (en éliminant l’effet du vieillissement), la mortalité par cancer pour les femmes diminue depuis les années 1960, et les années 80 pour les hommes. Et cela est dû à ce que l’essentiel des cancers, avant d’être dus à la pollution (agro-) industrielle, sont dus à des comportements, plus souvent répandus chez les hommes (tabagisme, alcoolisme). Comportements qui ont commencé à émerger chez les femmes, ce qui, comme le dit Laurent Berthod (mais régressent chez les hommes), ce qui peut expliquer la hausse de l’incidence de certains cancers (et en expliquent même une bonne partie, ainsi que le fait que l’incidence des cancers augmente plus vite chez les femmes que les hommes).

Si ce n’est pas la faute de la médecine « officielle » s’il y a plus de cancers, en revanche, n’est-ce pas grâce à elle que l’on en meurt moins ?

 

Affirmation n°4 : l’autisme infantile explose, et cela est dû aux vaccins.

 

Là encore, il y a du vrai. Des statistiques officielles, aux USA, ont fait état de la progression forte du nombre de cas d’autismes infantiles, en quelques années (en restant à un cas pour 100 ou 150 enfants d’une même génération). Comme pour les cancers, l’amélioration des diagnostics a des effets haussiers sur les chiffres de l’incidence (et donc prévalence).

Mais ça ne prouve en rien que cela soit dû aux vaccins, même quand de nouveaux vaccins ont commencé à être appliqués aux enfants nés  peu avant « l’épidémie ».

Cette fois-ci, remettons-nous à l’avis de professionnels :

http://www.sciencebasedmedicine.org/index.php/battling-antivaccinationists-at-freedomfest/#more-21789

http://www.vaccinetimes.com/category/scientific-evidence/autism/

http://www.cbsnews.com/2300-204_162-10007546.html?tag=page

Vous pourrez trouver également pas mal d’infos sur ces sites de réfutation (« debunking ») (2) du dénigrement de la médecine, et notamment du mythe selon lequel « la hausse de l’espérance de vie ne serait due qu’à l’hygiénisme », sur ces sites (si vous lisez l’anglais) :

http://www.vaccinetimes.com

http://www.sciencebasedmedicine.org

Mais là, nous entrons dans le domaine de la discussion entre experts. Certains articles sont accessibles au grand public, lorsqu’il n’est que question d’interprétation de statistiques, ou de véracité des données.

 

Conclusion

 

Des « points de contrôle » que chacun peut tester. C’est par là que tout doit commencer. Boreas préfère procéder autrement, avec un assemblage de données complexes dont lui-même reconnaît qu’il s’agit d’une construction idéologique (contre la « modernité », la « religion du progrès », et pour « l’harmonie » avec la Nature). Et il a préféré couper toute conversation avec l’ARSIN.

C’est peut-être moi qui ai tort, qui sait. Ce que je sais, c’est que vouloir avoir raison seul dans son coin ne sert à rien, même si l’on a vraiment raison.

Pour ceux qui veulent continuer à débattre, c’est ici que ça se passe, et encore plus dans un avenir proche.

 

 

(1)    A titre personnel, je n’emploie pas (ou plus) l’expression « théorie du complot ». Parce que certains complots existent, et certaines théories du complot sont des théories officielles combattues par lesdits « conspirationnistes ». Exemple ? La version officielle du 11 Septembre est justement une théorie du complot (d’Al Qaeda). Je préfère un autre concept, celui de Théorie du Mensonge Généralisé. Ce qui désigne les théories selon lesquelles le gouvernement vous cache complètement un sujet, et qu’il est suivi par les médias, les experts institutionnels, et en plus de cela tous les autres États du monde ou presque suivent. Ainsi, les « truthers » (adversaires de la version officielle) du 11 septembre 2001 ricanent de la théorie selon laquelle un groupe de quelques centaines ou milliers de fanatiques musulmans auraient envoyé 19 des leurs détourner 4 avions. Mais leur version des faits est également amusante, car elle consiste à dire que des millions de gens (Etat US, médias, scientifiques, ingénieurs – qui dans leur grande majorité ne contestent pas la « version officielle », mais aussi pratiquement tous les Etats du monde, avec leurs médias et chercheurs, etc…) font partie d’un complot pour vous inculquer un mensonge complet. J’emploie également l’expression de « théorie matrixienne », en référence à la célèbre trilogie, puisque la situation est la même : vous vous apercevez soudain que tout est faux, qu’on vous ment sur tout, que toute votre vie est un montage, que tout cela est organisé par le Pouvoir, et que seule une minorité a trouvé la Vérité.

 

(2)    On trouvera ici une sorte de « ligue des justiciers » traquant les Théories du Mensonges Généralisées sur tous les fronts (11 Septembre, vaccins, chemtrails, médecines alternatives, créationnisme…). Je ne dis pas que ces « sceptiques » ont raison sur tout. Ni même sur l’essentiel. Mais je voudrais quand même les indiquer à l’attention de ceux qui voient sur le Net la déferlante des TMG et qui se demandent pourquoi personne n’y répond, et si cela n’indiquerait pas que les TMG sont vraies…

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Commentaires (2)

1. JahRaph 02/08/2012

Cher Pablito,

Je ne rentrerai pas dans le débat de fond, d'autant que je suis assez sceptique sur la médecine moderne. Mais je n'ai pas tellement étudié la question, c'est juste mon feeling (en gros, après une longue période d'apports, la science engendre aujourd'hui plus de problèmes que de solutions ; et elle fait plus que de l'ombre à la médecine traditionnelle, qui n'était pas que superstition et effets placebo, loin de là).

Par contre, que n'ai-je bondi à la fin du commentaire du blogueur sous son propre article :

"Emile Zola écrivait, en gros (voir la page 642 du cinquième volume de ses œuvres en Collection Bouquins), qu'à son avis, quand la situation d'un peuple était décidément trop dégradée, la purge par la guerre civile, la purge par le sang, était inévitable, et saine.

Idée bien cruelle, perspective bien atroce.

Mais plus ça va, et plus je me pose la question : et s'il avait eu raison ?

Voilà où j'en suis, face à la bêtise et à la lâcheté insondables de la plupart de nos contemporains."



Pour reprendre les paroles d'un chanteur qui s'appelle Brahim : "Décidément ils n'ont rien compris, le passé ne leur a rien appris..."

A bientôt !

2. arsin (site web) 02/08/2012

Bonjour Raph,

je n'ai rien contre les médecines traditionnelles. Celles-ci peuvent même apprendre des choses à la médecine scientifique, tant que leurs effets sont observables par des expériences reproductibles. Et il faut distinguer les médecines "alternatives" (dont certaines sont assez récentes, comme l'ostéopathie) et traditionnelles.

Par contre...désolé pour les nombreuses erreurs typographiques du texte :S

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